Marché de l'emploi courbe

Assurance chômage : vers une dette de l’Unédic deux fois plus importante que prévu

, par Fabien Soyez

Alors qu’il y a moins d’un an, elle s’apprêtait à résorber sa dette, l’Assurance chômage se prépare désormais à un déficit “historique”. La dette de l’Unédic pourrait atteindre 65,2 milliards d’euros en 2022.

En novembre 2019, l’Unédic prévoyait d’arriver à l’équilibre financier en 2021, après avoir résorbé sa dette. Mais le Covid-19 a joué les trouble-fête et l’Assurance chômage se prépare désormais à replonger dans le rouge, avec un déficit historique.

Dans ses dernières prévisions financières, publiées le 21 octobre 2020, l’Unédic indique que depuis 9 mois, “le solde de l’Assurance chômage s’est très fortement dégradé”, de plus de 16 milliards d’euros. Selon l’organisme, cette dégradation de la situation financière du régime d’assurance chômage “devrait se poursuivre en fin d’année et en 2021, bien qu’à un rythme moins soutenu”.

Après une baisse “historique” de 10 % des recettes de l’Unédic en 2020, le déficit annuel devrait s’élever à 18,7 milliards d’euros fin 2020, et à 9,7 milliards d’euros fin 2021.

En 2022, la dette de l’Assurance chômage fin 2021 atteindrait alors près de 65,2 milliards d’euros. Soit près de deux fois plus que ce que prévoyait l’Unédic avant la crise du coronavirus.

 

L’effet Covid-19

L’Unédic explique cet accroissement de la dette par le financement du dispositif de l’activité partielle (à hauteur de 10,2 milliards d’euros), ainsi que par “l’augmentation des dépenses d’allocations chômage” versées aux demandeurs d’emploi, et par les reports de cotisations.

 

3,1 millions de demandeurs d’emploi indemnisés fin 2020

Dans ses projections, l’Unédic prévoit aussi la suppression de 670 000 emplois salariés, à fin 2020. En effet, si “la situation de l’emploi s’est améliorée” durant l’été 2020 suite au déconfinement, “au 4ème trimestre, il est probable que les entreprises n’auront plus la capacité de retenir des emplois, du fait de la conjoncture qui devrait continuer de peser sur leur trésorerie”, écrit l’organisme. Et de préciser que c’est “la raison pour laquelle nous faisons l’hypothèse que l’emploi non couvert par l’activité partielle sera progressivement détruit.”

Sur les 670 000 emplois salariés détruits en 2020, l’Unédic estime que 420 000 devraient être indemnisés par l’Assurance chômage. Fin 2020, le nombre de demandeurs d’emploi indemnisés devrait être de 3,1 millions. En 2021, il devrait baisser de 270 000 “grâce aux nouvelles créations d’emploi, ce qui devrait porter leur nombre à 2,9 millions de personnes fin 2021”.

 

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Fabien Soyez

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