Conseil en recherche d'emploi force-femmes

Force femmes accompagne vers l’emploi les femmes de plus de 45 ans

, par Julie Falcoz

Depuis 14 ans, l’association Force Femmes, partenaire référent de Pôle emploi pour les femmes de plus de 45 ans, accompagne ces personnes expérimentées confrontées au chômage. Rebondir a assisté à l’une de leurs universités. Reportage.

 
En ce lundi de février, l’association Force Femmes a organisé une journée entière dédiée au retour à l’emploi pour les femmes de plus de 45 ans. Au programme, un grand débat, des discours et surtout des ateliers abordant plusieurs thématiques : recherche d’emploi, création d’activité, et marque personnelle. Si le format de cette journée n’a lieu qu’une fois tous les deux ans et demi à Paris, des événements se tiennent régulièrement dans les antennes régionales de l’association à travers des forums notamment.

Dans cette salle de la Maison de la chimie, l’atelier aborde le sujet de l’entretien de recrutement, comment le décoder et s’y préparer. Une centaine de femmes s’engouffre pour s’assoir. Les visages sont détendus même si l’ambiance reste studieuse, avec carnets et stylos pour prendre des notes. Certaines ont même imprimé leur CV. Les intervenantes se présentent, Amélia Fanchette et Lydie Riquier, toutes deux consultantes au sein du cabinet de recrutement Michael Page.

 
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Du marketing personnel

Elles attaquent leur présentation par le CV. “C’est un document marketing. Il faut donc faire attention à la lisibilité des informations et leur organisation”, démarre Lydie Riquier. Encore mieux, elle coupe court à la légende urbaine du CV sur une page : “Mieux vaut un CV clair en deux pages plutôt qu’un illisible sur une seule”. Une participante pose la question de la photo, “est-elle obligatoire ou pas ?”. La réponse est non. “Aujourd’hui, ce n’est pas indispensable. En revanche si vous souhaitez en mettre une, il faut qu’elle soit professionnelle”, renchérit Amélia Fanchette. Dans la salle, tout le monde approuve.

Les langues se délient et les conversations démarrent spontanément entre les participantes. En tout cas, les intervenantes sont formelles sur le fait que le CV doit être clair pour en faciliter la lecture. Les recruteurs passant beaucoup de temps à les éplucher, il faut que les informations pertinentes sautent aux yeux. Dans le public, une femme lève la main : “Peut-on faire son CV par compétences ?”. “Oui mais cela dépend surtout de votre secteur d’activités et de sa culture”, lui répond Lydie Riquier. Une autre enchaîne sur la possibilité d’obtenir un CDI à son âge. D’autres questions fusent. Si les thèmes sont multiples, l’inquiétude reste la même pour toutes, la potentielle employabilité d’une femme après 45 ans. Autre annonce qui surprend l’assemblée, pour un cabinet de recrutement, la lettre de motivation n’est pas nécessaire. “Nous n’avons pas le temps de la lire. D’autant qu’elle est beaucoup plus subjective que les informations factuelles d’un CV”, prévient Amélia Fanchette.

 
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Une histoire de matching

Avant un entretien physique, les consultantes évoquent l’entretien téléphonique qui doit aborder uniquement des questions factuelles : ce que vous faites actuellement, le poste recherché, la rémunération, la mobilité géographique, les langues et le niveau de diplôme. “Nous avons beau leur dire le contraire, après 15 années d’expérience, les entreprises veulent quand même connaître les diplômes”, proteste Lydie Riquier. L’erreur à éviter ? Vouloir en faire un entretien complet.

Une femme évoque les questions personnelles : “Remettez gentiment la personne à sa place en disant ‘Je ne souhaite pas répondre à cette question, peut-on revenir sur mes compétences ?”. Ce qui n’est pas forcément simple à placer dans une conversation. Pour revenir au sujet de la rencontre physique, Amélia Fanchette explique : “L’entretien est aussi un exercice marketing. Il faut savoir se vendre. La difficulté est donc de bien se connaître”. Pour faire le point, faites un tableau de vos qualités et défauts ou forces et faiblesses. “Si vous n’y arrivez pas, demandez de l’aide à votre entourage”, suggère-t-elle. Autre impératif, se renseigner sur l’entreprise, voire l’interlocuteur, pour préparer l’entretien. “Aujourd’hui, il est de plus en plus important de connaître les valeurs de l’entité pour laquelle vous postulez”. Le véritable secret pendant l’entretien ? “Le matching, mettre en lien vos compétences et celles attendues par l’entreprise”, révèle Lydie Riquier. “En tout cas, il faut être soi-même tout en restant professionnel”, alerte-t-elle.

 

L’entonnoir

“Pour parler de vos expériences professionnelles, utilisez la méthode de l’entonnoir, cela fonctionne à tous les coups, conseillent-elles. Appuyez-vous sur la structure de votre CV en synthétisant”. Concrètement, cela signifie aller du général au particulier, comme la forme de l’entonnoir. Autres informations que tout le monde note, lors d’un entretien, la durée de sa propre présentation doit durer une vingtaine de minutes maximum. Et, il est nécessaire de poser des questions à la fin de l’entretien, “pour montrer que vous êtes curieux”.

Dans l’assemblée, une personne pose la question des défauts et des qualités. Petit vent de rébellion dans la foule, qui semble agacée par cette question. “Effectivement, elle est très old school. En fait, il faut se demander ce que les gens disent de vous, évoque Lydie Riquier. Attention, le recruteur n’est pas là pour juger mais pour voir si cela va coller avec l’entreprise et le reste de l’équipe”. La fin de la conférence est annoncée. Amélia Fanchette conclut : “Relancez par e-mail et/ou par téléphone. Vous êtes maîtres de votre recrutement”.

 
 

Julie Falcoz
Journaliste


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