Reconversion

On a testé le métier de plombier-chauffagiste

Les tuyaux doivent être légèrement inclinés pour l'écoulement de l'eau

Dans la camionnette: tout le matériel et les outils au chantier

La brasure s'opère à l'aide d'une flamme à 300 °C

Une colle spéciale est utilisée pour les tuyaux en PVC

Il faut parfois porter des charges lourdes

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Parmi les métiers du bâtiment qui évoluent au gré de la transition énergétique et qui continuent de recruter, celui de plombier-chauffagiste rassemble compétences techniques et savoir-faire artisanaux transmis par l’apprentissage. Pour découvrir la profession, nous avons suivi sur un chantier Lamjed Dhuib, artisan indépendant de 39 ans, et Sammy Semmar, apprenti plombier de 25 ans en pleine formation.

Nous rejoignons nos plombiers-chauffagistes professionnels au sein du chantier de construction d’une maison résidentielle, à Nanteuil-lès-Meaux (77). Sur les lieux, et déjà au travail, le jeune apprenti et son formateur nous accueillent. Avec sa société LD Eaux et du haut de ses 17 ans de carrière, le plombier-chauffagiste alterne entre chantiers neufs – comme celui-ci – et interventions auprès de particuliers ou dans des bâtiments publics. De l’installation d’un réseau de tuyauterie complet au remplacement d’un radiateur ou d’un conduit d’aération, en passant par une simple recherche de fuite ou de petites prestations de rénovation, un plombier-chauffagiste peut intervenir à tous les stades de vie d’un bâtiment pour ses arrivées d’eau et de chauffage. Véritable ouvrier qualifié du bâtiment, il possède des compétences qui comptent parmi les plus recherchées dans le secteur, qu’il s’agisse de construction, de réparation ou d’entretien.

Sur le chantier que nous découvrons, les deux professionnels sont chargés d’installer l’ensemble des circuits d’eau et de ventilation, les arrivées, sorties et évacuations d’eau et la distribution de celles-ci. Lamjed et son apprenti ont ainsi, à eux seuls, construit toutes les bases de la plomberie : des conduits d’aération et de VMC au réseau de tuyauterie en PVC qui court dans toute la bâtisse. En attendant le passage des artisans plaquistes et la pose des cloisons, le travail des plombiers est visible : en observant, on comprend la complexité de ce genre d’installation et le travail nécessaire pour installer toute la tuyauterie d’une maison moderne. Tout est relié grâce à des raccordements en PER (polyéthylène réticulé), et rattaché à la « nourrice » au sous-sol, de laquelle partent les tuyaux qui alimentent le reste de bâtiment.

Un métier technique

En travaillant sur ce chantier dans le cadre de son alternance et de sa formation accélérée à l’École Gustave, Sammy découvre le b.a.-ba de son futur métier. « Ce que j’apprécie sur les chantiers en neuf, c’est que je touche à tout. Et, de manière générale, ce métier me plaît parce que je travaille de mes mains et que je suis responsabilisé », commente-t-il. Parmi les techniques acquises et travaillées auprès de son formateur : des compétences techniques comme la mesure, le collage sur PVC, l’application d’enduits, le cintrage, le traçage, la lecture de plans, la soudure et la brasure… Mais aussi la connaissance des matériaux utilisés pour les réseaux de plomberie et de ventilation (PVC, cuivre, zinc, inox…). Autant de savoir-faire indispensables. « Pour boucher une fuite ou intervenir sur de la tuyauterie en cuivre, on peut faire de la brasure : on utilise un métal d’apport que l’on fait fondre pour relier deux pièces de métal », explique le jeune homme. Après l’explication, la démonstration : Sammy règle la pression de ses deux bouteilles de gaz et s’empare d’un segment de tuyau en cuivre et d’un manchon, qu’il va lier en quelques secondes, en faisant fondre une baguette de cuivre. Une technique très fréquemment employée qui demande d’agir avec précision et en sécurité.

