Comment relancer sa recherche d'emploi à la rentrée ?
Emploi

Recherche d’emploi : comment relancer ses candidatures à la rentrée ?

La rentrée marque aussi la reprise de la recherche d’emploi. Après plusieurs semaines au ralenti, c’est l’occasion de faire le point sur ses candidatures, de voir comment le marché a évolué et, si nécessaire, de revoir sa façon de chercher.

Une rentrée difficile pour les demandeurs d’emploi. Le taux de chômage a atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,2 point sur trois mois, selon les derniers chiffres de l’Insee. Il n’avait pas été aussi élevé depuis l’automne 2020. Chez les 15-24 ans, il atteint 21,6 %, soit 2,5 points de plus sur un an.

Mais comment reprendre efficacement sa recherche d’emploi après la pause estivale ? Faut-il revoir ses critères, se concentrer sur les nouvelles offres ou relancer les candidatures envoyées avant l’été ? Rebondir fait le point avec Michaël Moyal, fondateur de Moyal Careers et coach carrière.

Faire le point avant de reprendre ses candidatures

Après plusieurs semaines sans postuler, la première chose à faire est de regarder où en est le marché. Celui-ci peut avoir évolué depuis le début de la recherche. « Une recherche d’emploi à un instant T n’est pas la même trois mois plus tard, parce que ça va dépendre de l’état du marché », explique Michaël Moyal.

Il faut aussi refaire le point sur ce que l’on cherche. Le poste et le secteur visés sont les premiers éléments à regarder, mais ce ne sont pas les seuls, selon le spécialiste : « Il n’y a jamais qu’un titre de job. Et puis ça peut être variable en fonction de la ville aussi et de la rémunération. Et puis aussi si on cherche du management ou pas. Donc il y a toujours deux, trois options qu’on a en tête. »

Ce travail passe aussi par une liste des entreprises que l’on souhaite intégrer. Leur taille peut avoir son importance selon son parcours. « Si on n’a travaillé que dans des petites boîtes, c’est très compliqué d’imaginer qu’on va réussir à entrer dans un très grand groupe, parce que les recruteurs se disent :“Il aura du mal à s’adapter à une organisation comme la nôtre” », explique-t-il.

L’idée est donc de savoir plus précisément ce que l’on cherche avant de recommencer à postuler. « Ce qui est important, c’est à la fois de déterminer est-ce que c’est un secteur ou un job qu’on recherche », conseille le spécialiste.

Organiser sa recherche d’emploi

Pour Michaël Moyal, chercher un emploi demande d’abord de s’organiser : « Une recherche de travail, c’est un travail à part entière. » Le coach conseille par exemple de créer un tableau Excel pour suivre ses recherches et les entreprises qu’on vise. Il distingue ensuite deux façons de candidater : répondre aux offres disponibles en ligne ou cibler, par des candidatures spontanées, les entreprises qu’on aimerait intégrer.

« Soit il y a un besoin qui existe déjà, soit il va faire un travail un peu plus conséquent qui va être d’essayer de postuler dans une entreprise où le besoin n’existe pas mais où il faut déjà se positionner parce que, à un moment ou un autre, le besoin va exister », détaille-t-il.

Cette deuxième méthode demande davantage de recherches pour identifier les bons interlocuteurs. « Il faut faire un travail minutieux de petite fourmi, essayer de décrypter l’organisation du département dans lequel on veut travailler, de trouver sur LinkedIn, par exemple, les noms des futurs managers potentiels », conseille-t-il.

Ne pas se limiter aux offres

Si envoyer son CV en réponse à une annonce reste la méthode la plus courante, elle met aussi le candidat en concurrence avec toutes les autres personnes qui ont repéré la même offre. Pour sortir de cette logique, Michaël Moyal conseille de contacter directement les personnes qui pourraient être impliquées dans le recrutement : « Pour se démarquer, il faut prendre contact avec les managers et avec les recruteurs, donc avec les parties prenantes du process de recrutement. »

Le candidat peut identifier le recruteur, le manager qui cherche à renforcer son équipe et, lorsque cela est possible, le responsable de ce dernier. LinkedIn peut notamment servir à les trouver, puis à entrer en contact avec eux. Cette démarche peut également être utile au-delà du recrutement en cours. « Être en contact avec ces trois personnes-là est clairement quelque chose de stratégique et intelligent d’un point de vue réseau professionnel », encourage le spécialiste.

Répondre uniquement aux annonces peut finir par fonctionner, reconnaît Michaël Moyal. Mais la recherche risque de prendre davantage de temps. « 95 % des gens fonctionnent comme ça et à un moment ou à un autre, ça finit par payer. Mais on voit bien que ça se fait dans la souffrance, dans la frustration, dans un délai de temps qui est toujours bien au-delà de ce que chacun souhaite », regrette-t-il.

Regarder les offres d’emploi publiées avant l’été

À la rentrée, le réflexe est souvent de regarder les offres qui viennent d’être publiées en premier. Cela ne veut pas pour autant dire qu’il faut laisser de côté celles publiées plusieurs semaines auparavant. En effet, une annonce toujours disponible peut signifier que l’entreprise cherche encore le bon candidat. « Dans les annonces qui datent, on est face à des recruteurs et des managers qui sont en souffrance parce que le besoin n’est toujours pas pourvu, donc leur problème n’est pas résolu », selon Michaël Moyal.

Une offre ancienne peut aussi rester en ligne parce que l’entreprise recrute régulièrement le même type de profils : « Ça pourrait vouloir dire qu’ils sont en recherche constante. Parce que c’est un job clé pour l’entreprise et qu’ils savent qu’ils vont recruter plusieurs personnes avec ce type de profil pendant toute l’année. Ils ont donc une annonce en continu. »

Revoir sa méthode de recherche d’emploi

L’absence de réponses dans les premières semaines ne signifie pas forcément que la méthode est mauvaise. Pour Michaël Moyal, il faut attendre avant de tirer des conclusions sur sa recherche d’emploi. « En dessous de deux mois de recherche d’emploi, un candidat ne doit pas se remettre fondamentalement en question parce qu’il y a un process incompressible entre le moment où je termine un précédent job, où je me remets dans une dynamique et où je rentre dans un nouveau process de recrutement », indique-t-il.

Entre deux et quatre mois, les processus de recrutement en cours donnent déjà une indication. Si aucune candidature n’a débouché sur un échange avec un recruteur, il peut être utile de revoir sa façon de chercher. À l’inverse, plusieurs recrutements en cours, notamment pour des postes qui correspondent à ce que l’on cherche, montrent qu’il est encore trop tôt pour changer de méthode.

Après cinq ou six mois sans retrouver de poste, il faut regarder plus précisément où se situe le problème. « Il peut y avoir besoin d’être aidé par un coach pour comprendre la tendance du marché du travail, pourquoi je n’ai pas été contacté ou pourquoi je bloque à telle étape du process de recrutement », conseille-t-il.

La rentrée peut aussi servir à faire le point sur le poste que l’on vise et sur la suite que l’on souhaite donner à son parcours : « Une carrière, ce n’est pas juste une somme d’opportunités auxquelles on a répondu. Il faut avoir une trajectoire. Il faut avoir une vision de ce qu’on a envie de faire dans sa carrière et vers quoi on tend. »

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