Mobilité toulouse

Toulouse, pôle d’emplois stratégiques

, par La Rédaction

Avec 9,4 % de la population active régionale, le taux de chômage en région Midi-Pyrénées est sensiblement égal à la moyenne nationale. Néanmoins, de nombreux secteurs sont à la recherche de profils bien spécifiques et peuvent même parfois éprouver quelques difficultés à recruter. Quelles sont les opportunités à saisir pour les cadres qui souhaitent s’implanter dans la ville rose ?

 
Classée quatrième ville de France avec plus de 430 000 habitants, Toulouse brille à l’international de par les secteurs industriels spécifiques que sont l’aéronautique et le spatial. En effet, le 49e salon aéronautique du Bourget qui s’est déroulé au mois de juin 2011 a enregistré des ventes records avec 730 nouvelles commandes et options d’achat pour Airbus (dont le siège social est à Blagnac, près de Toulouse). Conséquence directe, l’Insee prévoyait en juillet, une recrudescence des recrutements ainsi que des investissements pour 2011.
L’enquête BMO (Besoins en main d’œuvre) 2011 de Pôle emploi rapporte que sur 34 643 projets de recrutement en Midi-Pyrénées, 2 974 concernent des postes d’ingénieurs et cadres d’études recherche et développement (1 691 pour l’informatique et 1 283 pour l’industrie). On constate qu’il existe dans la région une réelle carence en termes de recrutements. Carole Dastouet, responsable de l’agence Brainfield à Toulouse (recrutement temporaire et permanent au service des industriels), indique que “le secteur aéronautique craint tout particulièrement une pénurie de personnel”. Pour expliquer ces difficultés, “les employeurs (tous secteurs confondus, ndlr) évoquent essentiellement l’inadéquation des profils des candidats (87 % pour les postes proposés) ou bien une pénurie de candidats (70 %)”, note l’enquête BMO. Les secteurs tels que l’aéronautique et le spatial sont tellement particuliers qu’ils exigent des profils précis et parfaitement adaptés aux missions qui seront confiées aux candidats.
 
La vie en rose
L’Insee constate que “parmi les 18 000 cadres des fonctions métropolitaines venus s’installer dans l’aire urbaine de Toulouse entre 2001 et 2006, un tiers arrivent des cinq grandes régions du sud (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes) dont seulement 4 % de Midi-Pyrénées.” Il ajoute ensuite que “presque autant viennent d’Île-de-France (29 %) et 15 % de l’étranger ou d’Outre-mer.”
Toulouse rayonne indubitablement à l’échelle nationale, mais aussi internationale, et bénéficie d’une image forte auprès des cadres. Alors qu’est-ce qui les attire autant dans la ville rose ? Est-ce uniquement dû aux spécificités sectorielles qui y sont représentées ? Pour Carole Dastouet, c’est avant tout “la qualité de vie, le temps assez clément, la possibilité d’allier vie personnelle et vie professionnelle plus aisément et bien évidemment le pôle aéronautique”. L’Insee vient étayer ses propos en précisant qu’“à Toulouse, les activités de conseil et d’assistance (services professionnels aux entreprises, sous-traitance, bureaux d’études, activités informatiques…), de construction aéronautique et spatiale, ainsi que les activités de recherche et développement sont les principales pourvoyeuses d’emplois stratégiques.” Par ailleurs, il souligne que “la fonction conception-recherche attire encore plus de jeunes : près d’un cadre sur deux nouvellement arrivé a moins de 30 ans.” Bien que travailler dans le secteur qu’ils ont choisi et avoir un emploi intéressant soit une priorité, il semblerait aujourd’hui que les jeunes cadres souhaitent que leur carrière ne se fasse pas au détriment de leur vie de famille voire de leur vie sociale, même si cela ne se fait parfois pas sans concession. En effet, pour Carole Dastouet, “tout dépend des conventions collectives, mais en règle générale, on peut constater que les salaires sont inférieurs de 15 % environ à ceux pratiqués en région parisienne, en relation avec le coût de la vie”.
Les études démontrent que si les cadres arrivés fraîchement dans la région s’installent en ville, ils lui préfèrent sa périphérie quelques années après (qualité de vie, prix de l’immobilier qui diminue en s’éloignant du centre).
Pour autant, tout n’est pas rose, et Toulouse ne doit pas être considérée comme un Eldorado pour cadres en quête de soleil. Carole Dastouet souligne que pour ceux qui souhaiteraient s’y implanter, “tout dépend du secteur d’activité dans lequel on se trouve. Par exemple, concernant les profils pénuriques en aéronautique tels que les ingénieurs calcul, les sociétés vont chercher ces profils un peu partout en France. Mais sinon, en règle générale, il n’est pas si facile pour les cadres de trouver un emploi dans le Sud, car le réseau et le marché souterrain fonctionnent en priorité.” Comme c’est souvent le cas, il paraît plus facile de trouver un emploi lorsque l’on est originaire de la région. Mais ne vous découragez pas, de nombreux secteurs affichent une pénurie en termes de recrutements.
 
