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Nord-Pas de Calais : un marché de l’emploi très ciblé

, par Marie Roques

Que vous soyez originaire de la région ou que vous ayez envie de vous y installer, vous trouverez à coup sûr dans le Nord-Pas de Calais un accueil chaleureux. Concernant les opportunités d’emploi, il existe certains domaines très dynamiques à l’image de l’industrie, du digital ou encore du BTP.

À première vue, la région Nord-Pas de Calais n’est pas celle qui attire le plus de candidats. D’ailleurs, à l’image d’un climat réputé morose, la situation du marché du travail n’est pas beaucoup plus gaie. À la fin du mois de mai 2015, en région Nord-Pas de Calais, on comptait 395 900 personnes inscrites à Pôle emploi, un chiffre en hausse de 0,8 %*. Sur les douze derniers mois, il augmente de 5,5 %, soit 20 500 demandeurs d’emplois supplémentaires contre une hausse de 7,9 % sur toute la France.
Malgré cette progression, la région continue de souffrir d’une situation économique tendue. Sur le premier semestre 2015, elle enregistre un taux de chômage de 12,1 %, plus important que la moyenne nationale. Pourtant, selon Pôle emploi, de nombreux métiers offrent de réelles opportunités dans la région et les employeurs éprouvent d’ailleurs des difficultés à pourvoir certains postes. Par exemple, les métiers de bouche dans le domaine de la boucherie et de la boulangerie-pâtisserie sont recherchés partout dans le Nord-Pas de Calais. Des cuisiniers sont également demandés.
Sur le territoire historiquement très industriel, le secteur continue de recruter contrairement à de nombreuses régions françaises. Ainsi, les métiers d’ouvriers mécaniciens, de soudeurs, de chaudronniers ou de techniciens de maintenance offrent encore des opportunités d’emploi.

 

Une métropole en mutation

Nous souffrons d’une pénurie évidente de talents sur certains métiers, souligne Xavier Delanglès, responsable régional ressources et compétences chez Manpower, basé à Lille. Au niveau de l’intérim, par exemple, nous avons connu des mois difficiles mais une légère embellie certes récente est à mettre en évidence. Pour autant, la plupart de nos entreprises clientes manquent de visibilité.”
Les spécialistes de l’emploi dans le Nord-Pas de Calais constatent également que la métropole lilloise est en reconversion permanente depuis le début des années 1970. Après l’âge d’or de l’industrie textile, le territoire est devenu le fief de la vente par correspondance (VPC). “Aujourd’hui, nous sommes sur une troisième révolution industrielle avec l’essor des entreprises du numérique, des centres d’appel ou encore de la logistique”, constate Xavier Delanglès. Dans cette perspective, le secteur de l’IT recherche constamment de nouvelles ressources en matière de support informatique.
En dehors de la métropole lilloise, de gros donneurs d’ordre sont solidement implantés dans le Nord-pas-de-Calais notamment dans l’industrie automobile dans la région de Valenciennes et de Douai avec des entreprises comme Renault, Peugeot ou Toyota. Alstom et Bombardier sont aussi implantés autour de Valenciennes et proposent régulièrement des postes sur des métiers pointus de garnisseurs, de maintenance ou encore autour de fonctions liées aux travaux sur les métaux. La production industrielle embauche également de nombreux profils chaque année sur des métiers en tension comme l’usinage, les tourneurs-fraiseurs ou encore des opérateurs de commande numérique.
“Le secteur agro-alimentaire est aussi bien représenté, ajoute Xavier Delanglès. Sur le littoral boulonnais beaucoup de postes autour de la pêche sont à pourvoir, mais aussi des emplois d’ouvriers et de conducteurs de ligne. Il y a vraiment une pénurie sur ces fonctions.” Le Nord-Pas de Calais est également une terre de logisitique avec d’importants pourvoyeurs d’emplois à l’image de Delta 3, une imposante plate-forme installée à Hénin-Beaumont.

 

Une industrie qui reste active

Le secteur du BTP est également très dynamique. “Même si aujourd’hui, on en dresse un tableau assez noir, déplore Emmanuelle Erzuah, directrice d’Adecco BTP Dunkerque. Nous constatons, ces derniers temps, une progression importante du nombre de clients, mais aussi d’intérimaires.” Selon cette spécialiste, les opportunités sont plutôt à retrouver sur des postes de second œuvre notamment autour des métiers de plaquiste, d’enduiseur, de menuisier, de poseur-agenceur ou poseur de sol souple. “Nous avons beaucoup de mal à recruter sur ces postes-là, insiste Emmanuelle Erzuah. Aujourd’hui, un jeune qui se lance en tant que plaquiste est assuré d’avoir du travail en intérim dans un premier temps et ensuite en contrat durable.” Elle constate néanmoins que les offres sont moins nombreuses pour les jeunes diplômés, il est conseillé d’avoir multiplié les stages pour trouver un travail. Sur les métiers de gros œuvre comme ferrailleur ou maçon, Emmanuelle Erzuah souligne que la pénurie est totale sur ces qualifications.
Pour trouver un emploi, les spécialistes du marché sont unanimes et insistent sur le fait que le savoir-être est essentiel. “Dans le cadre de nos recrutements, nous allons concentrer nos recherches sur un collaborateur qui va correspondre à la culture d’entreprise, qui présentera un potentiel d’évolution, même s’il manque des briques dans son parcours pour assurer son futur poste, nous allons mettre en place les formations nécessaires”, affirme Xavier Delanglès. Selon lui, les qualités intrinsèques des candidats priment dès le départ. Dans le Nord-Pas de Calais comme ailleurs, il conseille aux personnes à la recherche d’un emploi d’être actifs sur les réseaux sociaux, de ne pas hésiter à multiplier les connaissances au sein des entreprises locales tout en restant sélectif. Selon lui, il ne faut pas non plus négliger la candidature spontanée. Il y a encore beaucoup d’emplois proposés sur un marché caché, de postes pourvus par le biais de la cooptation et des réseaux.
À noter également que le CDI intérimaire mis en place en mars 2014 commence à prendre de l’ampleur dans la région Nord-Pas de Calais, selon les spécialistes interrogés. “Nous signons le contrat avec l’intérimaire et nous envoyons le salarié en mission chez nos clients, précise Emmanuelle Erzuah. Adecco est l’employeur.” Pour autant, le CDI intérimaire n’est pas proposé dans un premier temps. Il s’adresse plus particulièrement aux personnes ayant déjà travaillé de manière satisfaisante pendant au moins 3 ans en intérim. Par la suite, un dossier est constitué et part en commission au siège d’Adecco. “Il y a un véritable intérêt pour les entreprises en termes de fidélisation, mais aussi de montée en compétences, analyse Xavier Delanglès. Il s’agit d’un contrat qui déprécarise et qui permet de diversifier les expériences.”

 

* En catégorie A, c’est-à-dire les personnes n’ayant pas du tout travaillé au cours du mois et tenues de faire des actes positifs de recherche d’emploi.

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Marie Roques
Journaliste pour Rebondir


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