Le monde du travail devient de plus en plus compétitif, notamment avec le déferlement de l’IA, qui joue un rôle d’accélérateur de transformation. Pour les actifs, qu’ils soient en poste ou à la recherche d’un emploi, se démarquer des autres devient une nécessité pour attirer l’attention des recruteurs, mais aussi pour rester performants dans leur poste. Car la transformation est déjà à l’œuvre.
« Près de 70 % des compétences nécessaires pour exercer un même métier devraient évoluer d’ici 2030, rappelle Florent Balayé, directeur de LinkedIn Talent Solutions France. Si on a le sentiment que notre fonction ne change pas dans une entreprise, les expertises, elles, se transforment, et ce dans tous les secteurs d’activité. Il est essentiel de se former pour rester performant. »
Cette évolution rapide met aussi en lumière les limites des dispositifs actuels. Pour Mathieu Nebra, cofondateur d’OpenClassrooms, les formations obligatoires en entreprise sont aujourd’hui insuffisantes pour faire face aux mutations du marché du travail. « Tous les secteurs “col blanc”, les métiers du tertiaire, sont touchés par la vague de l’intelligence artificielle. Ce n’est pas tous les deux ans qu’il faut se mettre à niveau, alerte-t-il. À ce rythme, les personnes qui sont en poste vont rapidement devenir obsolètes et risquent de se faire licencier, surtout face à des personnes qui s’approprient ces savoir-faire. »
Dans ce contexte, la formation professionnelle peut faire figure de rempart. Selon le baromètre « Les actifs et la formation professionnelle », publié par VISIPLUS Academy en partenariat avec Ipsos BVA, en avril 2026, « la formation retrouve de la vigueur », avec 32 % des actifs qui ont engagé une démarche de formation pour les douze prochains mois, soit trois points de plus qu’en 2024.
Derrière ces chiffres, une priorité claire se dessine. Les actifs cherchent surtout à sécuriser leur parcours. « Le diplôme ou la certification devient le premier critère de choix d’une formation », note le baromètre. Par ailleurs, si les formations en présentiel restent largement plébiscitées par 39 % des actifs, la formation en ligne a trouvé sa place sur le marché : 25 % de ceux qui envisagent de se lancer dans un parcours s’orientent vers une formation à distance. Et pour cause : entre flexibilité, accessibilité, diversité des contenus et des formats, le digital learning n’est plus une solution d’appoint, mais devient un pilier de la formation professionnelle.
Une offre en ligne massive
Que ce soit pour obtenir un diplôme, une certification, pour découvrir un nouvel univers ou acquérir de nouvelles compétences, cette transformation se traduit par une multiplication des offres de formation en ligne. De nombreuses plateformes, à l’image de Coursera, FUN MOOC, Udemy ou edX, mettent à disposition des cours en ligne ouverts à tous, qui permettent à chacun d’accéder à des connaissances au sein des universités les plus renommées au monde.
« La plateforme edX, fondée par le MIT et Harvard, permet d’accéder à des cours délivrés par les universités les plus prestigieuses du monde. De très nombreuses formations sont gratuites et ouvertes à tous. Les apprenants peuvent aussi obtenir des certifications pour quelques dizaines d’euros, affirme Emmanuelle Petiau, formatrice LinkedIn. Pour les demandeurs d’emploi, les étudiants ou les personnes en reconversion, ce type de plateforme est une opportunité unique d’obtenir des certifications de très haut niveau et de se démarquer des autres candidats. »
C’est dans cette logique de montée en compétences que de nombreuses entreprises comme Google, Microsoft ou LinkedIn proposent aussi des certifications en ligne, souvent accessibles gratuitement. Si certaines de ces formations visent directement à appréhender les outils développés par les GAFAM, notamment en intelligence artificielle, certains parcours s’orientent vers des compétences comportementales, comme la prise de parole en public, la constitution d’un réseau ou encore l’amélioration de sa productivité.
Pour Florent Balayé, les professionnels qui misent sur ces certifications pour progresser dans leur pratique font preuve d’agilité et de réflexivité. Un atout dans un monde où la manière de recruter évolue. « Ces certifications permettent de prouver ce qui est acquis au-delà de ce que le candidat énumère, considère le directeur de LinkedIn Talent. Adjoindre une certification à son profil permet aux recruteurs et aux candidats d’avoir une clé de lecture commune et donc d’être plus efficaces dans le recrutement. »
L’enjeu du financement
L’accès à ces formations dépend étroitement des modalités de financement. Si de nombreuses formations en ligne sont gratuites, pour décrocher une certification, les apprenants doivent mettre la main au porte-monnaie. Aujourd’hui, plusieurs dispositifs permettent d’alléger le coût, à commencer par le compte personnel de formation. Avec une attention : seules les formations certifiantes ou diplômantes enregistrées au Répertoire national des certifications professionnelles ou au Répertoire spécifique sont éligibles au CPF.
Pour les demandeurs d’emploi, France Travail peut aussi financer ou compléter le financement de certaines formations. Il faut pour cela privilégier une formation en cohérence avec son projet professionnel pour faciliter l’insertion sur le marché du travail. Cependant, toutes les formations ne peuvent pas être prises en charge par France Travail. Encore une fois, il vaut mieux se tourner vers des formations éligibles au CPF.
Les entreprises peuvent aussi jouer un rôle clé via le plan de développement des compétences, en finançant tout ou partie des formations de leurs salariés. À cela s’ajoutent des initiatives propres aux plateformes, qui proposent des contenus gratuits, des abonnements ou encore des facilités de paiement pour élargir l’accès. Malgré ces dispositifs, le reste à charge peut toutefois constituer un frein, en particulier pour les formations diplômantes ou les parcours les plus complets, dont les coûts peuvent s’élever à plusieurs milliers d’euros. Un enjeu déterminant, dans la mesure où la question du financement conditionne souvent le passage à l’acte et contribue à creuser des écarts entre les actifs selon leurs moyens ou leur situation professionnelle.
Cet article fait partie d’un dossier sur la formation en ligne.
Retrouvez la deuxième partie de ce dossier ici :
> Formation en ligne : les clés pour choisir son parcours et tenir sur la durée