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Pass’sport pour l’emploi : L’insertion par la pratique sportive

, par Camille Boulate

Créée en 2017, l’association Pass’sport pour l’emploi forme aux métiers d’agent de sécurité et d’animateurs sportifs des personnes éloignées de l’emploi. Un cursus de 12 semaines qui permet de renouer avec le monde professionnel. Reportage.

 

C’est au cœur de Paris, dans le 10e arrondissement, qu’une vingtaine de personnes se retrouvent au sein d’un point d’accueil Paris Emploi. Au programme ce matin, une session de trois heures sur le conseil en image. L’objectif de l’intervenante ? Montrer quelles sont les tenues adéquates pour se rendre à un entretien et surtout celles qui sont à bannir. “C’est un module très important de la formation. Car nous revenons sur tout ce qui est savoir-être et comportements professionnels. Certains ne connaissent pas forcément ces codes et surtout leur utilité. Nous repartons de la base”, nous explique Lydia Bouchardon, directrice de l’association Pass’sport pour l’emploi.

Créée en 2017 par Thierry Marx et l’ancien judoka Benoît Campargue, cette structure propose des formations gratuites aux métiers d’agent de sécurité et d’animateur sportif. Destinés aux demandeurs d’emploi, les cursus proposés durent 12 semaines et permettent d’obtenir une Certification de qualification professionnelle (CQP). “Tous les stagiaires qui vont au bout de la formation sont sûrs d’avoir un CDI puisque nous travaillons avec une dizaine d’entreprises qui sont constamment en recherche de candidats et qui nous disent, dès le départ, quels sont les profils qui les intéressent”, détaille Lydia Bouchardon.
 

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Remise à niveau

L’association travaille également pour des entreprises qui rencontrent des problématiques précises. Comme la RATP qui a demandé à Pass’sport pour l’emploi d’ouvrir une formation préparant aux tests de GPSR, groupe de protection et de sécurité des réseaux, dont la mission est de protéger les voyageurs et le personnel dans les transports en commun parisien. “La RATP s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’échecs aux épreuves physiques mais aussi à l’entretien parce que les candidats ne maîtrisaient pas le savoir-être, la posture et n’avaient pas les connaissances nécessaires pour le métier”, insiste Lydia Bouchardon. Ainsi, l’association a sélectionné 19 personnes parmi 2 800 candidats pour suivre une remise à niveau sportive et une sensibilisation au métier pendant 10 semaines.

Ce matin-là, tous les stagiaires sont présents et attentifs aux paroles de l’intervenante conseillant quels vêtements porter le jour de l’entretien. Un débat s’instaure autour du nœud papillon. “Peut-on le porter en entretien ?”, interroge l’un des participants. “Mais non, c’est uniquement pour un mariage ou une cérémonie”, rétorque un autre. L’intervenante tranche : “dans votre cas pour devenir GPSR, non, ce n’est pas un accessoire adéquat. C’est trop décalé et cela fait, effectivement, trop habillé. En revanche, dans des secteurs créatifs, il est possible de le porter.” Il est un peu plus de midi quand la séance se termine. L’heure est venue pour les stagiaires de se rendre à la session sportive qui commence une heure plus tard, à Champigny-sur-Marne (94).
 

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Tolérance zéro

En effet, l’une des particularités des formations proposées par Pass’sport pour l’emploi, reste que les participants ne vont jamais au même endroit d’un jour à l’autre, notamment pour les cours de sport quotidiens. “Au départ, cela peut paraître contraignant, mais c’est finalement plutôt positif pour les participants, affirme David Alerte, ancien athlète de haut niveau, responsable de la formation au sein de l’association. Cela permet de casser la routine et de remotiver les troupes.” À 14 heures, quasiment tout le monde est arrivé au parc sportif. Quelques retardataires préviennent qu’ils sont en route. “Nous avons une tolérance zéro sur les retards et les absences. Bien sûr, nous sommes compréhensifs par rapport aux transports. Mais il arrive que certains soient exclus de la formation car ils ne comprennent pas l’importance d’être motivé et impliqué à 100 %”, admet Lydia Bouchardon.

Cet après-midi, David Alerte souhaite que les participants travaillent leur allure de course lors de trois sessions de 1 000 mètres. “L’une des épreuves physiques qu’ils auront à passer le jour J des tests est une course de 3 000 mètres. Nous commençons à augmenter progressivement la cadence et les distances lors des entraînements”, insiste-t-il. Après trente minutes d’échauffement, les participants, répartis en plusieurs groupes, se lancent. Avec la pluie, certains peinent à aller au bout de l’exercice. Mais à chaque fois, le coach les pousse à se surpasser. “C’est essentiel pour moi de leur transmettre les valeurs du sport comme la motivation, le fait qu’il ne faut jamais rien lâcher. Tout ça est véritablement transposable dans le monde professionnel”, conclut-il.

 
 

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Camille Boulate


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