Des secteurs spécifiques
S’il est évident que tous les cadres ne travaillent pas dans l’aéronautique ou l’aérospatial, bon nombre de sous-traitants sont tout de même installés aux alentours et des activités liées aux géants profitent de ce rayonnement. L’Aerospace Valley, qui regroupe les régions Midi-Pyrénées et Aquitaine, est un pôle de compétitivité qui fédère les activités économiques aéronautiques et espace du Sud-Ouest de la France. Parmi les grandes entreprises du secteur présentes à Toulouse et aux alentours, Thales Alenia Space, Airbus, Alcatel Space Industries, ou encore Astrium.
“Nous recherchons surtout des profils en rapport avec l’aéronautique, le spatial, l’informatique, les activités de conseil et l’ingéniérie”, souligne la responsable de l’agence Brainfield à Toulouse. D’autres secteurs, tels que l’agroalimentaire et le tertiaire sont également en bonne place parmi les domaines qui recrutent. L’Insee note que quatre métiers regroupent 70 % des emplois stratégiques : personnels d’étude et de recherche ; cadres des services administratifs ; comptables et financiers ; ingénieurs de l’informatique ; et enfin cadres commerciaux et technico-commerciaux. Il ajoute que “viennent ensuite les dirigeants d’entreprise, les professionnels des arts et spectacles et les cadres de la banque et des assurances […], les cadres du bâtiment et des travaux publics, les professionnels de la communication et de l’information, et les professionnels du droit hors juristes en entreprise.” Par ailleurs, “80 % des emplois de la fonction conception-recherche sont des emplois de cadres. Mais que ce soit dans cette fonction ou dans la plupart des autres fonctions métropolitaines […], le taux d’encadrement est supérieur dans l’aire urbaine de Toulouse à celui des autres métropoles, hormis Paris et Grenoble.” Le potentiel est donc bel et bien présent pour les profils adaptés.
 
L’Oncopole, 220 hectares contre le cancer
C’est au Sud-Est de Toulouse que le projet de l’Oncopole, qui devrait s’achever en 2013, a commencé à voir le jour. Construit sur le site de l’ancienne usine AZF (laquelle avait explosé en 2001), ce campus unique en Europe regroupera chercheurs, laboratoires, médecins, scientifiques et entreprises, dans la lutte contre le cancer. Aménagé par la Communauté d’agglomération du Grand Toulouse, en partenariat avec le Conseil général de Haute-Garonne, le Conseil régional de Midi-Pyrénées, l’État et l’Europe, ce projet représente un fort enjeu économique puisqu’à terme, 4 000 personnes devraient travailler sur le site.
En effet, les objectifs sont de :
– 2 000 chercheurs privés ;
– 400 chercheurs publics ;
– 1 000 acteurs de santé ;
– création de plusieurs centaines d’emplois tertiaires.
Il marque également une volonté de toute une région de tendre vers une diversification de son économie. Le campus s’articulera en cinq pôles : la clinique universitaire du cancer, la recherche publique, la recherche privée, le pôle innovation et valorisation, ainsi que la formation.
Des renseignements sont disponibles sur : www.oncopole-toulouse.com.
 
 

Les grandes entreprises de la région :

(liste non exhaustive)

Laboratoires Pierre Fabre, Airbus SAS, Continental, Fram, Thales Alenia Space, Raynal et Roquelaure, Teddy Smith, Stela, BF Goodrich Aerospace Europe, Alcatel Space Industries, Astrium…

La Rédaction


Sur le même thème


Réagir à cet article

Un système de modération est en place sur ce site. Votre commentaire sera en ligne après vérification.


*

* Champs obligatoires