Reconversion & Formation Orpi

“L’armée et le monde civil sont deux choses bien différentes”

, par Camille Boulate

Après 17 ans passés dans l’armée, Cédric Delepouve s’est reconverti dans l’immobilier en devenant négociateur au sein du réseau Orpi. Aujourd’hui, il est à la tête de sa propre agence.

Après l’obtention de son baccalauréat G3 (spécialisé en commerce) et une année d’histoire à la faculté, Cédric Delepouve s’engage dans l’Armée, à l’école des sous-officiers, en 1991. “Mon père et mon grand-père étaient militaires, donc c’était un peu la suite logique pour moi de passer par là également”, confie-t-il. Il démarre sa carrière en tant que sous-officier administratif en unité élémentaire au 27e bataillon des chasseurs alpins à Annecy. “Je m’occupais des payes, des dossiers, des carrières. Tout ce qui était ressources humaines en somme. En parallèle, j’avais aussi la gestion du magasin du matériel que je fournissais à l’arrivée des recrues et que je contrôlais à leur départ”, détaille-t-il. C’est en 2000 qu’il est muté au premier régiment des chasseurs parachutistes de Pamiers, dans l’Ariège, où il occupera divers postes administratifs avant de rejoindre la chancellerie. “Je m’occupais de tout ce qui est discipline, notation, décoration ou encore avancement pour l’ensemble des personnes du régiment, se rappelle Cédric Delepouve. J’étais en quelque sorte un conseiller pour le chef de corps (colonel commandant le régiment).

 

Cap sur la reconversion

C’est suite à une blessure au judo endommageant sa cheville, en 2008, que Cédric Delepouve décide de quitter l’armée et de se reconvertir. “À cette époque, il y avait plein de facteurs qui ont accéléré ma décision. Ma blessure, faisant que je ne pouvais plus rien faire alors que j’étais dans un régiment d’élite, mais aussi ma vie personnelle puisque mon épouse avait des gros ennuis de santé”, détaille-t-il. Pour lancer sa reconversion professionnelle, Cédric Delepouve se tourne alors vers la cellule en place au sein de l’armée (aujourd’hui appelée Défense Mobilité). “J’ai affiné mon projet avec eux. Je voulais rester à Pamiers pour ne pas perturber le suivi médical de ma femme. Et je souhaitais un travail qui alliait terrain et administratif, comme les assurances par exemple”, indique-t-il. Alors qu’il était à la recherche d’une maison à acquérir, une gérante d’agence immobilière lui propose de la rejoindre en tant que négociateur. “Elle m’a demandé de lui amener un CV et une lettre de motivation, ce que je n’avais jamais fait de ma vie”, se souvient Cédric Delepouve. C’est finalement en mars 2008 que l’ancien militaire intègre l’agence immobilière Orpi de Pamiers. “J’ai d’abord eu 6 mois de formation, durant lesquels l’armée me payait (sans les différentes primes). Ce système permet ainsi à l’employeur de former la personne tout en gardant de la trésorerie ce qui n’est pas négligeable”, précise-t-il.

 

Devenir son propre patron

À l’issue de cette période, Cédric Delepouve rejoint définitivement l’équipe et signe un CDI. Au bout de deux ans, il s’associe à sa patronne. “Une proposition qu’elle avait faite à l’ensemble des collaborateurs. Je lui ai dit que j’étais d’accord si personne d’autre ne devenait associé, précise-t-il. Mon objectif était, à l’époque, de reprendre l’agence à son départ en retraite pour devenir mon propre patron.” Il s’empare des 40 % des parts de sa patronne avant de racheter, en 2012, les 60 % restants, devenant ainsi le directeur de la structure. Fort de ce succès, il prend les rênes, il y a deux ans, d’une agence Orpi à Toulouse, située à 60 km de la première. “Mais je viens de la revendre. Les soucis de santé de ma femme ayant empiré, j’ai préféré me focaliser sur Pamiers”, indique-t-il.

 

Deux mondes différents mais complémentaires

En changeant complètement de secteur, Cédric Delepouve admet avoir dû s’adapter, notamment avec ses collègues et au droit du travail. “L’armée et le monde civil sont deux choses bien différentes, assure-t-il. Quand je suis arrivé en entreprise, tout le monde pensait que j’étais rigide et dur parce que je venais de l’armée, alors que ce n’est pas le cas.” En revanche, dans son travail quotidien, sa formation de militaire est un avantage selon Cédric Delepouve. “L’expérience humaine que l’on gagne à travers notre carrière et les différentes opérations nous sert énormément vis-à-vis des clients, assure-t-il. Cela nous permet de les cerner plus rapidement, de comprendre qui ils sont, d’anticiper les réactions et de s’adapter.” Depuis qu’il est à la tête de son agence immobilière, Cédric Delepouve donne lui aussi sa chance à d’anciens militaires en reconversion. Il est d’ailleurs l’initiateur de la convention nationale qui doit être signée d’ici à la fin de l’année entre le réseau Orpi et le pôle Défense Mobilité. “Cela fait deux ans que nous travaillons sur ce projet. Désormais, tous les membres de la coopérative Orpi pourront passer par ce programme pour embaucher de nouveaux éléments”, précise Cédric Delepouve.

gplus-profile-picture

Camille Boulate


Sur le même thème


Réagir à cet article

Un système de modération est en place sur ce site. Votre commentaire sera en ligne après vérification.


*

* Champs obligatoires