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Maud Ankaoua : « Si quelqu’un lit mes livres et se sent mieux, alors j’aurais réussi ma vie ! »

Ses romans, de "Kilomètre Zéro" à "Plus jamais sans moi" (Eyrolles), invitent à la quête de sens et à l’épanouissement personnel. Rencontre avec une femme inspirante qui a déjà eu plusieurs vies professionnelles et anime également le podcast "Ces questions que tout le monde se pose".

À quoi ressemblait votre vie d’avant ?

Maud Ankaoua. J’ai débuté ma carrière dans le monde de l’entreprise et de la finance, où j’ai occupé des postes de direction. J’ai créé une agence de publicité dans les années 2000, dans les nouvelles technologies. Nous avons recruté 400 personnes ! J’ai ensuite vendu cette entreprise : je gagnais beaucoup d’argent, mais je n’étais pas heureuse. Je cherchais la liberté, je me suis enfermée. Je n’arrivais pas à être dans l’instant présent, à ressentir de la joie au quotidien. Mon cerveau avait toujours dix coups d’avance.

Quel a été le déclic de votre changement de vie ?

M.A. Je suis partie en 2010 cinq semaines au Népal, après la vente de mon entreprise, pour réapprendre à vivre au présent. Ce voyage m’a appris à vivre autrement. Je me suis retrouvée du jour au lendemain dans l’Himalaya avec un sherpa. Je ne pouvais plus avoir dix coups d’avance, j’avançais un pas après l’autre. Marcher paraît simple, mais c’était compliqué pour moi qui avais l’habitude de faire plusieurs choses à la fois.

Vous étiez proche du burn-out avant de partir ?

M.A. Oui, je m’étais épuisée par passion pour mon métier. L’amplitude horaire était très grande, c’était galvanisant, mais j’étais clairement en surmenage.  Marcher m’a fait redescendre tranquillement, le guide s’est adapté à mon rythme, ce n’était pas une course. Cela m’a permis de revenir à la réalité, de renouer avec mon corps, après dix années folles. Mon attention s’est portée sur mon corps, je ne ressassais plus les mêmes pensées. Marcher est une forme de méditation, on met de la conscience dans ce que l’on vit, on est happés par les paysages, on revient à l’instant présent, sans penser à hier ou à demain. La carapace se fissure, on laisse place au silence et aux émotions.

Comment est née l’envie d’écrire ?

M.A. J’ai d’abord écrit Kilomètre zéro pour mes amis. J’ai voulu leur expliquer comment j’avais retrouvé ma joie intérieure. Je leur ai offert mon livre qui n’avait, à l’origine, pas vocation à être publié. Ils l’ont trouvé génial et ont souhaité l’offrir à leur tour à leurs proches. Ils m’ont incitée à lancer un site Internet pour le vendre : les 500 premiers exemplaires sont partis comme des petits pains. Puis, on a passé le stade des 1 000, des 5 000… Je me revois passer mes week-ends le nez dans les cartons pour les envoyer ! Des éditeurs m’ont ensuite contactée, c’est ainsi que l’aventure a démarré en 2017 en librairie.

Qu’est-ce qui a changé dans votre manière de travailler ?

M.A. Je suis toujours passionnée par ce que je fais, mais, la grande différence, c’est qu’aujourd’hui je fais les choses en conscience. J’ai une forte capacité de travail et je travaille encore beaucoup, mais je m’accorde de vraies périodes de repos, c’est devenu prioritaire. Auparavant je n’écoutais pas mon corps. Désormais, si je suis fatiguée, je me repose. J’ai appris à m’écouter. Je prends plus de temps pour moi, je me sens plus équilibrée, plus alignée.

Quel message souhaitez-vous transmettre à vos lecteurs ?

M.A. Mon message serait que quoi qu’il arrive, quoi que vous ayez vécu, par exemple un licenciement ou un deuil, vous pourrez vous servir de cette épreuve pour rebondir et vous transformer. Nous avons tous cette capacité. C’est un processus, cela prend du temps, mais, progressivement, on y arrive. C’est comme le sport, cela demande un vrai effort et c’est parfois inconfortable d’être face à soi-même. En revanche, vous verrez que cela permet aussi d’écouter ses besoins et ses envies.

Comment vivez-vous votre succès ?

M.A. Je suis contente de l’avoir vécu à 45 ans, et non à 20 ans ! J’ai eu une belle vie avant. Cependant, grâce à mes livres, j’ai découvert une autre forme de succès, avec de la reconnaissance. Je suis flattée, mais je fais aussi la part des choses. J’ai toujours les mêmes amis. Je suis surtout heureuse de me sentir utile, que mes livres puissent aider. Je n’ai d’autre ambition que de faire du bien. Le vrai luxe, c’est de pouvoir vieillir en bonne santé. J’ai frôlé la mort en ayant une attaque cardiaque et en étant opérée à cœur ouvert. Si quelqu’un lit un de mes livres et se sent mieux, j’aurais alors réussi ma vie !

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