« Pour trouver son premier job, il faut faire simple, faire bien et faire en plusieurs étapes, résume Jonathan Gozard, recruteur indépendant au Mercato de l’emploi. On a tendance à penser que pour trouver un emploi, il suffit de se connecter à des sites, de postuler à des offres… Or, cette phase n’est qu’une étape parmi d’autres. »
1° Peaufiner son CV
Le premier frein que peuvent vivre les jeunes diplômés et les débutants concerne le manque d’expérience. Face à un CV peu étoffé, la forme peut prendre le pas sur le fond. « Le CV, c’est une publicité de nous-même, une forme de teaser qui nous présente à un instant T. Il faut qu’il soit clair, lisible avec des catégories très structurées », précise Jonathan Gozard. En matière de contenu, en plus des informations clés (coordonnées, mobilité, etc.), le CV doit avoir un titre avec le nom du poste que l’on recherche et une phrase d’accroche qui permet de montrer sa motivation pour un secteur ou un métier.
Le recruteur recommande ensuite de démarrer le CV par une liste des compétences, savoir-être et savoir-faire. « Selon moi, cette partie est fondamentale, elle résume tout ce que le candidat a acquis. Sachant qu’un recruteur ne passe que quinze à vingt secondes par CV, cette partie est déterminante pour savoir si le profil peut coller », insiste-t-il. Même les jeunes en manquent d’expérience ont des choses à écrire dans cette partie, estime le recruteur : « Ils peuvent ajouter des soft skills comme le travail en équipe qui a pu s’acquérir pendant un stage, dans une association ou en pratiquant un sport collectif ».
Ensuite, seulement, les candidats peuvent préciser leurs expériences professionnelle et personnelle qui recensent les stages, engagement associatif, petits boulots. Et, enfin, ajouter la rubrique formation.
2° Postuler en ligne en visant la qualité
Indeed, Monster, Welcometothejungle, Apec… Aujourd’hui il existe une multitude de jobboards qui publient souvent les mêmes offres d’emplois. Pour éviter ce foisonnement, Jonathan Gozard conseille de sélectionner une seule plateforme pour consulter les offres : « En multipliant les sites, le candidat risque d’envoyer ses candidatures en doublon. Cela envoie un mauvais signal au recruteur qui va considérer que la candidature n’est pas personnalisée. »
De la même manière, il vaut mieux privilégier la qualité à la quantité concernant les offres. Il peut être tentant de candidater tous azimuts pour multiplier ses chances d’obtenir un entretien. Avec un risque prévient le recruteur : « Avec l’IA, si on postule à toutes les offres, le CV peut apparaître deux fois en parallèle, ce qui envoie encore une fois un mauvais message aux recruteurs. C’est pourquoi, il vaut mieux privilégier des candidatures ciblées dans son domaine en personnalisant au maximum son CV ».
Enfin, les jeunes candidats peuvent déposer un CV générique en ligne sur des CVthèques comme Hellowork, Météojob ou encore le Figaro Emploi. Si le profil correspond, un recruteur peut le contacter directement par ce biais.
3° Créer son réseau
Pour les jeunes, l’absence d’un réseau professionnel peut constituer un frein. Pourtant, « tout le monde a un réseau », estime Jonathan Gozard qui conseille d’informer son entourage qu’on recherche un emploi. Que ce soit la famille, les amis, mais aussi les enseignants ou maîtres de stage, chacun peut aider à sa manière. « Tout le monde est concerné par l’emploi. Aussi, faire jouer son premier réseau permet de ne manquer aucune opportunité », précise l’expert.
L’entourage peut également aider les débutants à identifier leurs compétences et soft skills. « Je conseille aussi de toujours demander des retours sur comment s’est passé un stage, même d’observation. C’est plus facile pour identifier ses qualités professionnelles et de les valoriser quand on a une lettre de recommandation », propose-t-il.
4° Créer un profil LinkedIn
Et pour étoffer ce réseau, créer un profil LinkedIn, même quand on a peu d’expérience, est pertinent. Certains jeunes débutants pensent que cette plateforme est réservée aux professionnels déjà en activité ou à ceux qui ont déjà un réseau. Or, aujourd’hui, LinkedIn est considéré comme un levier de recrutement. D’autant que pour les entreprises, publier une offre d’emploi sur un ou des jobboards est payant tandis que publier une offre sur LinkedIn ne l’est pas. Par ailleurs, de nombreuses structures regardent les profils des candidats sur la plateforme et recrutent par ce biais.
« Je recommande aux jeunes de remplir leur profil, d’ajouter une photo professionnelle et les informations clés en matière de formation, d’expériences et de centres d’intérêt. Mais surtout, je conseille de suivre des entreprises dans les secteurs où ils souhaitent travailler, liker des publications pour se rendre visibles », suggère l’expert en recrutement. Il peut aussi être pertinent de faire un post professionnel pour se présenter, expliquer qu’on est en recherche d’emploi, dans tel secteur pour gagner en visibilité et montrer sa motivation.
5° Sortir de chez soi
Au-delà des démarches en ligne, il est important de ne pas rester devant son ordinateur à attendre de nouvelles offres d’emploi. D’autant que de plus en plus d’événements, forums, salons, job datings, sont organisés sur l’ensemble du territoire pour recruter dans différents secteurs et métiers. « C’est l’occasion de rencontrer des recruteurs et des professionnels et de distribuer son CV. Certaines régions, comme Auvergne Rhône Alpes, proposent un agenda en ligne qui recense l’ensemble des salons de l’emploi et de l’apprentissage. Il ne faut surtout pas hésiter ! », conseille Jonathan Gozard.
Surtout que les salons et forums de recrutement sont des espaces où les entreprises cherchent à recruter. Les jeunes peuvent aller sur les stands qui les intéressent munis de leur CV et postuler en direct ou prendre des cartes de visite. Une occasion d’étoffer son réseau professionnel, surtout si le candidat recontacte les personnes rencontrées et se connecte à elles sur LinkedIn.