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Freelancing : Créer son activité, un remède anti-crise ?

, par Mathilde Seifert

Devenir indépendant, la solution en cette période de crise ? Plus de 90 % des personnes qui travaillent en free-lance le font par choix, selon une étude réalisée par Malt. Créer sa propre activité, quel que soit le statut, relève d’une volonté affirmée et peut être synonyme d’épanouissement autant professionnel que personnel. Il ne faut toutefois pas se lancer tête baissée.

Alors que la crise sanitaire perdure, pourquoi ne pas devenir free-lance ? La liberté et le fait de choisir ses clients représente un avantage de premier plan pour de nombreux travailleurs indépendants. “On est son propre patron et donc derrière on représente sa propre équipe marketing, sa propre équipe de commerciaux etc. Quelque part se vendre représente un vrai travail tout comme se faire connaitre qui peut constituer une grosse crainte car ce n’est pas évident pour tout le monde”, explique Camille Blanc, free-lance community developper.

Si les profils de free-lance peuvent être divers et variés, une volonté les unis : être plus autonome. “Il y a tout à faire, l’activité est à modeler en fonction de ce qu’on veut faire et proposer à nos clients”, s’enthousiasme Camille Blanc.

 

“Se lancer dans quelque chose auquel on croit”

En revanche, une fois que l’on se lance, on se lance à fond. Rien ne sert de vouloir créer son activité pour n’y consacrer qu’une infime partie de votre temps. Cela ne fonctionnera pas sur le long terme. Faire preuve d’une certaine rigueur est primordiale. Personne ne sera derrière vous pour vérifier ce que vous faites mais vous avez tout de même des impératifs et des dates butoirs. Il faut donc faire attention de ne pas se laisser aller vers la procrastination.

Malgré toute la bonne volonté du monde, ce point peut sembler complexe. “M’organiser et m’astreindre à une forme de rigueur pour tenir dans la durée et m’approprier tous les sujets liés à la vie de l’entreprise comme la comptabilité, la gestion, la communication l’aspect commercial n’est pas une mince affaire”, développe Yolande Geyler, coach indépendante en évolution professionnelle. Il faut aller au-delà du cliché du free-lance en difficulté qui travaille en pyjama toute la journée. Ce n’est plus d’actualité, et ça ne l’a d’ailleurs jamais été. “L’essentiel est de réussir à se tenir à un cadre aux contours souples de respecter les deadlines dans le respect de son équilibre de vie aussi bien professionnel que familial”, soulève-t-elle.

Il faut apprendre à naviguer dans l’incertitude et faire confiance à la vie. “Dès le début, le jeu du métier d’indépendant repose sur la règle simple : si nous ne travaillons pas, nous n’avons pas de salaire assuré à la fin du mois. Cette période d’incertitude liée à la crise sanitaire ne change finalement, pour ma part, rien à tout cela”, explique Pascale Grumbach, auto-entrepreneure et VDI.

En effet, Pascale a fait le choix de l’indépendance professionnelle il y a plus de vingt ans maintenant. Quand, après son congé maternité, la question de la reprise de son ancien emploi dans une compagnie d’assurances s’est posée, elle ne se voyait pas reprendre cette activité. “À partir de là, j’ai cherché à pouvoir aménager mes journées comme je le souhaitais sans contrainte fixe et en faisant quelque chose que j’aime. C’est comme ça que je suis devenue VDI pour une marque de vêtements de vente directe. Quelques années plus tard, je me suis lancée en tant qu’auto-entrepreneur”, explique-t-elle.

 

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Un cercle riche

Être accompagné est indispensable. Cela peut être par un coach ou un mentor. “Vous pouvez également vous appuyer sur une structure comme une coopérative d’activité, une pépinière d’entreprises, une société de portage, pour vous concentrer sur l’essentiel : les produits ou services que vous proposez, votre cœur de métier, celui qui vous motive durablement”, conseille Yolande Geyler. Mais un point ne peut être négligé : “être soutenu par son entourage, aussi bien psychologiquement que financièrement. En fonction de l’activité exercée, les bénéfices ne seront peut-être pas au rendez-vous dès les premiers mois. Il est donc essentiel de pouvoir s’appuyer sur une personne extérieure ou une somme mise de côté “au cas où””, rappelle Pascale Grumbach.

En effet, le frein arrive souvent sur le plan financier, négocier un prix et surtout ne pas se sous-vendre. “Il faut aller chercher les clients, prospecter mais aussi les relancer, personne ne le fera pour vous”, insiste Camille Blanc. Chez beaucoup de free-lance, la crainte de ne pas trouver de clients est telle qu’ils vont proposer des tarifs très bas. Ce n’est pas l’objectif car ce type d’action risque plus de les dévaloriser qu’autre chose.

 

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Réseau et honnêteté

“En ce qui nous concerne chez Malt, il existe un système de provisionnement où le client peut payer en amont. On met en place des solutions pour que les clients assurent les paiements et que les free-lance soient plus rassurés pour derrière négocier et cadrer la mission”, explique Camille Blanc. Aussi, il faut savoir dire non. C’est essentiel pour la survie de votre activité mais également pour votre santé mentale et physique. Certains free-lance ont tendance à tout accepter sous prétexte qu’ils se lancent et ont besoin de matière. Ici encore, ce n’est pas un comportement à adopter. Cela ne fera que flouter vos vraies valeurs et vos ambitions à vos clients. Il s’agit de ne pas vous mettre dans une situation d’infériorité, chose qui n’est absolument pas légitime. “Je n’ai aucune formation commerciale de base mais selon moi, à partir du moment où l’on croit réellement en un produit, en ses bienfaits et son utilité, ce n’est plus de la vente pure mais simplement un partage de “bon plan” et mes clients décident, ou non, d’acheter. L’un de mes conseils est donc vraiment de se lancer dans quelque chose auquel on croit”, insiste Pascale Grumbach.

Il y a une grande part à accorder à l’aspect psychologique et au coaching. “L’entrepreneuriat s’apparente parfois à un grand 8 émotionnel. On apprend beaucoup sur soi, c’est comme un marathon aux allures de sprint qui muscle votre optimisme et votre résilience”, image Yolande Geyler. Mais l’action reste la clé du succès. Le pendant de tout cela peut être la peur de se sentir isolé, de ne pas avoir un réseau suffisamment développé. Son cercle professionnel, plus ou moins proche, n’est pas à négliger.

Entre indépendants, viendra un jour où les compétences de l’un pourront aider l’autre et inversement. “Développer et entretenir un réseau qualifié va vous permettre qu’on vous fasse confiance et qu’on vous recommande”, explique Yolande Geyler. Certains peuvent aussi être touchés par le syndrome de l’imposteur. Cette forme de doute consiste à nier la propriété de tout accomplissement personnel. En d’autres termes, vous avez l’impression de ne pas être légitime dans votre rôle d’indépendant. Cela peut paraître évident mais se dégager du temps pour continuer à se former est important. Ce n’est pas parce que vous êtes à votre compte qu’il n’y a plus matière à apprendre.

 

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Mathilde Seifert


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