« Après une formation à Sciences Po en finances et stratégie et une première expérience structurante dans le conseil stratégique, j’ai ressenti le besoin de faire le point sur mes compétences et de prendre du recul sur mes projets », témoigne d’emblée Juliette. Dans sa réflexion, la jeune femme se rend compte de son intérêt pour l’entrepreneuriat et les sujets à impact. « Mais je ne savais pas si j’avais envie de me lancer », raconte-t-elle. C’est à ce moment qu’elle se tourne vers Chance, un organisme de formation, pour réaliser un bilan de compétences.
Faire un bilan pour y voir clair
Comme elle, Marion a aussi décidé de faire le point après dix ans dans l’immobilier et une expérience compliquée en agence de publicité. « Cette expérience était formatrice, mais elle m’a fait douter de moi. J’ai demandé une rupture conventionnelle pour suivre un bilan de compétences. Ce bilan m’a rassuré sur mes compétences, je dirais même qu’il a permis de rallumer ma flamme », affirme la jeune femme qui a choisi l’organisme Même pas cap.
Même besoin pour Samba, après plus de dix ans dans un poste de responsable opérationnel, avec 150 personnes sous sa responsabilité. « Au bout de dix ans, je voyais que les perspectives d’évolution étaient limitées, je me posais des questions sur mon avenir professionnel. Comme je n’ai pas de diplôme, je souffrais aussi du syndrome de l’imposteur, c’est à ce moment que j’ai décidé de faire le point », raconte le jeune homme.
Une période d’introspection
Un choix qu’il ne regrette pas : « Les premiers mois ont été compliqués. Un bilan demande beaucoup d’investissement personnel et comme je travaillais à côté, ce n’était pas simple. Mais j’ai pris le temps d’échanger avec ma coach et de fil en aiguille, elle a perçu les difficultés que je pouvais ressentir dont ce syndrome et m’a montré tout ce que j’avais été capable de faire ».
Ce bilan lui a permis de réaliser la richesse de son parcours, de son évolution dans son entreprise. « J’ai décidé de m’investir à 100% en cherchant dans mes tripes, dans mon histoire et ma culture ce qui me plaisait vraiment. C’est comme ça que je me suis tourné vers la médiation. J’ai même pu me former pendant un an dans une école à Bordeaux », précise Samba.
Ce travail profond, Laïza l’a aussi vécu lors de son bilan de compétences. « Il faut être prêt à s’engager. Cela demande de travailler sur soi et ça vient fouiller dans son enfance, dans ses blessures. Après chaque séance j’étais vidée parce que ça bouscule. On se rend compte qu’on a fait des choix à un moment de notre vie et que, parfois, notre trajectoire n’était pas forcément voulue. »
Cette introspection nécessaire a ouvert des perspectives à Juliette. « A travers mes actions passées, les choix professionnels et personnels que j’ai pu faire, j’ai compris quels étaient mes leviers de motivation. Pendant le bilan, je pensais être peu à l’aise avec l’incertitude et le chaos que pouvaient susciter l’entrepreneuriat. J’ai dû déconstruire cette idée que j’avais de moi et j’ai réalisé que je savais m’adapter ».
Un tremplin pour se lancer dans ses projets
Résultat, après des discussions avec sa coach, la jeune femme confirme son envie de se lancer dans l’entrepreneuriat à impact. Et là tout s’enchaine. « J’ai mis six mois pour trouver un projet et un associé. C’était important de me lancer avec quelqu’un de complémentaire sur un projet qui nous intéressait tous les deux. »
Son entreprise de livraison à domicile zéro déchet est lancée fin 2021, quelques mois après le bilan de compétences. « On a d’abord fait des tests pour voir si le projet marchait, puis on a lancé deux levées de fonds, on a grandi jusqu’à atteindre les 70 salariés. C’est devenu une très grande entreprise et nous avons décidé de la revendre à un acteur plus gros qui faisait la même chose que nous à l’échelle nationale. »
Retrouver un emploi qui a du sens
Pour Laïza, le bilan de compétences lui a confirmé qu’elle avait sa place dans les ressources humaines. « J’avais travaillé pendant 17 ans dans les ressources humaines où j’ai évolué d’assistante RH à senior HRBP (Human resources business partner). Après cette expérience formatrice, j’ai vécu une longue période de chômage qui m’a fait perdre confiance en mes capacités et dans ce que je voulais faire ».
Quand Laïza a clarifié son besoin de retrouver un emploi stable, dans un environnement dynamique comme la tech, tout s’est débloqué pour elle. « C’est exactement l’emploi que j’ai trouvé, je travaille aujourd’hui comme responsable RH et business partner chez Orange business ! »
Marion a vécu la même expérience « d’alignement des planètes » : « Lorsqu’on a balayé tout ce que j’avais fait pendant dix ans, il en est ressorti que le métier de chargée de relation me conviendrait. A la fin de mon bilan, j’ai été prise comme chargée de relation étudiants dans une école d’ingénieurs en CDD. J’ai ensuite été recrutée en CDI dans un organisme de formation immobilière. Et ce métier réunit tout ce que j’aime, l’aspect commercial, le relationnel, l’accompagnement dans des projets de vie. »
Après son bilan de compétences, Samba, de son côté, est resté encore deux années dans son entreprise où il a mis ses compétences de médiateur au service de son équipe. Aujourd’hui en transition, il réfléchit à trouver un emploi dans un milieu plus proche de la médiation, comme conseiller RH. Une chose est sûre pour lui, « le bilan de compétences me sert tous les jours, il reste une base qui consolide tout mes acquis. Il m’aide à avoir confiance en moi ».