Reconversion

Reconversion à impact: quelles sont les compétences clés pour les recruteurs?

À l’heure de la transition écologique, les opportunités de reconversion verte se multiplient. Et, de fait, les recruteurs cherchent des compétences clés pour répondre aux enjeux et défis de la RSE. Le baromètre des compétences durables d’Ecolearn fournit aux candidats un aperçu des attentes en la matière.

Pour se démarquer en tant que candidat à une offre d’emploi à un impact, l’identification des compétences durables les plus recherchées et des besoins exprimés par les entreprises est une étape clé. C’est l’un des objets du Baromètre 2025 des compétences durables, réalisé par Ecolearn, spécialiste de la formation aux enjeux du développement durable, en partenariat avec Talents for the planet, Jobs that make sens, Birdeo, entreprises pour l’environnement (epe) et AEF info, qui interrogent des dirigeants et des recruteurs sur leurs besoins et leurs priorités.

Premier enseignement de l’étude, qui confirme la tendance : les entreprises sont en mouvement, 68 % ayant structuré une démarche RSE ou l’ayant intégré dans leur cadre stratégique. Le besoin de savoir-faire est quant à lui critique : 69 % des répondants estiment ne pas disposer des compétences nécessaires pour affronter les enjeux de la durabilité. Et ces enjeux se déclinent en sujets prioritaires en matière de développement durable : engagement et bien-être des collaborateurs (64 %) ; climat (57 %) ; identifier et maîtriser les risques et opportunités en lien avec les enjeux ESG (53 %) ; obligations réglementaires (51 %) ; droits de l’Homme, inclusion et diversité (45 %) … La biodiversité n’étant citée que par 23 % des répondants.

Un besoin d’une double compétence métier / durabilité

En matière de recrutement, la double compétence métier / durabilité devient un critère clé, au même titre que les soft skills, qui s’imposent comme des leviers essentiels de la transformation. Ainsi, la vision stratégique (modèle d’entreprise durable, gouvernance élargie), les softs skills (leadership, management responsable, culture d’entreprise durable, conduite du changement…) et les savoir-faire méthodologiques et techniques (bilan carbone, analyse de cycle de vie…) se classent en tête des champs de compétences recherchés en priorité. Viennent ensuite les connaissances réglementaires et normatives (objectifs de développement durable, CSRD, enjeux ESG sectoriels…) et les connaissances théoriques et scientifiques (limites planétaires, théorie des parties prenantes…). Selon le baromètre, « On peut y voir le signe tangible d’une prise de conscience croissante : au-delà des expertises techniques, la durabilité repose tout autant sur des compétences comportementales et relationnelles. » Compte tenu de ce besoin croissant de profils polyvalents, le recrutement de professionnels avec une double compétence métier/durabilité est considéré comme absolument prioritaire par 37 % des répondants, contre 17 % pour des généralistes de la RSE (chargé de mission RSE, directeur développement durable…) et 10 % pour des spécialistes de thématiques ESG (expert climat ou biodiversité, expert diversité & inclusion…).  

Quelles filières et quels métiers ?

En matière de fonctions et de domaines les plus concernés par le besoin de développer cette double compétence, on retrouve dans l’ordre : achats et supply chain (63 %) ; marketing et communication (52 %) ; finance et comptabilité (50 %) ; RH (50 %) ; R&D, design et conception (46 %) ; et le digital et l’IT (45 %). Pour combler le manque de compétences, la formation en interne est privilégiée par 62 % des répondants, devant l’accompagnement en externe et le recrutement. En effet, 44 % des entreprises indiquent prévoir de lancer un programme de formation sur les compétences durables, dont une grande majorité dans les 18 prochains mois. Un effort de formation qui ne semble toujours pas proportionnel au besoin critique de compétences, d’autant plus que la formation des dirigeants et top managers est une priorité pour 43 % des entreprises, loin devant celle de l’ensemble des salariés (7 %) ou des experts métiers ciblés (8 %).

Si les perspectives de recrutement ne sont pas claires pour 66 % des employeurs, la proportion d’embauches prévues à moins de 6 mois connaît une hausse de +5 % par rapport à l’année précédente (21 %). Avec des besoins d’experts qui s’alignent sur les enjeux de montée en compétences. Les métiers des achats et de la supply chain sont les plus gourmands en candidats, devant ceux de la finance et de la comptabilité, de la R&D, du design et de la conception, et des RH.

Autre enseignement de l’étude, qui vaut pour les salariés en poste comme pour les candidats à la reconversion à impact : la durabilité est un domaine complexe et en constante évolution, qui implique de régulières mises à jour. 85 % des répondants expriment ainsi le besoin pour eux et leurs équipes de mettre en place un dispositif de veille sur les sujets de développement durable.

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