Si, en France, un actif sur trois a plus de 50 ans, c’est aussi cette catégorie d’actifs qui subit le plus de difficultés pour rester en emploi, ainsi qu’une raréfaction de l’accès à la formation. En effet, l’âge reste un des premiers facteurs de discriminations à l’emploi, et le taux d’activité des seniors baisse drastiquement à mesure que la soixantaine s’approche (39 % pour les 60-64 ans, contre 51 % dans l’Union européenne). Dans ce contexte, de plus en plus de profils en fin de carrière font le choix de l’indépendance et du freelancing. L’étude « Freelances seniors : un atout stratégique pour les entreprises », réalisée par la plateforme de freelancing Malt et le collectif d’entreprises Le Club Landoy en interrogeant des DRH et plus de 800 de freelances de plus de 50 ans, met en lumière cette tendance et souligne les motivations qui en sont à l’origine.
La tech et le numérique, secteurs clés
Selon les données partagées par l’étude, plus de 43 000 des freelances inscrits sur la plateforme Malt ont plus de 50 ans. Sur les quelque 60 % basés en France, 96 % ont même déjà réalisé au moins une mission. En termes de secteurs et de catégories de métiers des freelances seniors, 33 % des professionnels au niveau européen travaillent dans le conseil et le business consulting, principalement en management et en stratégie. En France, plus d’un tiers des freelances seniors ayant réalisé au moins un projet ont un profil tech et data. La tech représente en effet 23,5 % des missions, le web et le design 15,4 %, la communication 11,2 % et la data 4,6 %. Ainsi, contrairement à l’idée reçue, les profils d’indépendants seniors s’adaptent aux avancées technologiques, et beaucoup assurent des missions à dominante technologique.
Du salariat au freelancing
Sur les plus de 800 freelances interrogés, près de la moitié sont indépendants depuis plus de 5 ans, et 28,1 % depuis plus d’une décennie. Et toutes et tous ont connu une carrière dans le salariat avant leur transition vers le travail indépendant : 80 % ont été employés pendant plus de 15 ans, et 62,4 % pendant plus de 20 ans. Surtout, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le choix du travail indépendant n’est pas une décision par défaut, faute de mieux. En effet, plus de 63 % des seniors interrogés affirment avoir choisi cette voie délibérément et stratégiquement. Tandis que seuls 21 % se sont tournés vers ce statut par nécessité, à la suite d’un licenciement ou après de longues périodes de chômage. De fait, la liberté de choisir des projets plus en accord avec leurs valeurs, la recherche d’un défi personnel et la volonté de se concentrer sur son expertise s’imposent comme les principales motivations. Des moteurs qui se traduisent par des missions très souvent à haute valeur stratégique pour les entreprises : pour 42 % des profils sondés, entre 75 % et 100 % des projets impliquent du planning stratégique, des fonctions de conseil ou des responsabilités de leadership.
S’agissant de la projection dans l’avenir, seuls 5 % des interrogés ont répondu négativement à la question « Souhaitez-vous poursuivre le freelancing lorsque vous serez à la retraite ? ». Et pour cause, plus de la moitié (51,2 %) se disent pleinement favorable à cette perspective, 36,5 % y songent et 7,2 % exercent déjà tout en étant retraités.
Miser sur son expertise et continuer de monter en compétences
Les freelances seniors et leur expérience ont une grande valeur pour les entreprises, et la formule du freelancing facilite ces collaborations. Les premiers concernés ont conscience de leurs compétences : 75 % estiment apporter leur capacité à s’intégrer rapidement dans un projet, 69,8 % leurs connaissances techniques accumulées, 62,2 % leurs compétences managériales et de leadership et 56,6 % leurs méthodes de travail. Sans oublier des compétences relationnelles et émotionnelles affinées par l’expérience.
Mais ces profils ne cessent pas d’évoluer, bien au contraire : 53 % consacrent entre 2 et 6 heures par semaine à l’apprentissage, et 17 % plus de 8 heures. La formation continue est un aspect central pour les indépendants de plus de 50 ans, notamment pour se mettre à jour des avancées technologiques et des usages des entreprises. De fait, 44 % déclarent notamment utiliser un outil d’IA au moins une fois par jour.