Reconversion & Formation franchise faible apport

Entreprendre : se lancer en franchise avec un faible apport

, par Stéphanie Condis

La franchise est une forme d’entrepreneuriat rassurant, notamment pour les personnes en reconversion, car elle s’appuie sur un concept qui a fait ses preuves et un accompagnement de la part du réseau. Mais le frein au démarrage est souvent financier… Et d’autant plus dans un contexte difficile d’inflation avec, en particulier, l’augmentation du coût des matières premières et de l’énergie. Pour limiter le risque et ne pas miser toutes ses économies, mieux vaut se tourner vers des enseignes et marques accessibles, car nécessitant un investissement restreint, par exemple inférieur à 20 000 euros. Avec, tout de même, un impératif à prendre en compte : il y a, certes, des considérations d’économies et de faible apport personnel, mais il est essentiel de trouver un secteur et une activité qui plaisent pour faire ses premiers pas…

Avant même de détailler les types de franchises, les secteurs et les contrats les plus favorables aux candidats avec un faible apport, il est utile de préciser que ces derniers peuvent se faire aider par des fonds régionaux ou européens pour installation dans des zones de développement économique prioritaire, qui passent notamment des accords avec certaines enseignes. Autre idée : faire appel au financement collaboratif pour se lancer, grâce aux plateformes de crowdfunding.

D’une manière générale, si l’on dispose d’une capacité d’investissement limitée, il est logique de viser des concepts de franchise de plus petite taille, en termes de surface et/ou d’effectifs, pour restreindre le coût des mètres carrés et les charges relatives à l’emploi du personnel. Il existe même des formats sans local. Ce qui peut s’avérer très intéressant dans un secteur comme les bars et restaurants, où le ticket d’entrée est globalement élevé : la solution est alors d’opter pour un camion, comme Bière Truck, ou bien pour un distributeur, avec Gang of Pizza, par exemple.

Autre possibilité, se tourner vers une marque jeune, qui doit encore faire ses preuves et demande donc des droits d’entrée moins élevés. Mais cela signifie que l’on prend plus de risque avec le concept qui n’est pas encore vraiment éprouvé…

Choisir une franchise sans stock ni matériel, ou avec peu de machines et d’achat pour constituer sa réserve, est également une stratégie envisageable… C’est, par exemple, le cas des franchisés qui ont un rôle d’intermédiaire dans divers types d’activités. Les mandataires immobiliers, par exemple ou bien, avec le même fonctionnement mais pour les voitures d’occasion, Ewigo, réseau d’agences automobiles qui demande un apport de 25 000 euros.

Enfin certains secteurs sont connus pour ne demander que peu d’investissement. En particulier les services à la personne, puisqu’il n’y a pas de matériel onéreux à acquérir. Et ils présentent le grand avantage d’être en pleine croissance, la demande ayant explosé ces dernières années. De l’offre de coaching au soutien scolaire, en passant par la garde d’enfants, les soins aux personnes âgées, le portage de repas à domicile, le ménage, le bricolage, etc.

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Ainsi, Virginie Leprince, franchisée Family Sphère, spécialiste de la garde d’enfants à domicile, s’est-elle lancée il y plus de dix ans à la suite d’une rupture conventionnelle : « J’ai choisi une franchise nécessitant un faible investissement car mon apport personnel était de 8 000 euros. J’ai emprunté le reste, soit 70 000 euros sur sept ans, c’est-à-dire la durée de mon contrat de franchise. Je n’avais besoin que d’un petit local, d’un téléphone et d’un ordinateur pour débuter. » Aujourd’hui, la quadragénaire est toujours dirigeante salariée de sa société, devenue une grande agence parisienne de cent personnes.

Autre domaine porteur et accessible, la rénovation et l’entretien des bâtiments. Repar’store, qui répare et modernise les volets roulants et stores de toutes marques, propose par exemple un contrat de six ans en franchise avec 5 000 euros d’apport personnel pour un investissement total de 45 000 euros hors taxe, sans avoir besoin d’un local commercial.

Des contrats pour mettre le pied à l’étrier

Au-delà du type de franchise, c’est aussi le contrat en lui-même qui peut permettre aux novices de démarrer. Par exemple la location-gérance, avec Naturalia, La Vie Claire, Carrefour Proximité ou certaines autres grandes enseignes de distribution. Ou bien la franchise participative qui permet un déblocage de fonds pour aider des nouveaux venus, comme le permet le spécialiste des fenêtres Tryba.

Autre solution d’amorçage, l’affiliation, qui évite aux franchisés de devoir acheter des stocks avant de réussir à les vendre. C’est le cas depuis fin 2021 chez Cavavin, réseau national de cavistes de proximité. « Le franchisé n’a pas besoin de trésorerie pour sa réserve de bouteilles car il ne paie que celles qu’il a vendues, précise Thibault Pradelle, développeur commission affiliation France. Nous avons créé cette opportunité pour soutenir de jeunes entrepreneurs très motivés mais qui étaient freinés par leur apport personnel. Le droit d’entrée est de 5 000 euros, suivi de mensualités de 165 euros, au lieu de 16 500 euros pour notre modèle de franchise classique. Mais ce n’est pas une fin en soi : au bout de trois ans, nous souhaitons que le franchisé bascule vers notre formule habituelle. » Et Thibault Pradelle d’ajouter qu’en aucun cas, la cave affiliée n’est un concept au rabais, toutes les adresses estampillées Cavavin étant identiques.

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Le concept de magasin allégé a été, par ailleurs, mis en place depuis six ans chez Signarama spécialisé dans la signalétique et les enseignes lumineuses. « Nos boutiques comportent, en principe, une partie showroom et une avec le matériel de fabrication, explique Sami Fossat, le directeur commercial. Cela demande un apport d’au moins 150 000 euros. Tandis que pour nos magasins comptoirs, qui n’ont que le showroom, il ne faut qu’environ 30 000 euros d’apport. La production se déroule ailleurs, dans un premier temps, car l’idée est, qu’au bout de deux ans, le franchisé bascule vers notre formule complète incluant les machines. »

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de L’Officiel de la franchise.

 

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Stéphanie Condis
Journaliste


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