Emploi

5 clés pour préparer au mieux votre reprise du travail après un burn-out

Cet article est issu du dossier "Tribunes d'experts"

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Après avoir traversé un burn-out, on ne souhaite pas nécessairement quitter son job ou se reconvertir. Se pose alors la question de la gestion du retour en entreprise.

1/ Écoutez vos ressentis

Si votre médecin vous pense apte à reprendre, faites-lui confiance, vous êtes prêt (même si vous doutez) ! Discutez avec votre médecin et avec la médecine du travail des différentes façons de reprendre, et de celle qui sera la plus adaptée pour vous. La perspective de la reprise est d’ailleurs parfois accueillie comme un grand soulagement : cela signifie que le plus dur est derrière vous, et que la remontée et la consolidation sont bien en marche.

Le retour sur les « lieux du crime » est pourtant généralement synonyme de véritable cocktail émotionnel. Au-delà du soulagement que cette période noire soit derrière vous, de la joie de reprendre une activité et de retrouver les collègues, il y a souvent :

–        La fébrilité à l’idée d’affronter le regard des autres,

–        La honte d’avoir « flanché »

–        La peur de l’impact de l’arrêt sur votre carrière,

–        Et évidemment, la peur de rechuter.

Faites le point sur votre cocktail émotionnel personnel : avez-vous des peurs ? Si oui, lesquelles ? Laissez vos peurs s’exprimer, elles sont tout à fait normales et légitimes. Certaines vont d’ailleurs vous aider à préparer au mieux cette reprise, en mettant en place des actions pour les éviter.

2/ Comprenez le mécanisme de votre burn-out 

Avoir fait le tri dans les causes de votre épuisement est un prérequis essentiel à votre retour. Sans cela, vous risquez de repartir comme en 40 (aux mêmes causes les mêmes effets), et in fine de rechuter.

Pour cela, il va vous falloir (si vous n’avez pas déjà engagé cette démarche), replonger dans les semaines et mois ayant précédé l’épuisement et en détricoter les causes. Lorsque les grandes causes de votre épuisement seront posées sur la table, dissociez les causes intrinsèques (celles qui appartiennent à votre mode de fonctionnement, à vos réactions) des causes extrinsèques (l’environnement de travail, la charge, les missions…).

Pour vous y aider, voici quelques exemples de causes intrinsèques que l’on rencontre fréquemment chez nos accompagnés : syndrome du bon élève ou syndrome de l’imposteur, perfectionnisme, pas le droit à l’erreur, difficulté à dire non ou à demander de l’aide, sur-contrôle, peur de ne pas être à la hauteur ou de se tromper… Ces mécanismes nous amènent à avoir des comportements certes (parfois) payants, mais dysfonctionnels et délétères sur le long terme. En amont de votre reprise, il est important que vous ayez pu travailler sur les mécanismes internes qui vous sont propres, afin de les assouplir et de vous forger un nouveau rapport au travail. C’est l’une des clés pour prévenir la rechute.

Parfois, c’est votre poste en lui-même qui n’est pas fait pour vous : si tel est le cas, cela peut aboutir à une demande de mobilité interne au moment du retour, ou à l’adaptation de certaines composantes du poste qui sont source de souffrance, et qu’il sera alors judicieux d’aménager au moins pour la reprise.

3/ Clarifiez vos besoins

Vous l’aurez compris, une reprise qui se passe bien, c’est une reprise qui a été préparée, aussi bien par vous que par votre entreprise. Pour cela, il peut être très aidant de clarifier en amont les besoins qui seront les vôtres, le premier jour, puis les premières semaines de votre retour.

