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La filière ovine en quête de jeunes bergers

, par Camille Boulate

Face au manque d’engouement de la jeune génération pour les métiers agricoles et notamment ceux de bergers, la filière ovine entend susciter des vocations. Ainsi, lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 26 mars, le secrétaire général de la Fédération nationale ovine, Patrick Soury, a détaillé les atouts du secteur. Explications.

 

Il y a des opportunités à saisir. Voilà ce que souhaitait démontrer la Fédération nationale ovine en organisant, ce mardi 26 mars, une conférence de presse concernant le métier de berger et plus particulièrement sur les jeunes éleveurs qui se sont lancés. Car la filière ovine fait aujourd’hui face à plusieurs grandes problématiques selon Patrick Soury, secrétaire général de la fédération. “D’abord, nous avons des difficultés pour attirer les nouvelles générations. Ensuite, il y a un vrai manque de reconnaissance par rapport à ces métiers. Nous devons donc nous adapter et innover. C’est pour cela que nous avons lancé le programme de redynamisation Inn’Ovin, destiné à informer et à mettre en avant les métiers de la filière”, insiste le secrétaire général.

 

Trouver la relève

Car les enjeux sont importants. Aujourd’hui, si un éleveur de brebis sur 4 a moins de 40 ans, au cours des prochaines décennies, c’est près de la moitié des éleveurs qui partiront à la retraite. “Au total, cela représente 10 000 emplois dans les 15 prochaines années. Il y a donc un réel potentiel de développement”, insiste Patrick Soury. Pour convaincre la jeune génération de se lancer dans le métier de berger, la Fédération nationale ovine multiplie les interventions auprès des lycéens en formation agricole. “Désormais, nous arrivons aussi à intervenir auprès des collégiens de 3e. Il faut arriver à susciter des vocations”, affirme Patrick Soury. Pour la filière, l’objectif est de démontrer que le métier d’éleveur est aussi endossé par la jeune génération. À l’instar de Marion Chomel, bergère âgée de 27 ans et installée au Pays Basque ou bien de Damien Fraysse, qui a repris la ferme familiale située dans le Lot alors qu’il avait à peine 30 ans. “Je suis un peu comme Obélix, je suis tombé dans la marmite quand j’étais petit”, ironise-t-il. Le jeune homme l’assure : il anticipe déjà le départ à la retraite de son père, prévue pour 2023. “Je ne veux pas être seul. Ce que j’aimerais, c’est pouvoir accueillir quelqu’un, un apprenti par exemple, et l’aider à reprendre une exploitation, car ce n’est pas ce qu’il manque dans notre région.”

 

Métier passion et projet de vie

Et si pour Damien Fraysse le métier de berger s’est imposé naturellement, comme pour la majorité des éleveurs, ils sont toutefois 35 % à ne pas être issus du monde agricole. C’est le cas de Marion Chomel. Rien ne prédestinait cette jeune femme à devenir bergère. “Ni mes parents ni mes grands-parents étaient agriculteurs. J’ai découvert le métier grâce à de la famille éloignée qui avait leur exploitation”, raconte-t-elle. Elle y passe plusieurs étés et se découvre une passion pour le métier. “J’ai adoré travailler en extérieur et le contact avec les animaux”, insiste-t-elle. Des atouts qui ne sont pas les seuls à être cités par les deux jeunes éleveurs. “C’est un métier où tout se réinvente tout le temps. Rien ne se ressemble et nous, jeunes générations, pouvons l’inscrire dans la modernité”, avance Damien Fraysse. Pour autant, les contraintes sont elles aussi pointées du doigt. “C’est un métier avec des contraintes, c’est indéniable. Il y a deux traites par jour, il faut sortir et entrer les brebis etc. Mais le fait d’être associée permet d’alléger tout cela”, précise Marion Chomel. Pour Patrick Soury, la passion reste le moteur des bergers qui se lancent. “C’est avant tout un projet de vie. C’est aussi un métier très technique qui nécessite une vraie transmission de savoir-faire. On ne s’improvise pas berger !”, insiste le secrétaire national.

Camille Boulate


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