1° Ne pas faire de tabou
Si la santé mentale a été érigée en Grande cause nationale pour l’année 2025, après l’activité physique et sportive en 2024, parler de son burn-out reste une démarche difficile. « Il y a un paradoxe : les choses ont beaucoup évolué et on en parle plus qu’il y a dix ans, mais il y a encore une forme d’omerta sur le sujet, affirme Marie-Eve Cassal, experte en transitions professionnelles post burn-out. Il y a souvent de la peur d’afficher de la faiblesse, de la honte, et de la culpabilité. »
Les personnes qui subissent un burn-out ont un dénominateur commun : elles sont très engagées dans leur travail et, souvent, tiennent l’intenable trop longtemps. Comme le rappelle Marie-Eve Cassal, auteure du guide « Les 7 étapes clés pour rebondir en sécurité après un burn-out » : « L’OMS définit le burn-out comme la soumission à un stress chronique en lien avec le travail. Et la Haute Autorité de santé le caractérise comme un épuisement physique, émotionnel et psychologique. Ce n’est pas une dépression, mais cela peut y conduire. Je fais souvent l’analogie avec le cancer : il y a une échelle et différents stades de gravité et c’est à prendre au sérieux. Pour évaluer votre burn-out, vous pouvez faire le test Maslach. »
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2° Prendre le temps et y aller pas à pas
Lors d’un burn-out, la reconstruction puis le retour au travail demandent du temps. « Il faut y aller pas à pas, ne pas se précipiter, même si les ‘burn-outés’ ont souvent peur de ce vide qu’est l’arrêt maladie », souligne Marie-Eve Cassal, fondatrice de Cap Satori. Selon notre spécialiste, le processus de reconstruction post burn-out s’apparente à la courbe du deuil : « Il y a toutes ces phases de choc, avec de la tristesse, de la colère… C’est une forme de crise existentielle. Après cette période difficile, il faut passer par l’acceptation. Cela veut dire changer de regard sur ce qui m’arrive : on ne peut pas changer ce qu’il s’est passé. Puis, vient la phase de compréhension : Pourquoi moi ? Quels sont les facteurs externes ? »
À chaque étape ses questionnements, qui doivent servir à avancer. Toutefois, s’il s’agit de travailler sur soi et de comprendre quels ajustements opérer sur son approche au travail. Il faut éviter la culpabilisation : « Les facteurs personnels, intrinsèques ou propres à la personnalité doivent être interrogés. Est-ce que je suis trop perfectionniste ? Est-ce que je dois m’affirmer ? Mieux gérer le stress ? Faire appel à quelqu’un pour m’aider ? L’objectif reste de mieux se protéger pour ne pas rechuter. »
3° S’interroger sur l’après
Le repos est indispensable, mais ne suffira pas pour rebondir. « C’est une erreur souvent commise, rapporte Marie-Eve Cassal. La reconstruction après un burn-out, c’est un mélange subtil entre le repos, le lâcher prise et l’action. Il ne faut pas oublier qu’on a chuté en raison du professionnel et qu’il va donc falloir régler cette partie professionnelle. » Se pose alors la question du retour au travail, et des conditions de ce retour, dans son entreprise et son métier ou ailleurs. « C’est le moment où beaucoup de personnes font des bilans de compétences. Il s’agit de se réapproprier ses compétences, de reprendre confiance et de se reconnecter à ses valeurs pour identifier comment rebondir », raconte notre spécialiste.
4° Faire du burn-out une opportunité
Est-ce que je reviens dans mon entreprise et à mon poste ? Si oui, dans quelles conditions ? Est-ce que je quitte mon entreprise ? Est-ce que je me reconvertis ? Si oui, pourquoi ? Autant de questions que toute personne en burn-out peut et doit se poser. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, et le burn-out étant le signal violent qu’un ou plusieurs éléments de sa vie professionnelle n’étaient plus tolérables. « Le burn-out, c’est une opportunité de travailler autrement. C’est un messager qui vient nous hurler que quelque chose ne va pas, précise Marie-Eve Cassal. Comprendre le message est essentiel, et pour cela se faire accompagner peut faire toute la différence. »
5° Préparer ses entretiens
Après une période de burn-out ou quelques années plus tard, lors d’un entretien ou d’une rencontre avec un employeur, la question du « trou dans le CV » ou de l’inactivité sur une période donnée peut être posée. « Cela demande un travail de préparation, ne serait-ce que pour lever le stress, conseille la spécialiste. Si vous êtes convoqué pour un entretien, c’est que votre candidature et votre profil intéressent. Évidemment, on ne parle pas du burn-out dans le CV ou dans la lettre de motivation, et on attend que le sujet soit lancé à l’oral. Pour en parler, il faut être concis, positif, montrer éventuellement ce que cela nous a appris, en restant tourné vers demain. » Surtout, il faut arriver prêt. Autrement dit, ne pas reprendre les entretiens ou se relancer trop tôt.