Maeva Fraslin : un rêve de toujours
« Ouvrir une chambre d’hôtes, c’est un rêve que j’avais depuis mes 16 ans ! À l’époque, je n’étais pas bien dans ma peau. Un jour, mes parents m’ont proposé de passer le week-end en chambres d’hôtes. Ça a été une révélation. J’ai été accueillie par une femme charmante, qui a pris soin de moi. Je me suis sentie comme dans un cocon et me suis dit que cette sensation, j’aimerais la procurer plus tard à d’autres. Je suis toujours en contact avec elle, on est devenues amies, elle est venue à l’ouverture de Parenthèse, il y a un an. Dès mes 18 ans, je regardais des maisons, mais j’étais trop jeune, alors j’ai commencé à travailler dans le tourisme. À partir de 2019, j’ai enchaîné les formations, il fallait que ça avance !
Puis, on a cherché une maison en Bretagne avec mon mari. On a mis presque trois ans à la trouver. Ce n’est pas la maison de mes rêves, mais il a fallu faire des compromis. C’est une très bonne maison pour un premier projet, je m’y sens très bien, tout comme nos hôtes et ça, c’est important. Je m’étais beaucoup documentée, je connaissais les côtés plus négatifs du métier. Mais je n’avais pas anticipé à quel point, physiquement, cela allait être dur, avec tout le ménage. Je m’occupe seule de cinq chambres, je fais tout de A à Z, avec quelques petits coups de main ponctuels de mon mari. Je manque de temps pour moi et pour mes enfants : nous devons encore trouver un meilleur équilibre. Ce qui m’a beaucoup aidée, c’est de discuter avec des collègues : l’expérience des autres est précieuse. »
Manuel Lhoir : une envie de vivre au vert
« Après 15 années passées à Paris, on a décidé de tout lâcher pour une vie au vert, plus proche de la nature. Lionel était gérant de deux restaurants de cuisine franco-japonaise, je travaillais dans le marketing. On avait envie de travailler ensemble. On avait déjà une expérience de l’accueil et du service : c’est comme cela qu’est né Slow Toki, en 2019, notre maison d’hôtes située au Pays basque. J’ai continué mon activité deux ans en télétravail le temps de monter le projet. On rêvait de contacts humains riches – cela s’est concrétisé – et d’une vie plus slow. Sur ce point, on ne se rendait pas compte de la charge de travail. Il faut être prêt à se retrousser les manches et à bosser ! On gère tous les deux, seuls, l’entretien de la maison, les lessives, le ménage, le jardinage…
Beaucoup fantasment la vie de gérant de maison d’hôtes : avant de vous lancer, rencontrez des gens qui le font pour réaliser ce que c’est au quotidien et être sûr que cela vous correspond. Arriver à vivre exclusivement de cette activité, surtout à deux, n’est pas facile. Lorsqu’on n’est pas situés dans une zone ultra touristique comme c’est notre cas, il est important de chercher à se diversifier pour compléter les périodes plus creuses. Dès le départ, on ne voulait pas uniquement accueillir des vacanciers, mais aussi des stages, des formations, des retraites bien-être et de yoga. Bonne surprise, cette dimension s’est développée plus vite que prévu, et nous permet de vivre tous les deux de notre activité. »
Françoise Meisch : un équilibre retrouvé
« Lorsqu’avec mon mari, on s’est retrouvés en conflit avec notre ancien patron, on a décidé de changer de vie. En trois mois, on a vendu nos biens au Luxembourg, où nous habitions, acheté un vieux mas en Provence, puis fait six mois de travaux. Patrick, architecte, coordonnait le chantier sur place, avant d’accueillir nos premiers clients. On y est restés six saisons. Ce n’est pas si facile de travailler avec son conjoint, il a fallu que chacun trouve ses marques pour que cela fonctionne bien. Il y avait aussi la fatigue : on était debout tous les jours à 6 h, couchés à minuit, sans jour off pendant des mois. C’était vraiment dur. À partir de la 3e saison, on a donné des formations à des porteurs de projet : on leur expliquait la réalité du métier.
Beaucoup s’imaginent qu’avoir une maison d’hôtes, c’est comme recevoir des amis ou que vous allez boire le rosé le soir avec les clients à la piscine. Sauf que, eux, sont en vacances, vous, non. On revenait sur les erreurs qu’on avait commises, par exemple ne pas avoir de partie vraiment privée. Ou se trouver à 20 minutes des restaurants : les gens voulaient manger ici chaque soir, c’était un boulot de dingue. On a vendu le mas et racheté un terrain à Grignan. Mon mari a dessiné les plans du Pavillon M, notre nouvelle maison d’hôtes. On a tout optimisé, on ne fait plus la table d’hôtes car on est à deux minutes du centre, on a un meilleur équilibre aujourd’hui. Beaucoup ne s’imaginent pas à quel point il faut avoir les reins solides financièrement. »
Valérie Paul-Labaum, Une affaire de passions
« Le jour où mon mari a eu une opportunité professionnelle à Tours, cela a été pour moi le moyen de faire aboutir le projet de maison d’hôtes dont je rêvais depuis longtemps. À l’époque, j’étais négociatrice immobilière. On a vécu cinq mois en gîte avant de trouver une maison avec 250m² de grange à rénover, à 15 minutes du château d’Amboise. Mais les travaux ont tourné à la catastrophe : tout s’est arrêté au bout de quatre mois, on a entamé une procédure judiciaire, le chantier a été bloqué huit ans. Pendant ce temps, j’ai fait un CAP cuisine et travaillé dans plusieurs restaurants gastronomiques de la région. Je suis devenue populaire sur le groupe de cuisine « Dis maman, c’est quoi le dîner ? », qui regroupe aujourd’hui 62 000 membres.
Nous avons ouvert La Pomélie en 2018. Les deux premières années, notre clientèle venait quasiment exclusivement de ce groupe. Pour nous différencier, je voulais une maison d’hôtes tournée vers la cuisine, avec table d’hôtes et ateliers. Après le confinement, on servait le repas tous les jours, il a fallu prendre la décision de lever le pied. Mon mari, à la retraite aujourd’hui, me seconde et j’ai aussi une aide-ménagère quelques heures par semaine. On essaye de fermer une semaine par mois, c’est une liberté importante pour continuer à travailler avec plaisir. Pour tenir une maison d’hôtes, il faut vraiment le faire avec cœur et aimer les gens. Il faut aussi être très prudent sur le plan financier. »
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