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La réalité virtuelle pour recruter des bouchers industriels

, par Julie Falcoz

L’entreprise française Bouchers Services a développé un outil de réalité virtuelle pour faciliter la formation initiale pour ses nouveaux recrutés.

Visiter un atelier de découpage, désosser de la viande de bœuf et la parer, voilà tout ce qu’il est possible de faire avec l’outil de réalité virtuelle créé par F2o, organisme de formation filiale de Bouchers Services. L’outil comporte trois modules : la visite immersive d’un atelier, une formation théorique ludique (avec quizz et puzzles pour apprendre les noms des pièces à découper) et une formation pratique dématérialisée.

Concrètement, le nouveau boucher recruté, avec son casque sur les yeux, reproduit les gestes de découpe. “Il grave dans le marbre une gestuelle. Cela lui permet aussi de s’entraîner autant de fois qu’il le veut sans abîmer la matière première”, explique Anne-Sophie Tyli-Robin, directrice générale de Bouchers Services. Utilisée depuis plusieurs mois, cette formation virtuelle ne supprime ni l’intervention d’un formateur ni la formation pratique. Au contraire, elle vient en complément. Selon la directrice générale, les retours sont plutôt positifs mentionnant “le rendu et la qualité graphique”, parlant de “préparation à la formation pratique”. Certains ont même été rassurés de d’abord utiliser la machine avant de se rendre en atelier. Sachant qu’il faut compter en moyenne 12 à 18 mois pour être véritablement opérationnel.

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700 personnes recrutées d’ici 2020

Spécialisée dans la seconde transformation des viandes (porc, volaille et bovin), l’entreprise a pour objectif de recruter 700 nouveaux collaborateurs d’ici 2020, dont 350 aujourd’hui. 85 % concernent la production dans le bœuf et le porc et 15 % à l’encadrement. Les 1 300 bouchers industriels, anciennement appelés “tâcherons”, travaillent directement chez les clients, les abattoirs. Si les 55 sites sont répartis dans toute la France, ils se situent majoritairement dans le grand ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Normandie), dans l’Est et en Rhône-Alpes.

Pas de critère de diplômes pour postuler : “Ce qui compte, c’est la personne. On recrute plus un savoir-être basé sur nos valeurs qui sont le travail, le respect et l’honnêteté. On essaye de mesurer le potentiel de chaque candidat”, souffle la directrice générale. Et pas forcément besoin d’être costaud non plus. Certes, c’est un métier physique – “dans une usine où il fait entre 5° et 7° pour la viande, les opérateurs de transformation transpirent au bout de 20 minutes parce qu’ils s’activent” – mais la directrice générale conseille juste d’avoir une bonne hygiène de vie. Côté salaire, les postes sont rémunérés avec un salaire de base, le Smic, plus des primes : “Historiquement, les tâcherons étaient des travailleurs indépendants payés au volume de travail. Bouchers Services a souhaité garder cette philosophie de management”, ajoute Anne-Sophie Tyli-Robin.

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Julie Falcoz
Journaliste


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