Se constituer un réseau quand on est introverti au travail.
Emploi

Introverti au travail : 5 étapes pour développer son réseau professionnel

Le réseautage ne se résume pas aux afterworks ni à une présence permanente sur LinkedIn. Les personnes introverties peuvent, elles aussi, développer un réseau professionnel solide, à condition de trouver une manière de réseauter qui leur corresponde.

Développer son réseau est devenu un véritable enjeu de carrière. Selon une étude LinkedIn réalisée en 2022, 81 % des jeunes actifs estiment qu’il favorise leur évolution professionnelle. La plateforme comptait, début 2025, plus de 33 millions de membres en France, un chiffre en hausse de 20 % en deux ans, avec entre 13,5 et 16 millions d’utilisateurs actifs chaque mois, d’après le portail France Num.

Pour autant, se constituer un réseau ne consiste pas à collectionner les contacts. Pour les personnes introverties, la qualité des échanges peut même faire la différence. Julien Prest, coach professionnel pour les personnes introverties, livre cinq conseils pour se constituer un réseau solide.

1. Déconstruire les idées reçues sur le réseautage

Le premier frein à lever, selon Julien Prest, est l’idée selon laquelle les personnes introverties seraient moins aptes à développer un réseau professionnel. « Il faut déconstruire cette idée. Ce qui différencie vraiment l’introversion de l’extraversion, ce n’est pas forcément le fait d’être très à l’aise avec les autres. C’est plutôt une manière de fonctionner, une manière d’être. Les personnes introverties sont souvent un peu plus réservées, mais ça ne veut pas dire qu’elles ne prennent pas de plaisir à aller vers l’autre. »

Il reconnaît en revanche que les personnes introverties peuvent avoir davantage de difficultés à faire le premier pas. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles doivent se comporter comme des personnes extraverties. « Ce qui peut les aider, c’est de comprendre qu’il n’est pas nécessaire de parler de soi. On peut s’intéresser à l’autre en lui posant des questions et en l’écoutant. Et c’est souvent quelque chose qui convient davantage aux personnes plus prudentes dans la relation », explique-t-il.

Pas besoin non plus d’aller parler à des inconnus. Les premiers contacts se trouvent souvent parmi les personnes que l’on connaît déjà : « Si j’étais une personne sans emploi introvertie, je ferais le point sur toutes les personnes que je connais : mes amis, ma famille, mes anciens collègues… Puis je reprendrais contact avec certaines d’entre elles. »

2. Clarifier ses objectifs avant de réseauter

Pour Julien Prest, le réseautage est souvent « idéalisé » car il est supposé « apporter des opportunités ». « Dans notre société occidentale, capitaliste, c’est très important d’avoir un réseau et d’entretenir ses relations avec tout le monde parce que c’est important pour sa survie, pour sa réussite », analyse-t-il.

Mais avant de songer à élargir son réseau, le coach conseille de se poser la question : « Pourquoi je veux un réseau ? ». Il poursuit : « Ça devient plus facile d’élargir son réseau lorsqu’on sait pourquoi on le fait. On peut alors choisir les relations que l’on souhaite privilégier pour allier plaisir et utilité. »

3. Miser sur des relations de qualité

Développer ses contacts passe aussi par des relations individuelles.  « On ne pense pas non plus à décrocher son téléphone, à appeler ou à envoyer un texto à un ancien collègue avec qui on a un peu perdu le contact mais qu’on aimait bien. Souvent, ça fait très plaisir », indique le spécialiste. Selon lui, cette façon de faire correspond davantage aux personnes introverties, plus à l’aise avec des relations de qualité qu’avec la publication de posts sur LinkedIn. Il ajoute que « l’un n’empêche pas l’autre ».

Concrètement, le coach conseille d’adopter une stratégie simple : « Se faire une liste de personnes avec lesquelles ça vaut le coup de reprendre contact. Ça peut être des anciens collègues, mais si on est déjà dans une entreprise, ça peut aussi être des collègues actuels. On peut identifier une personne qu’on apprécie beaucoup et se dire : « Je vais faire l’effort, une fois par mois, de lui proposer d’aller boire un café tous les deux. » »

Selon lui, cette démarche permet d’être « un peu plus ciblé, un peu plus dans la qualité. Et pas seulement à la recherche d’une stratégie, mais aussi à la recherche du plaisir… »

4. Faire le premier pas sans jouer un rôle

Pour Julien Prest, le plus difficile est souvent de faire le premier pas : « Il y a souvent une sorte de confort à rester un peu dans son petit monde, dans sa bulle, où on se sent très bien. Dans ses réflexions, dans son travail, dans sa famille. Aller voir des personnes qu’on ne connaît pas forcément très bien, c’est une sortie de zone de confort. » Une fois cette étape franchie, il n’est pas nécessaire de se comporter comme quelqu’un d’autre.

Selon lui, il n’est pas nécessaire de chercher à tout prix à prendre la parole lorsqu’on est en présence d’un groupe de personnes : « Lorsqu’on ne se sent pas à l’aise, le réflexe peut être de se dire : « Il faut que je m’impose, il faut absolument que je dise quelque chose. » Alors on passe toute la soirée à chercher quoi dire », prévient-il.

Au contraire, « on peut être juste là, écouter, participer par sa présence sans dire énormément de choses. Ça suffit largement. Parce que si on est plus détendu et plus serein, ça se voit. » Dans la même logique, le coach déconseille de faire des efforts pour entretenir une relation « dans laquelle on ne se sent pas très bien ».

5. Trouver sa propre façon de faire

Les événements professionnels peuvent être utiles, mais ils ne sont pas la seule manière de développer son réseau, estime Julien Prest. « Si on n’y va jamais, on s’exclut un peu parce que les autres vivent quelque chose qu’on ne vit pas. Mais on peut développer son réseau autrement », rassure-t-il.

Pour autant, il conseille d’y passer une tête, dans la mesure de ce qui est supportable pour une personne introvertie : « C’est déjà très bien si on vient au dîner, qu’on réussit à être présent, à échanger avec quelques personnes, à prendre du plaisir, à rester un peu. On n’est pas obligé de faire partie de tout. » L’important, selon lui, est surtout de participer à son rythme et de se fixer un objectif réaliste plutôt que de chercher à adopter tous les codes.

Ce raisonnement vaut aussi pour LinkedIn. « Faire des posts peut être une stratégie, mais je ne suis pas sûr que ce soit la seule, ni même la meilleure. Passer par des gens qu’on connaît déjà un peu, ça peut être un avantage. On en revient à cette idée de relation individuelle et au fait d’oser faire ce premier pas. »

Pour Julien Prest, publier sur le réseau professionnel n’a d’intérêt que lorsque cela répond à un objectif précis ou à une étape importante de son parcours.

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