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Assurance chômage : Ce qui va changer en 2021

, par Fabien Soyez

Le gouvernement Castex a reporté la réforme de l’assurance chômage à avril 2021. Mais pour les demandeurs d’emploi, il reste important de se préparer à ce qui sera mis en place quand ce chantier sera relancé.

En octobre dernier, à l’issue d’une conférence avec les partenaires sociaux, Jean Castex a mis en suspens la réforme de l’assurance chômage, initialement prévue pour septembre 2020, puis pour janvier 2021. L’application a ainsi été reportée au 1er avril 2021.

Selon Jean Castex et Élizabeth Borne, cette réforme sera  menée ”à terme”. Mais pour les demandeurs d’emploi, il reste important de se préparer à ce qui sera mis en place en avril prochain. Voici donc ce qui les attend, dès lors que la réforme sera relancée.

À noter que  face aux inquiétudes des syndicats, qui redoutent une fragilisation des demandeurs d’emploi, Elisabeth Borne a proposé en novembre 2020 des aménagements, destinés à faire évoluer les conditions d’éligibilité à l’assurance-chômage, et donc à éviter une baisse trop importante des indemnisations.

 

De nouvelles modalités d’acquisition de droits

Le premier volet de la réforme de l’assurance chômage est intervenu en novembre 2019, mais a été mis sur pause jusqu’au printemps 2021. Il prévoit de revoir le mode de calcul des allocations, dont le seuil requis est actuellement de 4 mois d’activité salariée nécessaire durant les 28 derniers mois. En avril 2021, elles les allocations seront calculées sur le revenu mensuel moyen du travail. Le calcul du salaire journalier de référence devrait ainsi prendre en compte les jours travaillés au cours des 12 derniers mois, mais aussi les périodes d’inactivité. Pour un même travail, il serait alors identique entre une personne ayant travaillé en continu et une autre ayant alterné contrats courts et inactivité. Seuls les allocataires ouvrant des droits à compter de janvier 2021 seront concernés.

Elisabeth Borne envisage aussi la création d’un “salaire de référence plancher”, en dessous duquel le salaire journalier de référence ne pourrait pas descendre. Objectif : éviter que certains chômeurs, souvent des précaires alternant chômage et contrats courts, ne se retrouvent avec une allocation trop basse. Selon Elisabeth Borne, entre 130 000 et 440 000 demandeurs d’emploi seraient concernés selon le plancher retenu, pour un gain dans les dépenses de l’Unédic de 150 millions à 600 millions.

 

LIRE AUSSI : Assurance chômage : la réforme maintenue, mais bientôt réaménagée

 

Un nouveau mode de calcul du montant de l’allocation chômage

En avril 2021, les allocations seront calculées sur le revenu mensuel moyen du travail. Le calcul du salaire journalier de référence prendra en compte les jours travaillés au cours des 12 derniers mois, mais aussi les périodes d’inactivité. Pour un même travail, il sera identique entre une personne ayant travaillé en continu et une autre ayant alterné contrats courts et inactivité. Seuls les allocataires ouvrant des droits à compter de janvier 2021 seront concernés.

“Ce nouveau mode de calcul n’impactera pas ceux qui ont eu un emploi continu dans les 2 années précédant la dernière perte d’emploi. Il sera dans l’intérêt des salariés, inscrits ou non comme demandeurs d’emploi, de réduire au maximum les périodes d’inactivité entre deux contrats”, prévient Pôle emploi. Les indemnités de chômage partiel ne seront pas prises en compte pour calculer l’ARE.

 

La dégressivité des allocations pour les cadres

La dégressivité de l’allocation chômage pour les plus hauts salaires, mise en place en novembre, devait commencer à être appliquée en mai, puis en septembre, puis en janvier 2021. Mais face au coronavirus, le gouvernement a suspendu cette mesure. Elle devrait commencer à s’appliquer en avril 2021, pour les demandeurs d’emploi inscrits à partir de novembre 2019.

Les modalités d’indemnisation tenant compte du niveau de revenu, les salariés de moins de 57 ans qui avaient un revenu du travail supérieur à 4 500 euros bruts par mois étaient jusqu’en novembre 2020 sensés voir leur indemnisation réduite de 30 %, à compter du début du 7ème mois d’indemnisation, un plancher de 2 261 euros nets étant fixé. Désormais, Elisabeth Borne envisage un “décalage” de l’abattement des allocations au 8ème mois. 90 000 personnes seraient concernées, pour des économies estimées à 90 millions d’euros.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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Vos réactions (1)

  1. Gaulois réfractaire, le

    Donc si je comprend bien, un intérimaire qui arrive en fins de droit en janvier, s’il a travaillé au cours des 24 derniers mois, mais presque pas en 2020 a cause du confinement, va gagner moins que si le mode de calcul n’avait pas changer?
    Dites moi si je me trompe.

    Le pôle emploi dit « Il sera dans l’intérêt des salariés, inscrits ou non comme demandeurs d’emploi, de réduire au maximum les périodes d’inactivité entre deux contrats”

    Et comment fait on avec le peu de travail qu’on a eu cette année? 150 heures à ce jour sur 8 mois, alors que les autres années je faisais 800 heures sur 12 mois?
    Parce que le confinement c’est pas nous qui l’avons demandé! Maintenant les restrictions covid, les entreprises ne font plus travailler ou très peu quelques jours par mois!
    Je fait en moyenne 50 à 80 heures par mois

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