Selon l’artisan expérimenté : « Sur un chantier comme celui-ci, on se base avec précision sur les plans. Tout est prévu et mesuré : nous devons installer les arrivées d’eau et la plomberie au cm près. » Rien n’est laissé au hasard. « Il faut prévoir une légère inclinaison pour les tuyaux d’évacuation et d’arrivée d’eau, pour que l’eau s’écoule mieux », ajoute Sammy. Une erreur ou un décalage malencontreux et c’est l’ensemble du travail de plomberie qui peut être impacté. Le travail du plombier est un de ceux que l’on voit peu en surface, mais qui constitue l’une des bases du BTP.

Un métier exigeant

Parmi les réalités incontournables du métier : le plombier-chauffagiste est en activité quasi permanente, debout ou courbé et accroupi. Et l’aspect physique de la profession ne doit pas être occulté. « Certaines tâches peuvent être pénibles, mais cela fait partie du métier, concède Sammy. Il faut le dire, le quotidien peut être usant et fatigant. On est souvent courbés, sur les genoux, on peut porter des charges et devoir répéter les efforts. Il faut apprendre à se ménager physiquement », concède Sammy. Sur ce chantier, le plombier-chauffagiste et son apprenti portent des chaussures de sécurité, un épais pantalon de travail renforcé au niveau des genoux, ainsi que, si la tâche l’exige, des gants et lunettes de protection. Après 17 ans de métier, le corps de Lamjed Dhuib est marqué : « J’ai eu des ennuis aux genoux et des douleurs qui m’ont mené à une opération. On appelle ça la maladie du plombier ! »

Le quotidien du plombier-chauffagiste est également chargé. « Les horaires ne sont pas toujours fixes. Je commence tous les matins à 8 h 30, mais, ensuite, cela va aussi dépendre des chantiers du jour », explique l’apprenti. L’artisan indépendant, lui, continue souvent plus tard sur les chantiers et enchaîne ensuite avec ses tâches de gestion et ses commandes aux fournisseurs. « C’est un métier qui n’est pas facile à apprendre et à apprivoiser, il faut s’accrocher, affirme le patron. J’ai mis 5-6 ans avant d’être vraiment à l’aise tous les jours. C’est pour cela qu’en tant qu’apprenti, il faut vraiment aimer ce que l’on fait et avoir envie d’apprendre. »

Perspectives de carrière

Dans le bâtiment, le métier de plombier-chauffagiste est un de ceux qui ne connaît pas de creux. Et la trajectoire professionnelle de Lamjed Dhuib, qui a fait le choix de l’indépendance et de l’entrepreneuriat après 10 ans de carrière et des passages dans de grosses entreprises du BTP, n’est pas rare dans la profession. « Je gagne mieux ma vie et j’organise mes journées, mais c’est aussi plus de travail et de responsabilités », rapporte l’intéressé. Au cours de sa carrière, il a aussi vu évoluer le métier : « Aujourd’hui, il existe des machines qui peuvent faire de la soudure à notre place par exemple, mais je continue de travailler à l’ancienne », explique-t-il, attaché à l’artisanat du métier.

Autre dynamique à l’œuvre dans le secteur : l’instauration de critères environnementaux et énergétiques plus exigeants. Un virage que l’artisan ne manque pas, lui qui s’apprête à obtenir le label RGE, qui reconnaît les artisans garants de l’environnement. Sammy, lui, finira son alternance d’un an en juin prochain. Pour la suite, il s’imagine déjà, pourquoi pas, lancer son affaire comme son formateur. « Quand Sammy m’a rejoint, je lui ai dit qu’il avait choisi un des métiers les plus durs dans le bâtiment, mais aussi un de ceux qui rassemble le plus de responsabilités », conclut Lamjed Dhuib.

Photos par Quentin Donval et Virgile Lelay.

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