Il n’y a évidemment pas de réponse universelle à cette question, les besoins de chacun étant tous différents. Nous vous conseillons de faire une liste exhaustive de l’ensemble de vos besoins, en vous inspirant pourquoi pas des exemples ci-dessous :

–        Organiser un entretien avec les RH en amont de mon retour

–        Prendre contact avec mon manager pour évoquer le dispositif d’accompagnement et de reprise dont j’aurai besoin pour me sentir épaulé.e dans cette étape

–        Planifier ma journée de reprise parfaite, par exemple : déjeuner avec 2/3 collègues que j’apprécie beaucoup et terminer ma journée par un bon dîner pour célébrer ma reprise

–        Programmer un temps d’échange informel avec la personne qui m’a remplacée durant mon absence

–        Faire le point avec des collègues de confiance sur les changements qui ont eu lieu dans l’entreprise en mon absence 

–        Demander à changer de place dans l’open space pour être le plus au calme possible

–        Limiter le nombre de réunions durant les premiers jours, qui sont très consommatrices en énergie

–        M’inscrire à une activité sportive sur le temps du déjeuner une fois par semaine

–        …

Il est également essentiel à ce stade que vous puissiez retrouver du plaisir dans le travail. Le travail ayant été associé à de la souffrance avant épuisement, il est primordial que vous puissiez intervenir sur des tâches qui vous plaisent et vous redonnent confiance en vous. C’est l’un des grands enjeux de la reprise, qui sera à discuter avec votre manager.

4/ Allez-y progressivement

Ne présagez pas de vos forces dans les premiers temps. Après le jour J de la reprise, vous risquez d’être encore fragile physiquement et psychologiquement. D’être sensible aux sollicitations, au bruit, à la lumière… Vos capacités de concentration peuvent être encore limitées. Pour cette raison, la reprise à temps partiel thérapeutique est souvent préconisée par les médecins (et appréciée par les personnes qui en font l’expérience). Ainsi, il vous sera peut-être proposé de reprendre d’abord à 50% (en alternance entre présentiel et télétravail pendant quelques semaines), puis à 70%, 80% et ensuite à 100%.

Pour vous assurer que vous êtes sur le bon rythme pour vous, monitorez vos ressentis à la fin de chaque semaine : quel est mon niveau d’énergie (sur une échelle de 1 à 10) cette semaine ? Et mon niveau de bien-être ? Évidemment, vous ne pourrez pas toujours être au top du top, néanmoins soyez vigilants à maintenir un niveau acceptable d’énergie et de bien-être. Et si vous voyez que cela baisse : mettez en place des actions pour prendre soin de vous (cf. point 4). Soyez à l’écoute de votre corps (et de votre entourage) pour éviter de retomber dans le déni qui peut conduire à l’épuisement.

La reprise est signe d’un nouveau départ, mais aussi de nouvelles limites à s’imposer. Tous ceux qui sont passés par là le disent : l’autodiscipline est nécessaire (en mettant par exemple des plages d’indisponibilité dans votre agenda, en ne consultant ni ses mails ni son téléphone sur les plages de repos…). Bref, éviter tant que faire se peut que vos anciens réflexes ne reviennent au galop.

5/ Prenez soin de vous

Cette dernière clé sonne comme une évidence.  Elle est pourtant bien compliquée à mettre en place pour beaucoup. Les personnes ayant traversé un burn-out sont généralement des personnes si investies, qui font si souvent passer les besoins des autres avant les leurs, qu’elles doivent réapprendre à prendre soin d’elles. Lors de votre reprise, continuez à placer des activités plaisir (lecture, sport, balade, peinture, journaling… bref, tout ce qui vous fait du bien !) dans votre quotidien. N’abandonnez pas les activités ressources qui vous ont permis de sortir du burn-out : ce sont elles qui vous permettront de maintenir la tête hors de l’eau pour les mois et les années qui viennent.

Le suivi médical, dans cette phase de consolidation, est également à maintenir : médecin traitant, médecin du travail, psychologue… Tous ces professionnels seront vos appuis durant votre reprise. Ils monitoreront avec vous le suivi de vos anciens symptômes, votre niveau de stress, votre sommeil, votre alimentation, et veilleront avec vous à ces fondamentaux.

On ne va pas vous le cacher : la reprise n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Elle va comporter des hauts et des bas. Certains jours se passeront bien, d’autres seront plus difficiles. La remontée n’est pas linéaire. Accepter que cela va prendre un peu de temps (mais que cela va aller de mieux en mieux), c’est aussi cela préparer votre reprise sereinement.

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