1) Encaisser le choc et prendre du recul sur la situation
Il ne faut pas se voiler la face, se retrouver au chômage implique beaucoup de choses, beaucoup de changements d’un coup. Et cela peut être un choc brutal dans certains cas, en fonction des profils et des situations, d’autant plus si la situation de chômage n’est pas voulue ou anticipée (licenciement économique, rupture conventionnelle contrainte, burn-out…). Donc au-delà du chômage en lui-même et de la recherche d’emploi, il y a aussi tout un tas de choses à gérer sur le plan personnel.
Surtout, il faut dire et rappeler que le chômage, cela peut arriver à tout le monde et ce n’est pas du tout grave. Quand on est au chômage pour la première fois après quelques années de carrière ou après 10, 15, 20 ans de carrière, on peut le vivre comme un échec, voire comme une honte. Mais ce n’est pas une fatalité, ce n’est pas une maladie. Si vous êtes au chômage et que vous touchez l’allocation, c’est que vous avez cotisé et que vous bénéficiez de vos droits, ce n’est pas une faveur. Le plus important, c’est de ne pas se rabaisser et de se recentrer, en se concentrant sur la nécessité de mettre en place des actions pour bien gérer cette période et, si possible, l’écourter au maximum.
2) Se créer une routine positive et ne pas se refermer
Quand on est au chômage, on s’expose à plusieurs risques, il y a plusieurs écueils à éviter. Par exemple, la procrastination et le fait de ne pas se mettre en action, de laisser s’installer une routine où l’on est peu actif. Et, à l’inverse, vouloir trop en faire, retrouver un job à tout prix et candidater à tout va, c’est prendre le risque de partir dans tous les sens. Il faut trouver un juste milieu, trouver son rythme. Et je conseille aussi fortement de ne pas se renfermer sur soi. Je vois beaucoup de personnes qui évitent de parler de leur chômage autant que possible, qui ne veulent pas parler de leur recherche d’emploi. Je pense que c’est une grosse erreur, il faut dépasser ce sentiment de honte. Les opportunités, on ne sait jamais d’où elles peuvent venir : plus on parle de sa recherche d’emploi autour de soi, plus on a de chances de créer du lien et peut-être d’être aidé dans sa recherche.
3) Prendre le temps pour renforcer son profil
La recherche d’emploi, c’est bien sûr souvent le plus important ou la priorité. Mais quand on est au chômage, cela peut aussi être intéressant de faire d’autres choses qui pourront aider indirectement votre recherche. Par exemple, le fait de se former, de monter en compétences : on n’est pas dans la recherche d’emploi à proprement parler, mais cela va nécessairement booster l’employabilité et la capacité à rebondir. Idem pour le fait de réseauter, de cultiver son réseau professionnel et d’aller vers les autres.
Plus généralement, je dirais qu’il faut changer son regard sur le chômage et sur la recherche d’emploi quand on est au chômage. C’est un travail à part entière et cela ne s’improvise pas, mais surtout on ne peut pas être certain de comment cela va se passer ou de quand cela va se terminer. On peut être au chômage une semaine, un mois, trois mois, un an, deux ans… Et donc le plus important, en tant que chômeur, c’est de rendre les choses les moins imprévisibles possibles en se formant, en réseautant, en menant sa recherche d’emploi avec une stratégie définie.
4) Établir des stratégies pour sa recherche d’emploi
Je recommande de mettre en place un plan. Et je dis toujours qu’il y a trois catégories de stratégies principales dans une recherche d’emploi qu’il s’agit de cumuler. D’abord, il y a les stratégies réactives, où l’on postule et l’on réagit aux opportunités qui se présentent. Ensuite, il y a les stratégies où l’on fait preuve de proactivité pour se créer des opportunités, notamment via des candidatures spontanées. Et enfin, les stratégies relationnelles où l’on mise beaucoup sur le réseau et l’entourage professionnel. Selon moi, une recherche d’emploi efficace et complète passe forcément par ces trois stratégies.
L’idéal, c’est de se faire un plan avec ça, et s’assurer que tous les jours, on met en place au moins une action pour chacune de ces stratégies. Pour les candidatures spontanées, une action peut être d’effectuer des recherches sur une entreprise qui nous intéresse. Pour la stratégie réactive, cela peut être de mettre en place des alertes sur des plateformes d’emploi et des job boards. Pour le côté relationnel, cela peut être le fait d’envoyer un message sur LinkedIn pour discuter avec une personne de notre réseau. Si on fait des petites actions comme ça tous les jours, il y aura des résultats à terme. Et il faut aussi savoir apprécier ce chemin, ne pas le voir que comme quelque chose de négatif, sinon cela devient vite morose.
5) Ne pas négliger le repos et les loisirs
Au-delà de la stratégie et de la routine de recherche, il ne faut pas négliger la nécessité de bien intégrer des temps de repos pour ne pas se fatiguer. De la même façon que quand on travaille 35 heures par semaine, on ne peut pas passer tout son temps à travailler sa recherche d’emploi. Cela peut même être contre-productif. On peut donc s’autoriser du repos, des week-ends par exemple. Et il faut un temps de loisir aussi, quand on est au chômage, la vie ne s’arrête pas.
Un dernier conseil : il faut surtout bien s’entourer. Non seulement de proches qui nous élèvent et nous encouragent. Mais aussi de personnes qui peuvent avoir un impact positif dans notre recherche, comme des coachs, des personnes qui peuvent nous conseiller, des voix fortes et des professionnels de votre secteur d’activité. Le chômage, c’est aussi une période qui peut nous renforcer psychologiquement, on n’a pas d’autre choix que d’être plus résilient, plus résistant mentalement.