Pour tout senior, la question de la deuxième partie de carrière se pose en des termes plus pressants que les actifs plus jeunes et moins avancés dans leur parcours. Pour sonder les velléités des seniors, une étude menée par l’organisme Flashs pour L’Expert-comptable.com a interrogé des salariés entre 45 et 64 ans. À la question sur leur souhait pour leur suite de carrière, 68 % déclarent poursuivre dans leur activité actuelle, dans un désir de stabilité. Si seuls 3 % sont actuellement en pleine reconversion professionnelle, ils sont également 12 % à envisager un virage professionnel, tandis que 6 % sont déjà tournés vers leur retraite et 11 % restent indécis. Une indécision qui, comme d’autres variables de complications de carrière, se conjugue plus au féminin (15 %) qu’au masculin (8 %).
Les regrets des seniors
Autre grande réflexion qui peut intervenir chez les seniors, et influencer leur décision d’orientation pour leur fin de carrière : regrettent-ils leur parcours professionnel jusqu’ici ? En la matière, les réponses sont partagées : 37 % disent ne pas avoir de regrets particuliers, pendant que 34 % auraient aimé suivre un parcours différent ou explorer un autre domaine. 15 % assurent même qu’ils auraient souhaité prendre plus de risques dans leur parcours, et 14 % accorder plus de temps à leur vie personnelle et familiale. De quoi nourrir les volontés et les trajectoires de reconversion et de réinvention professionnelle des seniors. Là encore, les femmes semblent subir plus de sentiments négatifs : 31 % se disent satisfaites et 22 % fières de leur carrière, contre 38 % et 30 % des hommes. De la même façon, elles sont 22 % à exprimer spontanément du regret lorsqu’elle retrace leur parcours, contre 15 % chez les hommes.
L’option de l’entrepreneuriat
Parmi les différents leviers de reconversion envisageables pour sa deuxième partie de carrière, l’entrepreneuriat au sens large séduit une part des seniors. Si la grande majorité des répondants (62 %) déclarent ne pas s’y intéresser, 38 % l’envisagent et 19 % le considèrent comme une option sérieuse. De nouveau, les femmes (14 %), l’affirment moins que les hommes (24 %). À noter que sur ces 38 % de seniors envisageant l’entrepreneuriat, 19% estiment que des freins les empêchent de passer le pas (incertitude des revenus et des charges, manque de fonds, contraintes de santé ou rythme de travail, manque de compétences, manque d’accompagnement, peur de l’isolement professionnel).
Dans le détail, c’est l’entrepreneuriat individuel (autoentrepreneur, commerce de proximité, activité artisanale…) qui est le plus envisagé (54 %), devant la reprise d’une entreprise existante (17 %) et l’investissement dans une société ou une start-up (14 %). Face à ce défi de l’entrepreneuriat, 43 % des seniors considèrent leur âge plutôt comme un handicap, et 30 % plutôt comme un atout. En outre, l’indépendance et la liberté de décision apparaissent comme les principales motivations (39 %), devant la volonté de faire d’une passion un métier (28 %), l’amélioration de la situation financière (16 %) et la volonté d’impact positif (11 %). Dernier témoin de la course après le temps perdu ressenti par certains seniors : 38 % auraient opté pour l’entrepreneuriat en début de carrière s’ils avaient la possibilité de revenir en arrière.