5 conseils pour évaluer les engagements RSE d'un employeur avant de candidater
Emploi

5 conseils pour évaluer les engagements RSE d’un employeur avant de candidater

Candidats, ne vous fiez pas uniquement à la fiche de poste pour évaluer les engagements RSE d’une entreprise ! Labels, rapports d’impact, transparence, organigramme : plusieurs indices permettent de mesurer la sincérité et la maturité de sa démarche. Philippe Vachet, directeur général de l’Agence LUCIE, livre ses conseils pour analyser une politique RSE avant de postuler – et poser les bonnes questions en entretien.

1) Ne pas se limiter à l’offre d’emploi

En tant que candidat, la première source d’information sur une entreprise, c’est souvent l’offre ou la fiche de poste. Or, si celles-ci fournissent des indications, elles ne contiennent pas les éléments clés permettant de jauger la politique RSE (responsabilité sociétale des entreprises). Il est donc important d’aller plus loin, notamment en visitant le site et les ressources à disposition sur l’entreprise. Philippe Vachet, directeur général de l’Agence LUCIE, agence de labellisation et centre de formation RSE, détaille : « La démarche et le reporting RSE d’une entreprise sont complexes et nécessitent des éléments précis. Quand on parle de RSE, on parle de 7 piliers, selon la norme ISO 26000 : environnement, droits humains, relations et conditions de travail, gouvernance de l’organisation, loyauté des pratiques, protection des consommateurs et implication dans le territoire local. Cela fait beaucoup de choses. Pour avoir une première vision des engagements, on peut visiter le site de l’entreprise, rechercher une présentation de la démarche RSE, un mot ou un engagement clair de la direction. Il faut que cela soit visible, public. Si l’on doit chercher difficilement, ce n’est pas bon signe »

2) Rechercher une démarche volontaire

Les premières explications relatives aux engagements de l’entreprise sont une chose, la portée de ces engagements en est une autre. « Il faut s’interroger sur ce qui relève de la démarche volontaire et ce qui relève de la démarche obligatoire. C’est là qu’on peut identifier ce qu’on appelle le greenwashing, qui consiste à utiliser l’argument écologique dans le cadre d’une méthode marketing pour améliorer son image de manière trompeuse, sans prouver ou sourcer ce qui est mis en avant, explique Philippe Vachet. L’entreprise met-elle seulement en avant de petites actions et des arguments marketing ou y a-t-il une vraie structure, une vraie organisation, une vraie politique RSE détaillée et concrète ? Ces engagements se reflètent-ils dans les gammes de produits, dans leur écoconception ou dans la responsabilisation de la chaîne de production ? La clé, c’est la démarche en transparence qui ne se limite pas à de la communication » Autre source précieuse : les rapports RSE et les rapports d’impact rendus publics. Si leur lecture peut être difficile et très technique, leur simple accessibilité est déjà un signe positif.

3) Identifier les signes de la transition

« Dans les cas où il s’agit d’une entreprise appartenant à un secteur que l’on n’associe pas d’entrée à la RSE et aux activités responsables, comme l’industrie ou autres, il s’agit de s’assurer qu’une démarche de transition est à l’œuvre, précise le directeur général de l’Agence LUCIE. Y a-t-il une politique de changement ? Le développement d’une activité plus propre ou plus écoresponsable ? » Surtout, une démarche et une politique RSE peuvent être légitimées et renforcées par l’évaluation indépendante d’un organisme tiers, via l’attribution d’une certification ou d’un label. « Il s’agit d’évaluer la sincérité et le concret de la démarche, via une analyse poussée du rapport RSE, un audit de terrain et des entretiens avec les salariés et les personnes qui portent cette démarche en interne. Cela peut mener à certains types de labels qui couvrent l’ensemble des critères et des thèmes de la RSE et ont des critères stricts. J’ajouterais également l’importante notion de la logique de progrès, d’évolution des engagements et de leur mesure d’impact : nos labels imposent par exemple un plan d’action », détaille le directeur général de l’Agence LUCIE, qui délivre plusieurs labels RSE. Ces labels et ces certifications seront le plus souvent mis en avant par l’entreprise. Pour en savoir plus, il est intéressant de directement visiter le site du labellisateur.

4) Ne pas idéaliser la RSE

Si la volonté d’impact peut pousser à poursuivre des valeurs d’entreprises parfaitement alignées avec les siennes, attention à ne pas attendre le match parfait et l’entreprise idéale, qui pourrait ne jamais venir. « Il ne faut pas idéaliser les choses, on ne peut pas trouver l’entreprise parfaite. Les labels et les ressources disponibles fournissent des éléments importants, mais le choix du candidat doit se faire aussi avec son ressenti, les réponses qu’il ou elle aura obtenu pendant l’entretien. En matière de RSE, certaines entreprises sont très engagées et performantes sur un ou plusieurs piliers, et encore loin du compte sur les autres. Il s’agit de réfléchir à ses priorités en termes d’engagements », corrobore Philippe Vachet.

5) Profiter de l’entretien pour poser ses questions

Autre point d’intérêt : l’organigramme de l’entreprise. Y a-t-il une ou un responsable RSE ou équivalent ? Une équipe dédiée et un service indépendant ou bien simplement un service rattaché à la communication ou aux RH ? Si ces infos sont parfois disponibles en ligne, elles peuvent aussi faire l’objet des questions directes au recruteur lors de l’entretien. Entre autres choses, comme le détaille le directeur général de l’Agence LUCIE : « Je recommande quelques pistes de questions simples : le recruteur a-t-il connaissance des enjeux et des engagements RSE de l’entreprise ? Quel est le plan d’action global et quels sont les priorités et les missions du poste auquel vous candidatez vis-à-vis de ce plan d’action ? Vos questions simples sur la transparence de ces démarches, le recruteur doit pouvoir y répondre sans sa contenter de vous renvoyer vers le site internet. Pour ces éléments comme pour le reste, il faut avoir une approche globale avant de prendre sa décision. »

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