Reconversion

« La question de la reconversion surgit souvent après des accidents de vie »

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Après un burn-out ou un licenciement, nombreux sont ceux qui choisissent de changer de voie. Pour Marina Bourgeois, cofondatrice du cabinet Oser rêver sa carrière, ce désir de reconversion professionnelle invite à repenser la place du travail dans sa vie pour un meilleur équilibre.

Votre cabinet Oser rêver sa carrière accompagne notamment des personnes en reconversion et des personnes qui, après un burn-out, souhaitent rebondir. Selon vous, existe-t-il des moments clés où la question de la reconversion professionnelle se pose ?

Marina Bourgeois : La question de la reconversion surgit souvent après des accidents de vie, généralement après un burn-out, une maladie longue, un harcèlement ou un licenciement quand il a été subi. Ces crises de vie – qui peuvent être des crises identitaires et existentielles – incitent les personnes à réfléchir et dans ce contexte, le changement de projet professionnel peut être un vecteur pour changer de vie.

Quelles sont les priorités pour soutenir les personnes qui ont vécu un burn-out ?

Avant tout, il est essentiel de procéder à une rééducation du rapport au travail pour permettre à la personne de penser « projet de vie » plutôt que de se centrer uniquement sur son projet professionnel. J’invite aussi les personnes que j’accompagne à mener une réflexion sur la place qu’elles ont envie de donner au travail et savoir comment leur projet professionnel peut s’insérer dans leur projet de vie pour tendre vers un équilibre plus sain et éviter de retomber dans des mécanismes délétères.

On prépare aussi la personne à la reprise du travail, à mettre en place des limites et des garde-fous. La personne doit se questionner sur ses critères non négociables, ce sur quoi elle ne se compromettra plus. Le tout pour être prête mentalement à changer de paradigme et à remettre le travail à sa juste place dans sa vie.

Que ce soit après un burn-out ou non, comment accompagnez-vous les personnes qui souhaitent se reconvertir ?  

Il existe plusieurs accompagnements possibles, comme le bilan de compétences, le bilan de compétences spécial burnout, le coaching ou encore l’outplacement. L’objectif, c’est d’avoir une vision globale. En général, le point de départ, c’est le flou artistique. La personne sait qu’elle a envie de changer mais sans savoir où aller. Dans cette première étape, elle va réaliser un travail introspectif. Ensuite, nous allons réfléchir à l’émergence de pistes de projets et les confronter à la réalité pour s’assurer de la viabilité du projet. Puis enfin, il y a le passage à l’action.

Grâce à cet accompagnement complet, les personnes vont trouver une voie ou, parfois, plusieurs voies, qui soient enthousiasmantes, qui raniment la flamme, mais en même temps qui soient absolument viables et cohérentes avec leurs contraintes familiales, organisationnelles, éventuellement médicales, patrimoniales, matrimoniales, etc.

 Y a-t-il des personnes qui, après une volonté de reconversion, décident de revenir en arrière ?

Il y a beaucoup de personnes qui vont entamer un coaching, un bilan ou un outplacement en étant persuadées qu’elles vont changer de voie. Mais certaines vont se rendre compte qu’une légère bifurcation – comme une mobilité ou un poste remodelé – serait tout aussi avantageuse. Certaines personnes vont aussi s’apercevoir que finalement leur job leur convient, mais qu’elles ne cultivent pas d’autres activités en dehors du travail. Au début d’un accompagnement, on est toujours dans l’inconnu, et il y a différents scénarios possibles qui ne mènent pas toujours à une reconversion radicale.

Quel serait le principal conseil que vous donneriez à celles et ceux qui souhaitent entamer une reconversion professionnelle ?

Le plus important, c’est de s’inspirer, parce que vouloir changer consiste à affronter l’inconnu et cela fait toujours peur. Lire ou écouter des témoignages de personnes qui ont sauté le pas permet d’accélérer son propre cheminement. Cela permet aussi de voir que ce chemin n’est pas toujours un long fleuve tranquille, qu’il existe des écueils à éviter, que tous les parcours sont différents mais qu’on peut y arriver.

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