Emploi

Pourquoi faut-il candidater même si l’offre ne correspond pas à 100 % à votre profil ?

Parmi les mauvais réflexes encore trop présents chez les candidats ? Attendre qu’une offre d'emploi corresponde quasi parfaitement à son profil pour y candidater ! Cette autocensure revient à se fermer des portes en se privant d'opportunités d’embauche ou de réseautage. Découvrez pourquoi il faut gommer cette mauvaise habitude.

Entre candidats et recruteurs, l’attente du matching parfait est un idéal qu’il faut savoir dépasser. En tant que candidat, il s’agit de comprendre les pratiques et les usages des recruteurs pour optimiser ses démarches de recherche d’emploi. Un exemple ? La façon dont sont rédigées beaucoup d’offres (avec toute une série de prérequis ou de caractéristiques recherchées) pousse de nombreux candidats à renoncer à postuler, persuadés que leur profil ne suffit pas. Or, comme l’explique Pauline Lecygne, experte en recrutement et co-host de « We are : Le Podcast » : « Quand une entreprise fait une annonce, elle cherche souvent un idéal, elle établit un profil type ultra complet et précis qui relève un peu de la liste de courses. Comme pour dire, voilà ce qu’il nous faut idéalement, en essayant d’être le plus large possible. Il ne faut, donc, surtout pas se fermer des portes avant d’échanger avec les recruteurs. Par exemple, si une offre précise qu’un bac +5 est attendu, mais que vous avez qu’un bac +3 avec plusieurs années d’expériences professionnelles, bien entendu qu’il faut candidater ! C’est très rare de matcher une annonce à 100 %. »

Pas de candidat parfait, pas de poste parfait !

Derrière le conseil de ne pas attendre l’offre parfaite pour candidater se cache une idée simple : ne pas limiter ses chances d’embauche. « Il faut se faire confiance et ne pas chercher systématiquement à rentrer dans une case ou à chercher à s’aligner sur un profil type, ajoute Pauline Lecygne. Il n’y a pas de poste parfait comme il n’y a pas de candidat parfait. Si l’entreprise et ses activités vous parlent, et que vos compétences correspondent à des besoins exprimés, il faut y aller, ne pas hésiter à postuler ! »

Il ne s’agit pas, pour autant, de postuler à n’importe quelle offre d’emploi, mais plutôt d’identifier celles qui semblent correspondre à ses compétences. Selon l’experte en recrutement, « il faut au minimum comprendre l’environnement de travail de l’entreprise et ce qui est attendu, tout en faisant le lien avec son propre profil. Parfois, on peut correspondre à seulement 30, 40 ou 50 % des caractéristiques listées dans une offre, mais l’intérêt pour le job et l’envie de candidater sont là. Si on a conscience de ses envies, de ses points forts et de ce que l’on peut apporter à une entreprise, on peut postuler à ces offres. Je conseille toujours la stratégie du moindre risque, et on risque moins à postuler qu’à ne pas le faire. On peut avoir une bonne surprise, ou bien son CV peut être conservé et priorisé pour un prochain recrutement. Quoi qu’il arrive, on gagne en expérience et en réseau, en se faisant connaître. »

Une affaire de compétences

En matière d’autocensure que s’imposent certains candidats, il apparaît que les femmes sont plus susceptibles d’en passer par là, subissant davantage la problématique du plafond de verre que les hommes. Que ce soit vis-à-vis de l’ambition professionnelle ou de la propension à candidater même si l’offre ne correspond pas parfaitement à son profil. Selon une étude du cabinet de recrutement Hays, seules 58 % des actives françaises affirment s’autopromouvoir et communiquer sur leurs ambitions, contre 63 % des hommes. Et, d’après Valérie Gauthier, professeure associée à HEC interrogée par Marie Claire, les femmes « attendent d’avoir 80 % des compétences requises par un poste pour candidater, quand les hommes se contentent de 50 % ».

Pour Pauline Lecygne, « ce constat reste vrai aujourd’hui. Les femmes ont souvent plus de difficultés à oser se mettre en avant ou à dépasser certains freins. Idem pour les personnes ayant des trous dans leur CV ou pour des profils seniors. Mon conseil le plus important, c’est de raisonner en termes de compétences, par rapport à ce que votre profil peut apporter à l’entreprise. Je milite pour qu’on cesse de se positionner en simple demandeur d’emploi, mais plutôt en offreur de compétences. Je trouve qu’en ces termes, la démarche est plus saine, et on préserve mieux sa santé mentale en cas de refus ou de difficultés à trouver un emploi. »

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