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Qualité de vie au travail des personnes en situation de handicap : des résultats en demi-teinte…

, par La Rédaction

Pour la première fois, l’Observatoire QualiThravail a lancé, avec le soutien de L’ADAPT et l’Association Française des Managers de la Diversité, une étude sur les conditions de travail vues par les personnes en situation de handicap elles-mêmes. L’analyse de Valérie Tran, présidente directrice générale du cabinet Ariane Conseil, qui publie les résultats de cette enquête.

 

L’an dernier à la même époque, nous avons lancé, avec le soutien de l’Adapt et l’Association française des managers de la diversité, l’observatoire QualiTHravail, la 1re étude nationale sur la santé et la qualité de vie au travail des personnes en situation de handicap. Cet observatoire vient combler un vide auquel nous sommes confrontés régulièrement depuis que nous accompagnons les entreprises dans la mise en place de leurs politiques d’emploi de personnes handicapées. En effet, il n’existe pas d’étude d’envergure sur ce vaste sujet. De plus, si les perceptions des managers, des dirigeants d’entreprises ou encore des collègues sur l’emploi de personnes handicapées ont été et sont encore aujourd’hui largement explorées, jamais la parole n’a été donnée directement aux personnes en situation de handicap. Or, ces dernières sont évidemment les mieux placées pour s’exprimer sur leurs conditions de travail.

 

2 000 personnes

Avec très exactement 1 902 personnes ayant répondu et 400 employeurs, privés, publics ou associatifs représentés pour cette première édition, la thématique a suscité un véritable intérêt. De fait, les personnes ont saisi cette opportunité de s’exprimer : tout d’abord en prenant de leur temps pour remplir le questionnaire… puis en enrichissant leurs réponses de commentaires dans les questions ouvertes qui leur étaient proposées. 2 personnes sur 3 ont apporté leur vision en répondant à ces interrogations. De toute cette matière, il ressort notamment que les personnes souhaitent justement être davantage entendues. C’était l’un des objectifs de l’Observatoire QualiThravail. Or, nous en avons fait l’expérience : cette idée de consulter et d’associer les personnes aux Politiques Handicap, si elle est bien pilotée, peut être très enrichissante, notamment aux moments clé de la politique, lors d’un bilan, de la construction d’un plan d’actions ou de la négociation d’un accord par exemple.

 

RQTH

Plus d’une personne sur dix n’est pas officiellement reconnue. L’une des particularités du questionnaire était de s’adresser non seulement aux personnes en situation de handicap administrativement reconnues – et donc bénéficiaires de l’obligation d’emploi de 2005 – mais aussi aux personnes “non reconnues” disant rencontrer des difficultés de santé impactant leur activité professionnelle… Plus de 11 % des 1 902 personnes ayant répondu ne sont pas reconnues. Que pouvons-nous tirer comme enseignement ? En premier lieu, l’importance d’une population qui pourrait prétendre à la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH)… Mais aussi et surtout l’importance d’une population qui a sans aucun doute des besoins en termes d’accompagnement, d’aménagements des situations de travail et qui, administrativement parlant n’entrent pas dans le périmètre des Missions Handicap. De fait, nous sommes bien placés pour savoir que certaines personnes ne franchissent pas si facilement le pas pour demander la RQTH.

 

Des populations moins bien loties

S’agissant des scores de santé et de qualité de vie au travail, il ressort que les personnes atteintes de maladies chroniques, de déficience psychique ou porteuses de handicap mental sont les moins bien loties. Pour ne parler que des maladies chroniques (sclérose en plaque, cancer, diabète…), on précisera que 35 % des 1 902 personnes ayant répondu sont concernées. On rappellera également que, d’après les sources officielles, 15 millions de personnes, soit 20 % de la population sont atteintes de maladies chroniques. Des chiffres édifiants qui amènent les employeurs à déployer des actions de formation et de sensibilisation sur le sujet.
Si nous menons ce type d’actions régulièrement chez nos clients, je pense toutefois qu’il faut aller au-delà en proposant des dispositifs d’appui et d’accompagnement de proximité : l’appropriation de la maladie par la personne, le partage avec l’équipe et le manager est un chemin parfois difficile… Ces dispositifs d’accompagnement sont d’autant plus nécessaires que l’analyse des chiffres nous montre par ailleurs que l’acceptation et le partage de la situation sont de puissants facteurs de qualité de vie au travail. Enfin, dernier point particulièrement fort pour ce type de pathologies : au-delà d’accompagner l’ensemble des parties prenantes il faut absolument donner des marges de manœuvre aux organisations, notamment en apportant de la souplesse dans les modes d’organisation du travail (télétravail, co-working, temps choisi…) : c’est essentiel pour rendre possible la conciliation de la maladie avec l’activité professionnelle.

Résultats disponibles sur www.arianeconseil.fr. Prochaine édition en 2017.

La Rédaction


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