En matière de recrutements et de d’opportunités de carrière, on cite le plus souvent le nombre de postes à pourvoir dans tel ou tel secteur, en s’appuyant sur les offres publiées sur LinkedIn ou sur les grands job boards. Mais il existe une part immergée du marché de l’emploi, porteuse d’un très grand nombre de possibilités d’emploi : le marché caché. Une part qui dépasse même la taille de la partie émergée du marché, puisque selon une étude du groupe Randstad, le marché invisible concernerait plus d’une offre d’emploi sur deux en France (53 %). Bouche-à-oreille, recrutements post CDD ou intérim, recommandations du réseau, cooptation… Autant de pratiques courantes qui gonflent le volume des opportunités cachées au premier abord, bien qu’une minorité de candidats se placent sur ce marché. « Plus un métier est en tension, plus le marché caché est important. D’où l’importance considérable du réseautage, de l’utilisation de LinkedIn et des recommandations », confirme Bertrand Jonquois, auteur de Je cherche un job dans le digital, Les métiers qui recrutent et des conseils pro pour réussir, (Dunod, mai 2024).
Selon Randstad, la Corse (70 %) et l’Île-de-France (60 %) sont les régions les plus concernées par ce marché caché, devant les Hauts-de-France (57 %), le Grand Est (55 %) et la Normandie (54 %). Si les chiffres varient selon la période, il est possible de maximiser ses chances de profiter de ce marché parallèle.
Consolider son réseau et se rendre visible
Premier pourvoyeur des offres de ce fameux marché caché, le bouche-à-oreille et le réseautage sont des leviers de carrière à ne surtout pas négliger. Anciens collègues, anciens managers ou employeurs, professionnels de son secteur, recruteurs… Tout ce réseau que vous constituez au fil de vos expériences doit être entretenu et le lien conservé. Pour cela, LinkedIn est l’outil idéal, tant pour faire sa veille des opportunités que pour scruter l’actualité de sa profession ou des membres de son réseau.
Aussi, pour maximiser ses chances d’être directement contacté par un recruteur, un ancien employeur ou une entreprise, il s’agit de se rendre visible. Caroline Mignaux, spécialiste du personal branding et auteure du livre From zero to hero : bâtir son influence sur les réseaux (Eyrolles, mai 2024), conseille de « laisser des commentaires, réagir à ce qui nous intéresse, c’est la première étape vers la rédaction de postes et la construction d’une audience ». Ensuite, il s’agit de s’établir une routine quotidienne, de veille et d’interaction avec son réseau. Comme une sorte d’hygiène professionnelle. Parler directement de sa recherche d’emploi et partager des productions ou des articles en lien avec son secteur d’activité peut également porter ses fruits, de même que le dépôt de CV au sein des CVthèques des grandes plateformes d’emploi.
Envoyer des candidatures spontanées et personnaliser ses approches
Outre l’aspect réseautage et visibilité via les réseaux sociaux professionnels, il est aussi possible d’aller solliciter directement les recruteurs et les entreprises, sans attendre qu’une offre alléchante soit diffusée. Pour cela, les candidatures spontanées sont un bon moyen pour se faire remarquer et montrer sa proactivité, bien qu’aucun résultat positif ne soit garanti. Dans certains secteurs, comme la restauration, le BTP ou l’événementiel, des employeurs ont parfois des besoins urgents ou ponctuels, et sont donc friands de candidatures spontanées. Et, de manière générale, même si le moment n’est pas venu, candidater de la sorte peut faire la différence par la suite : si l’employeur a apprécié votre profil, il pourra revenir vers vous si un poste s’ouvre.
Surtout, en matière de candidature en général et de candidature spontanée en particulier, il s’agit de miser sur la personnalisation et sur l’adéquation entre votre profil et les besoins de l’entreprise. Ce qui implique de se renseigner sur l’entreprise, d’autant plus si vous ne répondez pas à une offre : activités, effectifs, actualité, raison d’être, postes clés…. « Précisez toujours vos compétences, mais également ce qui vous plaît dans cette structure, pourquoi vous avez envie d’en faire partie et comment vous vous y projetez », détaille Caroline Averty, associée du cabinet Oser rêver sa carrière et co-auteure du livre Trouver sa voie (Vuibert, avril 2024).