Marché de l'emploi Crédit : Benoît Gragnier / Matignon. 

Edouard Philippe et Murielle Pénicaud lors de la présentation du contenu des ordonnances.

Crédit : Benoît Gragnier / Matignon. Edouard Philippe et Murielle Pénicaud lors de la présentation du contenu des ordonnances.

Loi travail : les Français ne soutiennent ni les ordonnances ni les manifestations

, par Camille Boulate

Selon un sondage Viavoice réalisé pour Libération et dévoilé ce lundi, l’opinion publique rejette la loi travail sans pour autant être favorable aux manifestations programmées par les syndicats et la France Insoumise. Seulement un tiers des Français apporte son soutien à ces mouvements d’opposition.

Présenté fin août, le contenu des ordonnances réformant le Code du travail ne convainc pas l’opinion publique. Selon un sondage Viavoice, réalisé pour Libération, 68 % des Français pensent que les ordonnances favoriseront les licenciements. Ils sont 60 % à estimer que cette réforme va accroître la précarité et 52 % à penser qu’elle ne favorisera pas le dialogue social.

 

Pas de soutien massif aux manifestations

Pour autant, les Français n’apportent pas forcément leur soutien aux diverses manifestations prévues par les syndicats (CGT, Solidaires et FSU) et la France Insoumise. Seulement un tiers de l’opinion publique soutienne ces mouvements : 34 % pour la première, prévue pour le 21 septembre, et 30 % pour la seconde, organisée deux jours plus tard. Un paradoxe qui s’explique notamment par les nombreuses divisions existantes, que ce soit entre les forces syndicales (CGT et Solidaire appelant à la grève, contrairement à la CFDT et FO) mais aussi entre et avec les forces politiques. Des divisions ressenties par l’opinion publique puisque 63 % des Français pensent que les différentes forces syndicales et politiques opposées aux ordonnances ne sont pas suffisamment unies.

 

Des réformes plus populaires

Ce manque de soutien vis-à-vis des mouvements de contestation s’explique également par une rentrée mouvementée en matière de réformes, brouillant ainsi le message des manifestants. “D’autres éléments jouent en faveur du gouvernement, avec l’annonce ou la mise en application de réformes plus populaires en cette rentrée” souligne Viavoice. Comme par exemple les classes de CP dédoublées dans les quartiers défavorisés (73 % de Français favorables) ou encore la suppression de la taxe d’habitation pour la majorité des contribuables (soutenue par 65 % de la population française).

 

Un gouvernement qui peut être fragilisé

Malgré tout, Viavoice précise que “si l’opposition ‘dans la rue’ au gouvernement est encore contenue, et si les Français n’y accordent pour le moment qu’un intérêt limité, il n’est en revanche par si certain que la majorité sorte renforcée de cette rentrée politique et sociale”. En effet, la popularité d’Emmanuel Macron continue de chuter. Le président de la République ne récolte ainsi plus que 34 % de bonnes opinions auprès des sympathisants de gauche (-15 points depuis le mois de juin) et 41 % auprès des sympathisants de droite (- 19 %). Emmanuel Macron “n’est plus soutenu majoritairement que par les seuls sympathisants du centre, toujours très largement fidèles à 86 %”, précise Viav

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Camille Boulate


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