Reconversion & Formation Christina Seiller s'est formée pour se reconvertir au métier de frigoriste-technicienne en climatisation

Christina Seiller s'est formée pour se reconvertir au métier de frigoriste-technicienne en climatisation

Elle se reconvertit dans la climatisation grâce à la formation pro

, par Stéphanie Condis

Après une formation technique, Christina Seiller commence sa nouvelle carrière de frigoriste-technicienne en climatisation près de Nantes. Une réorientation réussie dans un métier souvent considéré comme masculin. Cette reconvertie défend la féminisation des recrutements dans le secteur du bâtiment.

Passée par la filière sport-études, cette ancienne cycliste de haut niveau a le goût du challenge. Et sait combien il est difficile de s’imposer en tant que femme dans un contexte compétitif où la féminisation progresse lentement. C’est pourquoi faire bifurquer sa carrière est un défi qui la dynamise.

Après un BTS Négociation Relation Client et une licence en développement commercial, Christina Seiller débute en vente et conseil dans un magasin d’articles pour la course à pied. A la naissance de sa fille en 2016, les horaires s’avèrent trop contraignants : jusqu’à 20h et le samedi… Elle s’inscrit donc dans une agence d’intérim et effectue plusieurs missions administratives chez A.E.S. Environnement, spécialiste du chauffage et de la climatisation, près de Nantes.

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Au bout d’un an, elle est embauchée en CDI comme standardiste dans cette entreprise de 80 salariés. En 2020, la jeune femme est affectée au service après-vente et commence à se familiariser avec la dimension technique du secteur : « C’est ma responsable, passionnée par son métier, qui m’a formée pour réaliser le pré-diagnostic en cas d’appel de clients en panne ou afin d’établir des devis, notamment pour l’entretien de leurs installations. »

Elle se plaît dans l’entreprise où elle connaît tout le monde. Elle y apprécie l’entraide et la dimension humaine. Cependant, elle aspire à sortir du bureau. Elle opte donc pour un parcours de sept mois proposé par l’agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), en vue de devenir monteuse-dépanneuse frigoriste : « J’ai d’abord fait remarquer à l’organisme que l’intitulé était au masculin sur le site Internet ! Il s’agit d’un métier porteur car nous manquons de personnes qualifiées en la matière. J’ai choisi de passer par ce cursus pour progresser et évoluer plus vite ensuite. »

Se former pour se reconvertir

En juillet dernier, elle commence cette formation dont le coût est couvert par les aides financières, notamment celles de la région Pays de la Loire. « Sur une promotion de dix personnes, j’étais la seule femme. Je savais à peine tenir un tournevis en arrivant ! A raison de 35 heures par semaine avec deux stages de quinze jours, j’ai beaucoup appris et, maintenant, je sais, par exemple, monter un tableau électrique pour une chambre froide. »

Son premier stage s’est déroulé dans une société spécialisée dans les vitrines réfrigérées pour les pâtisseries des boulangeries : « On ne se rend pas compte mais il y a du froid partout autour de soi ! Je suis souvent intervenue en urgence et j’ai trouvé gratifiant de permettre à quelqu’un d’autre de continuer à faire son travail en réparant une panne. »

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Pour le second stage, elle est retournée chez A.E.S. Environnement, qui l’a réintégrée dans ses effectifs une fois la formation terminée. Mais cette fois au sein des équipes de terrain, du département climatisation : « Ce secteur me faisait de l’œil ! En effet, j’aime travailler chez les particuliers, je me sens proche d’eux. Et quand on est en contact direct avec eux, le savoir-être est très important. Grâce à mon passage au SAV, j’ai l’avantage de maîtriser la relation client : je peux apporter de la psychologie, de l’empathie et de la finesse sur le chantier. En plus de ma nouvelle expertise. Sans cette formation technique, on ne m’aurait pas confié les mêmes missions et les opportunités d’évolution auraient été moins rapides. » Elle reconnaît qu’il n’est pas facile de retourner, à l’âge adulte, « sur les bancs de l’école » pour se reconvertir : « Cela peut paraître angoissant d’autant que ce n’est pas simple de tout recommencer d’un point de vue professionnel, de débuter à nouveau dans un métier comme si j’avais 18 ans ! Mais, en réalité, la pratique et la théorie étant imbriquées, cela ne m’a pas posé problème. »

Féminiser le secteur du bâtiment

Il n’est pas non plus évident de s’orienter vers un métier souvent considéré comme masculin… « Je ne suis pas un déménageur breton, je fais 55 kg mais je peux exercer ce métier sans problème. J’installe des climatisations dans les habitations, je les entretiens et je les répare. J’interviens en binôme avec un collègue. Le fait d’être une femme sur le terrain génère de la bienveillance et non de la méfiance. Je ne rencontre aucun désavantage, si ce n’est qu’il faudrait féminiser les chantiers ! Je pense que les entreprises du bâtiment ayant beaucoup de mal à recruter doivent élargir le vivier à la moitié de la population française. C’est dommage de s’en priver ! Se tourner vers les femmes, c’est se donner 50% de chances en plus de trouver des candidats. »

Christina Seiller voudrait intégrer une association pour aider à la féminisation des métiers du bâtiment et combattre les clichés, comme elle a pu en voir en compétition sportive. « Il n’y a que des avantages à avoir des équipes mixtes ! » Pour elle, tous les métiers peuvent être adaptés, ce n’est qu’une question d’organisation, d’imagination et d’ouverture d’esprit.

 

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Stéphanie Condis
Journaliste


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