Emploi

Besoin de 60 000 ingénieurs par an : quelles opportunités d’emploi et de transition de carrière ?

Les métiers liés à la fonction d’ingénieur comptent parmi les plus dynamiques sur le marché du travail. Dans un contexte d’innovation technologique et de transitions écologiques et numériques, la formation et le recrutement de nouveaux ingénieurs sont des priorités. Et la féminisation de ces parcours ainsi que les opportunités de transition de carrière ouvrent les portes à une plus grande diversité de candidats.

Selon une analyse menée au 1er trimestre 2025 par Atlas, l’opérateur de compétences (Opco) des services financiers et du conseil : « La formation des ingénieurs est un enjeu majeur pour l’économie française. Il faudrait 60 000 nouveaux ingénieurs par an, contre 46 500 diplômés en 2022. » Un manque de nouveaux professionnels qualifiés qui s’accélère, à l’heure des transitions. En effet, selon France Stratégie, l’ingénierie est déjà l’un des secteurs qui fait le plus face à des difficultés de recrutement, tant sur des profils de cadres ingénieurs (bac +5) que sur des profils bac +3 (technicien de process, dessinateur en électricité…). D’ici à 2030, France Stratégie et la Dares anticipent ainsi un besoin de +30 %, en termes de recrutements, dans les domaines de la construction, et de +24 % dans les domaines industriels. Aujourd’hui, les services financiers et du conseil sont le 2e employeur, en volume d’ingénieurs, derrière l’industrie. Et même « le premier périmètre de recrutement des ingénieurs en sortie d’école et d’études, affirme Mathieu Carrier, directeur des politiques de branche de l’Opco Atlas, qui réunit 14 branches professionnelles et près de 200 000 entreprises. Avec notamment beaucoup de recrutements dans le numérique et l’ingénierie en bureau d’études. »

Diversité et féminisation

Face à l’ampleur des besoins, l’attractivité des métiers de l’ingénierie est un des premiers enjeux. En la matière, la perspective de pouvoir exercer dans différents domaines est un premier élément. « Ingénieur, ce n’est pas un métier en soi, c’est un titre, explique Mathieu Carrier. Ce qui en fait l’intérêt, c’est notamment la possibilité, pour celles et ceux ayant ce titre, de pouvoir exercer dans une grande diversité d’activités et de secteurs. Et c’est pour cela qu’on distingue les ingénieurs généralistes, qui peuvent s’adapter à beaucoup de contextes, des ingénieurs spécialisés, avec un niveau d’expertise très avancé. »

Malgré tout, ces parcours restent encore trop peu inclusifs. « Les formations d’ingénieurs sont encore considérées comme élitistes et masculines, et la réalité c’est qu’elles le sont, souligne le directeur des branches d’Atlas. On a beaucoup plus de chance de devenir ingénieur quand on est un homme et quand ses parents sont d’une classe socio-professionnelle supérieure. Pour combattre cela, il s’agit notamment de renforcer la culture scientifique dès le plus jeune âge et en déconstruisant les stéréotypes de genre. » Autre enjeu phare : la diversité et l’inclusion, qui avance notamment grâce au développement de l’alternance. « On constate que l’alternance est un vrai facteur de mixité sociale, d’accessibilité des parcours et des études grâce aux financements et à la rémunération des apprenants », confirme Mathieu Carrier.

Transition de carrière

Si les métiers de l’ingénierie recrutent activement en sortie d’école et sont toujours plus gourmands en candidats qualifiés, ils peuvent également correspondre à des transitions d’actifs en cours de carrière. « Il y a la question de la formation continue pour devenir ingénieur en cours de carrière, mais cela représente encore une part peu significative des ingénieurs qui se forment, rapporte le directeur des politiques de branche de l’Opco Atlas. En revanche, on voit de plus en plus de spécialisations, pour les ingénieurs en poste et pour des professionnels qui bifurquent en cours de carrière. L’une de nos branches, celles des bureaux d’études qui couvrent le numérique, l’ingénierie et le conseil, expérimente le dispositif du parcours de transition sectorielle. Il permet à des ingénieurs, des consultants ou des cadres de se positionner dans un secteur plus porteur. Je pense par exemple à un professionnel de l’automobile qui se repositionnerait dans le secteur du ferroviaire, où les besoins sont importants. »

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