1. Prenez conscience des avantages de la reprise d’une entreprise
Au même titre que la création d’une activité, la reprise d’entreprise est un exercice professionnel à part entière qui ne manque pas d’arguments et qui peut faciliter l’accès à l’entrepreneuriat et la pérennité d’un projet. « Dans les prochaines années, la reprise va devenir un sujet et un enjeu primordial, affirme Julien Murzyn, cofondateur de Captain, agence experte de la transmission d’entreprises qui inaugure La Fabrique du Repreneuriat, un lieu dédié à la formation et à l’accompagnement des reprenants et des cédants. La reprise, c’est beaucoup moins risqué que la création, c’est une solution potentielle pour des jeunes en début de carrière qui souhaitent entreprendre ou pour des actifs et cadres en reconversion ou en chômage de longue durée. Et ce peut être aussi un dernier projet de fin de carrière, pour ensuite revendre et partir en retraite avec une situation patrimoniale intéressante. Quand vous reprenez, vous savez exactement où vous allez. Il y a un audit, il y a des clients, des savoir-faire qui sont transmis, parfois une équipe. » Selon les chiffres partagés par La Fabrique de Repreneuriat, ce sont ainsi 40 000 transmissions qui sont opérées chaque année en France, tandis que 700 000 entreprises seraient à céder dans les dix années à venir. Une tendance que l’on nomme déjà la « grande transmission ».
2. Faites-vous conseiller et accompagner
Si ses avantages sont marqués, la reprise est avant tout un processus complexe (valorisation, audit, financement, négociation…) qui peut souvent nécessiter un accompagnement par des spécialistes pour éviter des erreurs et sécuriser chaque étape. « Il n’y a pas d’école pour reprendre des entreprises. Les gens ne savent pas forcément où s’adresser et il faut se méfier de certaines formations en ligne », complète Julien Murzyn. Un accompagnement ciblé et des ressources pour démocratiser la transmission d’entreprise, c’est ce que propose Captain avec sa Fabrique du Repreneuriat, un lieu ouvert et collaboratif qui se donne pour mission de fédérer les acteurs de la reprise et de former les futurs repreneurs. « Nous, on accompagne de A à Z. C’est-à-dire à partir du moment où vous avez décidé de racheter une entreprise jusqu’à l’aboutissement de l’opération. Il y a toutes les étapes, rédaction, négociation, valorisation, recherche de financement, c’est vraiment un process complet. »
3. Adaptez votre cible et votre projet à vos moyens
Une reprise réussie est souvent progressive. Il vaut mieux commencer par une entreprise à taille maîtrisable, quitte à grandir ensuite par croissance externe. « Il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre. Je dis souvent que je vois ça comme un escalier. Il ne faut pas commencer par un truc trop gros avec un fort endettement, mieux vaut commencer par une plus petite affaire qu’on amortira rapidement. Pour ensuite pourquoi pas en reprendre une autre ou la faire grandir. Avec l’effet levier et de la dette, vous pouvez vous retrouver avec une belle PME. Et chaque opération est indépendante, ce n’est pas parce que vous en avez racheté une que vous êtes bloqué. » La patience reste la mère de toutes les vertus, et le repreneuriat est donc une voie de carrière qui se prépare et qui doit s’opérer sans précipitation.
4. Profitez des aides financières accessibles
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il est de fait possible de reprendre une entreprise sans disposer d’un capital très élevé, grâce à des mécanismes spécifiques (prêts, garanties, crédit vendeur, associations entre porteurs de projets et investisseurs) et à des aides consacrées à l’entrepreneuriat. « Toutes les aides à la création sont aussi applicables à la reprise, rassure le fondateur de Captain. Il existe des dispositifs de financement assez puissants, notamment via Bpifrance, qui propose un prêt transmission qui peut atteindre 40 % du montant de la dette globale contractée pour racheter l’entreprise et jusqu’à 1,5 million d’euros. Et la garantie transmission de Bpifrance permet de garantir les prêts bancaires des repreneurs, à hauteur de 50 à 70 %.
5. Anticipez l’après reprise
La réussite d’une reprise ne se joue pas uniquement au moment de la signature. Une fois aux commandes, le repreneur doit assumer un rôle de chef d’entreprise à part entière : management des équipes, pilotage financier, prise de décisions stratégiques. Un changement de posture souvent sous-estimé. « La reprise, ce n’est pas un jeu. Il faut voir et anticiper les contraintes derrière, reprendre en main les équipes et le fonctionnement, prévient Julien Murzyn. Tout cela dépend de la taille de l’entreprise reprise et surtout un important socle de compétences en management général, en pilotage d’une entreprise au global. De la même façon, reprendre une entreprise dans un métier bien spécifique et des savoir-faire comme dans l’artisanat, ça ne peut pas s’inventer si vous n’avez pas de notion dans le secteur. Avoir des notions du secteur sera donc toujours un plus et cela facilitera aussi les recherches de financement. »