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Le Havre : Port cherche manutentionnaires activement

, par Julie Falcoz

Si le port du Havre représente une part importante des emplois dans le bassin du Havre, l’industrie et les métiers de services ne sont pas en reste.

 
Le Havre, sa plage, son Volcan blanc et son architecture si particulière… La carte postale de cette ville de Normandie a été maintes fois dépeinte depuis l’année dernière car, en 2017, elle fêtait ses 500 ans. Cerise sur le gâteau ? La ville profite également d’un renouveau en matière d’emploi. “Nous constatons depuis fin 2017, début 2018, une forte progression du nombre d’offres d’emploi dans nos agences, relate Fanny Lepainturier, responsable d’équipe Entreprise de l’agence Pôle emploi Le Havre Souday. Qui se traduit dans les chiffres également avec 8 590 projets de recrutement en 2018, soit 3 500 de plus que l’année dernière.”

C’est grâce au trafic – 6 000 navires par an – du port du Havre que l’emploi repart. “Le complexe industrialo-portuaire représente 30 000 emplois directs et indirects”, signifie Élodie Prunier-Taveirne, chef du service développement des ressources humaines d’Haropa – Port du Havre. Cet établissement privé recrute environ 100 postes par an, “dont deux tiers à un niveau bac + 3 maximum”. C’est également le secteur de la logistique et du transport qui dépend des activités portuaires. 5e port européen, il a vu transiter 68,3 millions de tonnes de marchandises en 2015. Un certain nombre de conteneurs donc ! Si les postes ne manquent pas, ils ne sont pas tous pourvus. “Les métiers de ce secteur sont en tension”, confirme Fanny Lepainturier. C’est le cas des chauffeurs, avec 200 offres d’emploi depuis début 2018. “C’est un marché très fermé, avec beaucoup d’entreprises qui sollicitent des travailleurs. Par conséquent, la main d’œuvre va au mieux disant. Nous recherchons constamment de nouveaux profils”, ajoute Carole Tarapacki, DRH de l’entreprise Alt logistique basée à Brest. Chaque année, l’antenne de l’entreprise au Havre recrute une dizaine de personnes sur des postes de manutentionnaire ou cariste principalement.

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Pour travailler pour Alt, “le profil idéal a de l’expérience dans la manutention et le levage de chariot, il sait donc utiliser le Caces 4, précise la DRH. Il sait lire pour pouvoir bien déchiffrer les éléments des identifiants des conteneurs. Et surtout, il accepte les ordres, sans que ce soit négociable. Quand on met une organisation en place, on ne peut pas se permettre d’avoir des éléments qui pensent que l’organisation est à leur service.” Et la société fait tout pour choyer son personnel avec des avantages non négligeables : 13e mois, politique d’augmentation individuelle et générale, CE, Chèque Vacances, chèques cadeaux…

En tout cas, ce n’est pas un métier qui appelle la routine : “C’est très physique, avec le dépotage de conteneurs (les vider de leurs contenus, Ndlr). Et il faut aller très vite pour économiser de l’argent. Plus le conteneurs reste sur place, plus l’entreprise paye”, révèle Édouard Lefebvre, directeur de Sim au Havre. Dans cette agence d’emploi, les postes les plus recherchés en intérim sont cariste empoteur, sachant manier le Caces 5 – “il faut pouvoir mettre beaucoup de marchandises dans un conteneur pour qu’il parte plein” – avec de l’expérience. Sont également recherchés des caristes manutentionnaires, qui peuvent convenir à des postes plus juniors. Dans un autre genre, l’agent de transit achète de la place dans un conteneur et suit le trajet de la marchandise.

 

L’intérim pour tester

L’intérim présente un avantage financier non négligeable puisque sont inclus les primes de précarité et les congés payés. Certaines personnes décident d’ailleurs de ne travailler qu’à la journée et refusent des CDI. “Les bons éléments peuvent se permettre de négocier des taux horaires équivalents à des postes du tertiaire”. Surtout, l’intérim est une bonne porte d’entrée vers ce secteur en recherche constante de profils. “Alt Logistique utilise l’intérim en vue de recrutements. Si la personne convient, on cherchera toujours à la garder”, souligne Carole Tarapacki. “Quelqu’un qui pousse la porte de notre agence en se présentant correctement et en étant motivé pourra travailler pour nous 2 ou 3 jours après”, affirme Édouard Lefebvre.

Il n’y a pas que le port qui fait travailler au Havre. En l’occurrence, les métiers des services à la personne, auxiliaire de vie ou aide-ménager, ne sont pas en reste. “Il y avait 230 projets de recrutement pour l’année 2018 pour le bassin du Havre. Finalement on a dépassé ce chiffre car 250 offres ont été déposées depuis le début de l’année, clarifie Fanny Lepainturier. Et tout n’est pas pourvu.” Dans un autre genre de services, l’hôtellerie et le restauration connaissent un renouveau depuis l’anniversaire de la ville en 2015. D’autant que de plus en plus de croisiéristes s’arrêtent au Havre. Plonge, cuisine, personnel d’étages, serveurs… Tous les postes sont concernés. Enfin, les services client recherchent également des candidats, quelques centaines d’ici la fin de l’année 2018, comme des entreprises importantes localement, Ceacom, Nestor & Nelson ou Filiazur. Le point positif ? “Elles n’exigent pas des candidats expérimentés et s’engagent à faire du tutorat pour améliorer leurs compétences”. Avis aux amateurs.

 

Renault recrute

Il n’y a pas que le port qui fait travailler au Havre, l’industrie aussi. En l’occurrence, l’usine de Renault à Sandouville, qui fabrique le modèle Trafic. Si 675 personnes sont recrutées entre mi-2015 et la fin de l’année 2018, il reste encore une trentaine d’emplois à pouvoir. Une vingtaine concernent des postes d’opérateurs. “Il faut au minimum un niveau CAP, mais pas forcément en métallurgie”, indique Magali Massoules, DRH de l’usine. Pour les emplois de techniciens de maintenance (automaticien, mécanicien et électro-mécanicien), un bac + 2 ou 3 est demandé. Le processus de recrutement dure un mois et démarre avec des tests, “pour valider des connaissances générales”, suivis d’entretiens avec une personne du service RH et un opérationnel. Compte tenu de l’ambitieuse politique de recrutement du constructeur français, d’autres nombreux postes seront à pourvoir dès 2019.
 
 

Julie Falcoz
Journaliste


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