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Conseiller funéraire, croupier, agent de propreté, agent de restauration collective : Ces jobs méconnus, mais qui recrutent

, par Camille Boulate

Conseiller funéraire, croupier, agent de propreté, agent de restauration collective… Parmi les postes en tension, un certain nombre sont délaissés voire totalement méconnus des demandeurs d’emploi. La raison ? Leur manque de visibilité auprès du grand public doublée parfois d’une mauvaise image. Pourtant, de réelles opportunités professionnelles existent avec de belles perspectives d’évolution.

 
Votre recherche d’emploi stagne ? Vous ne trouvez pas de postes dans votre branche ou bien vous souhaitez complètement changer de secteur d’activité mais vous ne savez pas vers quel métier vous tourner ? Sachez que de nombreux postes sont à la recherche de main-d’œuvre mais restent bien souvent boudés par les demandeurs d’emploi à cause d’un manque de médiatisation ou alors de quelques idées reçues bien ancrées. C’est le cas du secteur funéraire qui peine à attirer les talents malgré un certain dynamisme. “Nos métiers sont très peu médiatisés et peuvent être difficiles à exercer au quotidien”, justifie Camille Soustra, directrice de la communication du groupe OGF, spécialiste des services funéraires notamment via son enseigne PFG. Chaque année, l’entreprise embauche 1 000 personnes en CDI, dont la grande majorité concerne les chauffeurs/porteurs. “C’est-à-dire les personnes intervenant directement sur les parcours d’obsèques et qui ont des missions de portage, de conduite et d’entretien des véhicules”, détaille Camille Soustra.

De nombreux recrutements se font également pour les postes de conseillers funéraires, en charge d’accompagner les familles dans la mise en place des obsèques : organisation du culte, crémation, démarches administratives… L’avantage de ce secteur ? Les recruteurs regarderont très peu vos compétences et votre parcours professionnel mais davantage votre savoir-être. “Ce qui sera recherché, c’est avant tout une qualité d’écoute et la capacité à être dans la juste posture face aux familles qui vivent un moment difficile, insiste Camille Soustra. Sachez qu’il s’agit d’un secteur où l’évolution professionnelle est importante grâce notamment à la formation interne et aux années d’expérience. À titre d’exemple, le directeur marketing d’OGF est entré dans l’entreprise en tant que conseiller funéraire.”

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Faites vos jeux !

Les établissements de jeux, tels que les casinos, offrent un panel de postes qui sont également peu plébiscités par les demandeurs d’emploi. Parmi ceux les plus en demande, figure celui de croupier, c’est-à-dire la personne qui va animer les tables de jeux au sein d’un casino. “Il est garant du bon déroulement de la partie. C’est donc à la fois un animateur, un arbitre mais aussi un artiste qui va jouer avec ses mains pour manipuler les cartes et les jetons”, détaille Damien Engels, directeur opérationnel de Cerus Academy. Ce centre de formation spécialisé dans les métiers du casino propose un cursus diplômant de huit semaines pour devenir croupier, accessible avec ou sans diplôme. “Ce que l’on va juger en priorité ce sont les compétences en calcul mental, logique ainsi que la mémoire. L’attitude globale, notamment celle vis-à-vis de la clientèle, est également un point essentiel”, précise Damien Engels.

Côté salaire, un débutant peut prétendre à 1 500 euros bruts mensuels auxquels il faut ajouter les éventuels pourboires et avantages sociaux en fonction des entreprises. Le secteur offre aussi de belles perspectives de carrière, comme la possibilité d’évoluer en interne à des fonctions de chef de table, qui vérifie le respect des procédures, ou bien à celui de chef de partie, chargé de dispatcher les croupiers aux différentes tables de jeu. “Des carrières à l’international sont aussi possibles, comme en Angleterre où les casinos recrutent beaucoup. Vous pouvez également être embauché sur des bateaux de croisière, ce qui peut être intéressant pour l’expérience et la rémunération. Car vous pouvez espérer un salaire allant de 1 000 à 1 500 euros nets en étant logé, nourri et blanchi”, détaille Damien Engels. Malgré ces évolutions professionnelles envisageables, les établissements français peinent à trouver des talents. “Nous avons reçu depuis le début de l’année plus de 170 offres à pourvoir partout en France, pour environ 200 casinos. Mais elles ont du mal à trouver preneur car le secteur reste trop méconnu”, insiste Damien Engels.

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Propreté et restauration collective

Le domaine de la propreté BtoB, c’est-à-dire les entreprises qui interviennent dans le nettoyage de bureaux, peine lui aussi à attirer les candidats. “Les sociétés luttent pour trouver des profils pour exercer le métier d’agent de propreté, constate Philippe Jouanny, président de la Fédération de la propreté (FEP). Certaines sont même contraintes de refuser des contrats à défaut de personnel.” Le manque de visibilité des métiers qui composent la branche est l’une des raisons principales des difficultés de recrutement. “Les salariés sont très peu visibles du grand public car ils travaillent tôt le matin ou tard le soir”, précise Philippe Jouanny.

Pourtant, chaque année, c’est plus de 10 000 embauches qui se font dans le secteur dont près de 80 % en CDI. Là encore, très peu de prérequis sont demandés et les valeurs humaines s’avèrent primordiales. “Nous sommes l’une des rares branches où l’ascenseur social fonctionne toujours. La quasi-totalité de l’encadrement intermédiaire des entreprises est issu de la base. Un jeune sans diplôme mais qui est de bonne volonté et affiche de l’ambition peut arriver au statut cadre en moins de huit ans, affirme le président de la FEP. Surtout, il faut avoir en tête qu’il y a une vraie politique salariale des entreprises qui proposent des rémunérations supérieures au Smic.” Souffrant d’un déficit d’image incontestable, la restauration collective lutte, elle aussi, à trouver des profils pour combler la demande des entreprises.

Pour Thierry Roger, directeur de l’emploi et de la promesse employeur chez Elior France, même si le grand public, à un moment donné dans sa vie, a été confronté à la restauration collective (école, entreprise, hôpital), “nous ne sommes pas perçus comme des entreprises qui embauchent.” La branche recrute pourtant 10 000 personnes en CDI chaque année et chez Elior, en 2018, ce sont 2 800 contrats à durée indéterminée qui auront été signés. “À cela s’ajoute 13 000 CDD afin de combler les absences (congés, maladie etc.)”, précise Thierry Roger. Les postes de commis ou de seconds de cuisine restent les plus difficiles à pourvoir car ils nécessitent un minimum de compétences.

“Les écoles hôtelières ne fournissent pas assez de diplômés par rapport à la demande des entreprises. Et ces derniers ayant majoritairement une vision négative de notre marché, ils se tournent plus facilement vers la restauration traditionnelle”, analyse Thierry Roger. Les entreprises spécialisées dans la restauration collective recherchent également des profils pour exercer la fonction de plongeur et d’employé polyvalent de restauration, chargé notamment de l’entretien de la salle ou d’encaisser les clients. “Sur ce type de poste, nous sommes ouverts à tous les profils, qu’ils soient peu ou pas qualifiés n’a pas d’importance. Ce sont avant tout les soft skills qui nous intéressent comme l’accueil, le sourire, la relation clientèle ou encore le travail en équipe”, insiste Thierry Roger.

 
 

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Camille Boulate


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