Myriam Bouchouit, fondatrice de MZ Pâtisserie et Prix « Artisanat » Créatrices d’Avenir 2025
« Après un master en politique sociale et sociologie, j’ai travaillé dans le secteur en occupant plusieurs postes à responsabilités. J’ai été cheffe de service et cheffe de projet dans des grandes mairies, mais je ne me reconnaissais pas dans ce travail et je ne retrouvais pas ce qu’on est censé prôner dans un service public. J’ai fait le bilan pendant la période Covid et j’ai compris que je n’étais pas heureuse. Ce qui me plaisait, c’était de faire de la pâtisserie fine. J’ai donc tout claqué à 33 ans et j’ai lâché une situation confortable pour passer mon CAP pâtisserie au CFA de Versailles. Après le diplôme, j’ai intégré plusieurs grandes maisons successivement (Pierre Hermé, Philippe Conticini, Cédric Grolet). Ce qui m’a manqué dans ces expériences, ce sont les aspects service client, circuits courts et transmission auprès des jeunes. J’ai donc lancé ma structure MZ pâtisserie en mars 2024. J’ai commencé par un compte Instagram, pour partager une approche fondée sur la transmission, l’amour du produit et les circuits courts. De fil en aiguille, j’ai aussi commencé à encadrer des jeunes en réinsertion. C’est aussi ce qui m’a démarqué d’autres pâtisseries.
J’ai commencé par du click and collect et de la commande pour des événements et des entreprises, puis j’ai pris un local pour passer un cap. Et la boutique ouvrira bientôt. Je fais aussi de la formation et des masterclass pour transmettre les gestes et le métiers. L’artisanat n’est rien sans transmission. Le fait de recevoir le prix artisanat du concours Créatrices d’avenir va me permettre de bénéficier d’une formation sur les réseaux sociaux qui me sera très utile pour développer mon activité. Et la dotation financière va aussi beaucoup m’aider, je suis en pleins travaux et j’ai investi seule. Cela va me permettre de payer l’enseigne de ma boutique, c’est un nouveau pas symbolique fort ! »
Karine Jean-Jacques, fondatrice de KA.JI.JI, grand prix Créatrices d’Avenir 2025 & prix « Pépite des quartiers »
« Je vis à Plaisir dans les Yvelines et j’y ai créé l’entreprise KJJ, dans un quartier prioritaire de la ville. Nous répondons à une problématique importante dans ce genre de quartier : l’emploi. L’entreprise est un atelier de confection textile et une entreprise d’insertion conventionnée, qui accompagne des personnes éloignées de l’emploi comme des bénéficiaires du RSA. Nous les aidons sur les freins qui limitent leur retour à l’emploi et nous les faisons travailler dans l’atelier. J’ai commencé à entreprendre en 2015 sous la forme d’une autoentreprise, et c’est devenu une société en 2023. Au départ, je confectionnais des produits écoresponsables pour l’hygiène des femmes et des bébés, ainsi que des serviettes hygiéniques lavables. Comme j’avais du mal à tout produire seule, j’ai fait appel à un ESAT. C’est là que j’ai pris conscience de l’importance du social et de l’insertion dans mon projet. Cela me donnait du sens de faire travailler des personnes éloignées de l’emploi ou en situation de handicap, pour me concentrer sur la partie commercialisation. J’ai toujours recherché du sens dans tout ce que je fais.
J’ai commencé à entreprendre à 25 ans. Avant cela, après un bac littéraire, je n’avais pas vraiment d’objectif professionnel précis, mais je ne savais pas quoi faire. J’ai fait une formation de merchandising puis j’ai fait des stages en magasins de prêt-à-porter où j’ai travaillé sur la partie marketing. Ensuite, j’ai géré un magasin de tissu et de mercerie et c’est après cette expérience que j’ai créé mon autoentreprise pour me lancer à mon compte. J’ai gagné le prix pépite des quartiers de Créatrices d’avenir après avoir candidaté au concours une deuxième fois. Cela me conforte dans l’idée que mon projet a du sens et comme je suis seule à tout gérer, l’accompagnement et le coaching dont je vais bénéficier sur le développement commercial vont m’aider à passer un cap. À ce jour, j’ai quatre salariées. Cela me tient à cœur de recruter plus, et de continuer à montrer qu’il y a de belles choses dans les quartiers et qu’une femme issue d’un quartier et de la diversité peut faire des choses qui ont du sens. »