Marché de l'emploi Handicap

Emploi : le handicap, un bon levier pour trouver un emploi ?

, par Nicolas Monier

La mention du handicap sur un CV n’est pas gravée dans le marbre. Pour chaque entreprise ou en fonction de son ressenti, les choses peuvent évoluer. Un équilibre au cas par cas.

 
C’est une question un peu délicate. Doit-on mentionner son handicap sur son CV ? Entre les institutionnels et les différents responsables des ressources humaines d’entreprises, la réponse ne semble pas tranchée. “Dans le cas d’un employeur handi-engagé, il ne faut pas hésiter à le mentionner sur son CV. Indiquer à l’entreprise s’il y a des aménagements de poste à prévoir. Après, cela reste un choix personnel. Le salarié en situation de handicap peut très bien ne pas le mentionner et attendre l’entretien de recrutement, en fonction de son ressenti”, expliquent Marc le Blanc, directeur des ressources humaines et Laurence Bianco, chargée de mission diversité au sein du groupe immobilier Icade.

Même constat pour Sébastien Carlier, directeur QHSE (qualité, hygiène, sécurité, environnement) chez Gefco, société de logistique industrielle : “Il est important pour nous, que le postulant l’indique sur son CV, non pas tant pour les processus de pré-sélection, mais pour que nos managers définissent en amont les modes d’accompagnement spécifique pour accueillir le candidat au mieux de ses intérêts pour l’entretien et réfléchir aux potentielles adaptations si le candidat est retenu.”

 

Une mention qui peut faciliter l’embauche

On l’aura compris, dans le cas d’une entreprise, menant une politique “handi-accueillante”, la mention du handicap sur le CV s’impose clairement. Ensuite tout dépend de la taille des entreprises. Dominique Le Douce, directeur des actions associatives de Ladapt (l’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) recommande, lui aussi, au candidat de mentionner son handicap. “Les grandes entreprises ont généralement installé des missions à même de faire le lien entre les demandeurs d’emploi en situation de handicap et les recruteurs. Ensuite, les petites et moyennes entreprises sont nettement mieux sensibilisées qu’on le croit à l’obligation d’emploi.”

D’autres acteurs institutionnels ont une vision plus militante de la chose. Hugues Defoy de l’Agefip, dont la mission première est l’insertion professionnelle et le maintien dans l’emploi des personnes handicapées, est plus catégorique. Ce dernier rappelle en effet que le handicap est la première cause de discrimination selon le Défenseur des droits. “Ce sont d’abord les compétences qui comptent. S’il s’agit d’un recrutement non fléché ‘personne handicapée’, il n’est pas nécessaire d’indiquer son handicap.” Pratico-pratiques, certaines directions des ressources humaines se veulent surtout pragmatiques.

 

Le handicap ne doit pas éclipser les compétences

Pour l’enseigne de magasins But, la réponse semble arrêtée. “Lorsqu’un candidat mentionne son handicap sur son CV, nous allons lui porter une attention particulière. Cela est d’autant plus vrai si vous adressez votre candidature directement à la mission handicap ou bien si vous répondez à une annonce diffusée sur un site spécialisé dans l’emploi des personnes handicapées Nous recevons beaucoup de candidatures. Le fait de mentionner un handicap nous permet d’adapter notre étude du CV, en cas de périodes non travaillées par exemple”, explique Sandrine Lenoble, responsable mission handicap chez But.

D’autres acteurs voient dans la mention du handicap sur le CV une opportunité à saisir. “Ce peut être un bon levier pour trouver un emploi car il y a de nombreux employeurs privés ou publics qui cherchent à recruter des personnes en situation de handicap dans le cadre de leur engagement sur le handicap au travail”, note Redwane Bennani. Et le directeur associé chez Talents Handicap, un forum en ligne pour l’emploi de candidats en situation de handicap, de néanmoins contraster son propos : “Cependant, la personne ne sera jamais recrutée pour son handicap, mais pour ses compétences et sa personnalité”. C’est donc au demandeur d’emploi que revient le dernier mot !

 
 

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Nicolas Monier


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