Reconversion

Reconversion : les trois piliers pour changer de vie sans se tromper

cover

Ce contenu n’est pas visible à cause du paramétrage de vos cookies.

Paramétrer mes cookies
Se reconvertir sans tout plaquer, ni se mettre en danger : c’est possible. À rebours des récits spectaculaires, Sonia Benyahia, coach professionnelle, défend une approche structurée et réaliste pour construire un projet professionnel durable.

De plus en plus de salariés rêvent de changer de vie professionnelle. Mais entre l’envie de sens et la peur de tout perdre, la reconversion ressemble souvent à un saut dans le vide.

Pour Sonia Benyahia, coach professionnelle en reconversion après une première vie de consultante et autrice du livre « Je démissionne, bisous », il existe une autre voie : avancer pas à pas, sécuriser son parcours et déconstruire le mythe du virage radical.

Après avoir été consultante en management, vous êtes aujourd’hui coach professionnelle, notamment en reconversion. Quel est le profil des personnes que vous accompagnez ?

J’accompagne des salariés, surtout des femmes qui ont entre trente et cinquante ans. Ces personnes ont un point commun : elles ne trouvent plus de sens dans leur métier, elles s’ennuient et comptent les jours avant le week-end. Or, il est clair que si on subit sa vie cinq jours sur sept, il faut agir, et trouver sa place dans le monde professionnel et d’aimer son job pour être heureux. La plupart sentent qu’elles ne veulent pas simplement changer d’entreprise, mais que l’envie profonde est de changer de métier, sans vraiment savoir vers où aller.

Quelles sont les clés que vous donnez aux personnes que vous accompagnez en reconversion ?

Tout d’abord, je leur dis dès le début qu’une reconversion réussie, c’est une reconversion qui se fait sans insécurité financière et qu’on ne va pas regretter. C’est un processus qui va amener la personne vers un métier qui lui donne envie de se lever le matin, sans jamais être mise en péril pendant toute la phase de transition. Pour parvenir à cette reconversion réussie, il y a trois piliers à construire en amont. Idéalement, je conseille d’être accompagné par un professionnel de la reconversion.

Quels sont ces trois fondements ?

Le premier pilier, c’est de reprendre confiance en soi et en sa capacité de réussir sa transition professionnelle. Personne ne peut se lancer dans ce processus en se disant « je suis nul, je ne suis pas capable d’apprendre un nouveau métier, je vais être jugé, je vais regretter… » Il y a donc un travail de mindset profond qui doit être fait autour de la confiance.

Le deuxième pilier consiste à construire le bon projet, qui ne sera pas forcément un projet passion, mais qui sera un projet 100 % sécurisant et réaliste pour la personne. Se reconvertir, ce n’est pas forcément tout plaquer pour vivre un rêve de gosse, c’est un projet qui doit être finement construit et ficelé, et surtout qui va être au croisement de ses motivations mais aussi de ses contraintes (famille, finances, …).

Enfin, le troisième pilier, c’est d’établir une stratégie, une feuille de route pour passer du projet à la réalité, toujours sans se mettre en danger, notamment financier.

Quand ces trois socles sont réunis, il y a de fortes chances pour que la reconversion soit un succès. Avec une nuance cela dit. Parfois, malgré tous nos efforts, malgré ce plan très robuste, malgré un accompagnement, il peut arriver que le projet ne marche pas ou qu’on regrette ses choix. Ce n’est pas si grave. Si cela arrive, la personne va rebondir soit vers un autre projet de transition, soit vers un autre possible. Il faut ôter cette pression du choix parfait et de la réussite immédiate.

Vous prônez donc la reconversion en douceur. Finalement, se reconvertir n’est pas toujours une décision radicale ?

On met beaucoup en lumière les reconversions vers des jobs passion ou très radicales, comme un banquier qui devient boucher, ou une directrice communication devenue fleuriste… Ces parcours font rêver, ils sont inspirants et mettent des paillettes dans les yeux. Mais en réalité, une reconversion n’est pas forcément un virage à 180 degrés. La plupart d’entre elles se font vers des emplois qui vont certes être passionnants pour la personne, mais pas des métiers passion.

Avant de tout quitter pour vivre de sa passion, il faut s’interroger sur ses motivations, ses aspirations et ses envies profondes. Mais, les personnes doivent aussi regarder en face leurs contraintes que ce soit d’un point de vue salaire, distance, horaires, équilibre.

Finalement, le projet qui cochera toutes les cases ne sera peut-être pas le plus motivant de la liste dans l’immédiat, mais ce sera celui qui est le plus en phase avec ses besoins et ses aspirations.

Et puis, il ne faut pas oublier que la vie est longue. Même si une personne se reconvertit à 50 ans, elle peut imaginer une autre carrière après…

Vous-même, vous avez vécu une reconversion après plusieurs années en tant que consultante. Si demain on vous propose de vivre de votre passion, la comédie musicale, que diriez-vous ?

Je refuserai, parce que lorsque je voulais faire de la comédie musicale, je n’avais pas une conscience aussi fine de mes motivations profondes. J’avais aussi, comme beaucoup, fantasmé la vie d’artiste. Et aujourd’hui, je connais mes besoins en matière d’équilibre, de liberté, de flexibilité. J’aime le fait de pouvoir travailler à mon rythme et où je le souhaite.

Finalement, la comédie musicale devait rester un loisir. Pour ceux qui ont une passion, si vous savez que vous ne pourrez jamais en vivre, gardez-là comme un loisir. La vie ne se résume pas au travail !  

Ajouter un commentaire

Votre adresse IP ne sera pas collectée Vous pouvez renseigner votre prénom ou votre pseudo si vous êtes un humain. (Votre commentaire sera soumis à une modération)