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Santé des chercheurs d’emploi : “le chômage nuit à la santé”

, par Fabien Soyez

 

Dans son étude sur la santé des demandeurs d’emploi, Solidarités nouvelles face au chômage appelle à la mise en place d’un “écosystème” durable de soutien et de prise en charge de leur santé. Un « enjeu de santé publique », selon l’association.

 
En les soumettant au stress, aux troubles du sommeil et à la dépression, le chômage fragilise les individus, au point de dégrader considérablement leur santé, selon un rapport de Solidarités nouvelles face au chômage (SNC). L’association, qui explique qu’il s’agit d’une “réalité peu connue et souvent ignorée”, veut interpeller les responsables politiques et les acteurs de santé sur un “enjeu social et humain”.

 

10 000 à 14 000 décès par an imputables au chômage

“Les chercheurs d’emploi sont deux fois plus nombreux que les salariés ayant un emploi stable à estimer que leur état de santé n’est pas satisfaisant”, nous apprend l’étude de SNC. Selon Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm, 10 000 à 14 000 décès sont “imputables” chaque année au chômage.

“Cette surmortalité paraît liée à des maladies, notamment à des pathologies cardiovasculaires plus fréquentes chez les chercheurs d’emploi, aux conséquences de comportements addictifs apparus après la perte d’emploi ou à des suicides. Le chômage impacte également négativement les habitudes de vie, les addictions, les comportements à risque et l’activité physique des personnes qui le vivent, constituant autant de sur-risque pour leur santé”, écrit l’association.

Selon le rapport, “l’ensemble des recherches réalisées en psychologie indique par ailleurs que le chômage est vécu comme une épreuve qui s’accompagne de stress, d’anxiété et de déprime, mais également d’un profond sentiment de honte et de culpabilité. En cela, l’expérience du chômage constitue souvent un véritable traumatisme.”

 

Un renoncement aux soins important

En outre, l’étude indique que les personnes sans emploi ont davantage tendance à renoncer aux soins que les actifs occupés (40 % contre 24 %), notamment pour des raisons financières. “Elles bénéficient d’une moins bonne protection complémentaire que les autres populations, et les complémentaires souscrites sont moins favorables pour le remboursement des lunettes, des appareils auditifs et des prothèses dentaires”, note SNC.

Par ailleurs, “l’éloignement de l’offre de soins, l’avance des frais de santé, le manque d’information sur le remboursement, la méconnaissance des droits sociaux, voire la crainte d’être pénalisé dans sa recherche d’emploi en cas d’arrêt constituent des facteurs de renoncement supplémentaires”, ajoute l’association. Des facteurs psychologiques joueraient aussi, notamment une “moindre priorisation des problèmes de santé dans une situation sociale instable, et une négligence de l’écoute de son corps dans un contexte de restriction des besoins”.

 

Un “écosystème soutenant et durable”

Dans son rapport, SNC appelle à la mise en place d’un “écosystème soutenant et durable”, afin d’améliorer la prise en charge de la santé des personnes au chômage. L’association formule 5 propositions, ou “axes d’action” : l’organisation d’une “conférence de consensus” sur un dispositif de soutien à la santé des chercheurs d’emploi, une meilleure information sur leurs droits en matière de santé, une meilleure couverture complémentaire, un accompagnement visant à éviter leur isolement, et la prise en compte “des aspects médicaux et psychologiques du chômage dans les pratiques professionnelles et les études”.

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Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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