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Le recrutement des jeunes connait une hausse de 10 % (Dares) depuis la mise en place des AEJ

, par Deborah Weill

Avec la crise sanitaire, la situation des jeunes sur le marché du travail s’est fortement dégradée en 2020. Avec le plan “1 jeune, 1 solution”, la Dares observe une hausse de 7 % de l’emploi en CDI ou CDD long des jeunes de 22 à 25 ans.

Pour aider les jeunes précarisés par la crise, le gouvernement a mis en place en 2020 un aide à l’emploi des jeunes (AEJ). C’est une aide d’un maximum de 4 000 euros distribués sur un an aux entreprises qui recrutent au minimum un jeune de moins de 26 ans. Les 4 000 euros sont distribués à hauteur de 1 000 euros tous les trois mois, si le salarié concerné est toujours en poste dans l’entreprise. L’aide est réservée aux embauches réalisées entre le 1er août 2020 au 31 mai 2021 pour les embauches dont le salaire est inférieur à 1,6 Smic. “Sur l’ensemble de la période, l’aide n’est versée que si le contrat de travail est un CDI, un CDI intérimaire, ou un CDD d’au moins 3 mois” explique le conseil d’analyse économique.

Conséquences

Ainsi, la Dares constate que grâce à l’AEJ, le taux d’emploi des jeunes en CDI ou CDD de plus de trois mois entre mars 2020 et février 2021 est de 41 %, alors qu’il était estimé à 38 % avant ces aides. L’AEJ aurait donc permis une hausse de l’emploi éligible de 7 % pour les 22-25 ans. Il est indéniable que l’AEJ a fait augmenter fortement les propositions d’emploi pour les jeunes éligibles après août 2020. En revanche, les jeunes de plus de 26 ans connaissent désormais une baisse des propositions d’emploi de -2,3 %.

Le conseil d’analyse économique précise tout de même que bien que les effets de ces aides soient notoires, il n’en demeure pas moins qu’on aurait pu s’attendre à une augmentation des propositions d’emplois davantage sensibles, à l’image notamment des mesures prises en 2008 avec le plan de recrutement “zéro charges”. À cause du second confinement, beaucoup d’entreprises sont tout simplement dans l’incapacité d’embaucher, avec ou sans les aides de l’État.

Et après ?

Selon le conseil d’analyse économique, le gouvernement pourrait, après la crise décider d’étendre  ces mesures pour soutenir les secteurs d’activité aujourd’hui fermés. “Si une prime à l’embauche était remise en place elle pourrait dans ce nouveau contexte inclure les renouvellements de contrats ;  être étendue au‐delà de 26 ans ; être réservée aux secteurs qui ont été les plus touchés par la crise. Par exemple, on peut considérer que les restaurants ne pourront accueillir autant de clients qu’en temps normal. L’effet de l’aide à l’embauche semble d’ailleurs plus élevé dans ces secteurs. D’autre part, les inévitables effets d’aubaine constitueraient une aide permettant d’améliorer la situation financière des entreprises de ces secteurs très touchés et de diminuer le risque de défaillance particulièrement fort en période de reprise du fait des besoins de financement (paiements des fournisseurs et salaires)”

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Deborah Weill

Deborah Weill
Journaliste


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