Mobilité mobilité

Mobilité : le sésame pour décrocher un emploi

, par Marie Roques

Cela peut paraître évident. Être mobile multiplie vos chances de retrouver un emploi. Pour autant, si le fait de partir peut vous permettre de répondre à une envie personnelle, il n’est pas conseillé de choisir vos lieux de recherche en fonction de la météo ou de la présence d’amis dans la région. Bien que ces éléments peuvent être de bons points de départ, il faut vous assurer que les opportunités d’emploi sont bien présentes sur ces territoires avant de vous lancer.

 

Selon les tempéraments, bouger peut faire peur aussi bien qu’il peut susciter une envie permanente. Dans le cadre de votre recherche d’emploi, il est indéniable que le fait d’être mobile peut vous permettre d’élargir vos horizons et de multiplier vos chances. Tout simplement parce que le spectre d’entreprises est plus large et donc les opportunités plus nombreuses. “La mobilité est d’autant plus déterminante qu’aujourd’hui les marchés locaux de l’emploi évoluent assez vite, remarque Caroline Carlicchi, coach et fondatrice du cabinet Coaching Go. On peut avoir des bassins d’emploi entiers qui s’effondrent suite à la délocalisation d’une entreprise avec des spécialités professionnelles qui ne sont plus recyclables dans la zone. Je pense par exemple à des métiers comme opérateur de commande. Ces professionnels ont intérêt à envisager la mobilité géographique”.

 

Stratégie versus réaction

Le principe même de mobilité est directement lié aux cycles économiques. “Et si vous n’êtes pas mobile et spécialisé dans un secteur industriel, cela devient compliqué de passer à travers les cycles bas, estime Laurent Duverger, manager centre expert chez Randstad. Par exemple, dans l’aéronautique, les situations sont très différentes selon les sites et nous avons beaucoup de difficultés à faire bouger les gens d’une ville à l’autre.” Ce spécialiste estime que, d’une manière générale, le fait de bouger n’est pas inscrit dans les mœurs en France. D’ailleurs Randstad a mis en place, il y a plusieurs années, un système de passerelle entre l’industrie automobile et l’aéronautique pour permettre aux personnes, après avoir passé un certain nombre de tests, d’enchaîner les missions selon les carnets de commande des différents acteurs. Mais ce dispositif implique de déménager au gré des besoins. Un aspect pourtant accompagné par Randstad, notamment au niveau du financement du logement, mais qui au final, n’a intéressé que très peu de personnes. Il faut dire qu’il existe de réelles inégalités économiques entre les régions françaises et que les loyers ne sont pas les mêmes à Toulouse et à Montbéliard.

Selon la majorité des experts que nous avons interrogés, il est important de bien structurer vos recherches en dehors de votre région d’origine. “Cela doit faire l’objet d’une stratégie et non d’une réaction”, traduit Caroline Carlicchi. Sans partir tous azimuts, il faut d’abord vous demander précisément ce que vous avez envie de faire et valider qu’il y ait bien, dans ces régions, des postes adaptés à vos compétences. Et de citer en exemple, une période où les personnes étaient très nombreuses à vouloir déménager autour de Montpellier pour sa qualité de vie. Le phénomène a fait de la région l’une des plus sinistrées en termes d’emploi.

“Si la stratégie est définie et cohérente, vous allez pouvoir convaincre les recruteurs de vous recevoir en entretien”, ajoute Caroline Carlicchi. Car si vous postulez dans une entreprise en dehors de votre zone de résidence, il faut savoir expliquer comment et pourquoi vous êtes prêt à déménager, parfois également à emmener votre famille. Cela doit faire partie d’un vrai projet.

 

Décomplexer la candidature spontanée

Justement, si votre projet est réellement abouti, il ne faut pas avoir peur de multiplier les candidatures spontanées. “Surtout dans les petites structures”, glisse Caroline Carlicchi. “Si la lettre est bien écrite, personnalisée, et montre que l’intérêt pour l’entreprise est fort, cela a de bonne chance d’intéresser le recruteur.” L’essentiel reste tout de même de bien expliquer, dans le détail, pourquoi et comment vous êtes prêt à déménager. Car dans les esprits, être mobile est un signe d’ouverture d’esprit et de flexibilité. Il s’agit en tout cas, dans la tête de la majorité des recruteurs, d’un signe positif, qui démontre la capacité de la personne à se mettre en mouvement, mais aussi à se remettre en question. En tout cas à avoir suffisamment de motivation pour envisager de le faire. “Un candidat qui a bougé sera perçu comme une personne entreprenante, dynamique dans le cadre d’un prochain recrutement, renchérit Pierre Rabozzi, directeur comptabilité et finances chez Page Personnel.

Pour autant, le fait de ne pas habiter la région de l’entreprise dans laquelle vous postulez reste, selon l’expert, un frein à l’embauche. “Légalement, ça ne devrait pas être compliqué, la provenance de la candidature ne devrait pas jouer sur le recrutement, mais souvent elle a une influence, constate Pierre Rabozzi. Si un tel cas de figure se présente, il est donc préférable de bien mentionner que vous êtes mobile, ou que vous avez un pied-à-terre en région parisienne.

Pour réussir votre mobilité, il est également conseillé de ne pas déménager avant d’avoir trouvé un emploi ou même avant la fin de la période d’essai. Il faut cependant garder en tête que d’une manière générale, la mobilité pour trouver un emploi reste un bon pari sur l’avenir.”

 

Marie Roques
Journaliste pour Rebondir


Sur le même thème