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Quelles sont les motivations qui poussent à vouloir changer d’entreprise ?

Dans un contexte de hausse du chômage et d’un rééquilibrage entre offres et demandes sur le marché du travail, les candidats semblent se montrer plus prudents. Et plus fidèles à leur entreprise. Selon l’Enquête 2025 "Ce que veulent les candidats" de Robert Half, seuls 42 % des actifs sont en recherche active ou à l’écoute de nouvelles opportunités. Tandis que le manque de flexibilité est le critère de changement qui observe la plus grande progression.

Durant la période post-Covid, marquée par un fort rebond de l’emploi et des velléités de reconversion, les salariés ont pour beaucoup envisagé ou mené des transitions et des virages professionnels. On parlait alors de job hopping, de job sharing, de quiet quitting… « La période post-pandémique a très fortement stimulé les aspirations au changement et entériné de nouvelles habitudes de travail. Cette page de ‘grande rotation’ se tourne aujourd’hui pour se diriger vers davantage de stabilité et de réflexion, en lien avec les incertitudes économiques actuelles, et un retour de l’équilibre dans le rapport recruteur/professionnel », assure Matthieu Imbert-Bouchard, directeur général de Robert Half France. Dans son Enquête 2025 « Ce que veulent les candidats », l’enseigne de recrutement souligne que 69 % des salariés français se disent satisfaits de leur emploi actuel. « Une timidité au changement installée depuis 2023 », observe le rapport. Et pour cause, 48 % des sondés n’ont pas été sollicités au cours des trois derniers mois, et 23 % l’ont été assez rarement.

Ainsi, à la question « Prévoyez-vous de changer d’emploi dans les 6 prochains mois »¸42 % répondent oui. 32 % étant à l’écoute d’opportunités et 10 % en recherche active. Un taux qui monte à 51 % pour les 18-34 ans et qui marque une différence de 10 points entre femmes (38 %) et hommes (48 %).

Les causes du changement

Sans grande surprise, et bien que les autres indicateurs soient en hausse, c’est l’opportunité d’une augmentation de salaire (51 %) qui s’affirme comme la première raison qui pousse un salarié à changer d’entreprise. Suivent le manque de perspective d’évolution en interne et l’ennui dans le poste actuel (31 %), la fameuse quête de sens (26 %), le meilleur équilibre vie pro/vie perso (25 %) et le manque de flexibilité (23 %), qui a connu la plus importante progression (+7 points par rapport à l’an passé). Le changement de métier en tant que tel, et donc la reconversion, n’est que le 6e critère prioritaire.

Preuve que le désir de flexibilité marque les trajectoires de carrière : 24 % des salariés sondés affirment qu’ils quitteraient leur entreprise si le télétravail était supprimé. Et 34 % considèrent la flexibilité comme essentielle pour rester dans leur entreprise, bien que l’équilibre vie pro/vie perso reste le critère numéro 1 en la matière. Des priorités entendues par les entreprises : selon la dernière étude de Tellent, spécialiste des technologies RH, 85 % offres d’emploi publiées en 2024 concernaient des postes au rythme de travail hybride.  

Autre grande question : celle de la transparence salariale, que ce soit directement sur les offres d’emploi ou en interne une fois en poste. Tandis que la Directive européenne relative à la transparence salariale devra être appliquée en France dès 2026, le sujet divise. Si 36 % des répondants pensent que davantage de transparence facilitera leurs négociations en entretien d’embauche et 34 % leurs négociations salariales en entreprises, 21 % pensent que cela rendra au contraire les négociations plus difficiles et moins flexibles. Quoi qu’il en soit, la tendance à la transparence est bien engagée, et elle peut permettre de mieux se situer en tant que candidat : 48 % des actifs en recherche d’emploi refuseraient de postuler à une annonce sans indications de salaire (+7 points par rapport à 2024).

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