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Embauches : 20 % de réponses en moins pour un candidat d’origine nord-africaine

, par Fabien Soyez

Une campagne de testing en matière de discrimination à l’embauche vient d’être publiée par des chercheurs mandatés par le gouvernement. Sur 103 grandes entreprises, une quinzaine traitent les candidats différemment, principalement en fonction de leur origine.

 

Bien que le gouvernement n’ait toujours pas communiqué sur le sujet, les résultats d’une campagne de testing en matière de discrimination dans l’accès à l’emploi, menée à sa demande l’année dernière, viennent d’être publiés. Bilan : les grandes entreprises ne sont pas à l’abri du risque discriminatoire et sur 103 organisations testées (1), une quinzaine ont été identifiés comme étant discriminantes.

Concrètement, l’étude menée fin 2018 par des chercheurs de l’université Paris-Est-Créteil (UPEC) avait pour but de vérifier l’imperméabilité des grandes entreprises au risque discriminatoire, selon 2 critères : l’origine et le lieu de résidence des candidats à l’embauche. Quatre méthodes de tests sont combinées : dépôt de candidature en réponse à une offre, demande d’information sur une offre publiée, candidature spontanée, et demande spontanée d’information sur le recrutement.

Suite à leur testing, les économistes ont constitué une importante base de données. “Son exploitation met en évidence une discrimination significative et robuste au sein des grandes entreprises selon le critère de l’origine, à l’encontre du candidat français présumé d’origine maghrébine, dans tous les territoires de test”, constatent-ils. De son côté, le lieu de résidence ne joue qu’un rôle mineur en matière de discrimination dans les entreprises.

 

Une discrimination qui concerne tous les secteurs

Les chercheurs observent que les grandes entreprises françaises “ont de bonnes raisons de recruter dans l’égalité, sur le seul critère de l’aptitude” et “disposent de puissantes directions de ressources humaines et des moyens d’organiser des processus de recrutement garantissant l’égalité formelle des candidats”. Mais pour autant, et malgré l’engagement de la plupart dans des démarches de RSE et la signature de chartes, elles traitent différemment les candidats.

Sur les 103 entreprises testées (de tous secteurs d’activité), les économistes identifient une quinzaine d’entreprises discriminantes. Selon quels critères ? “Il existe une discrimination significative à l’encontre du candidat français présumé d’origine maghrébine quel que soit le type de test utilisé”, indique l’étude. Selon elle, les candidats d’origine nord-africaine ont près de 20 % de réponses en moins de la part d’un recruteur, et 30 % de chances en moins d’être recontactés après une candidature spontanée.

Les chercheurs observent enfin qu’un “travail plus approfondi sur les causes de ces discriminations indique que le domaine d’activité de la société joue un rôle déterminant, même si tous les secteurs sont concernés”. Ainsi, l’industrie, les biens de consommation et les services aux entreprises “se différencient par une discrimination significative”.

 

(1) Les entreprises testées font partie du CAC All-tradable, qui regroupe les 250 sociétés cotées les plus importantes. Elles se situent dans 6 zones d’emploi : Nice, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lyon et Paris. Entre octobre 2018 et janvier 2019, les chercheurs ont effectué un total de 8 572 tests sur 103 organisations, à qui ils ont envoyé 17 643 candidatures et demandes d’informations (fictives).

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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