Emploi

Reconversion, perspectives de carrière… La grande distribution est un secteur plus attractif qu’il n’y paraît

Vous cherchez un emploi ou envisagez une reconversion professionnelle ? Et si la grande distribution était la piste que vous n’aviez pas encore explorée ? Derrière des clichés tenaces, ce secteur offre des milliers d’opportunités d’embauche partout en France, y compris sans diplôme. Perspectives d’évolution rapide, reconversions facilitées, conditions de travail en pleine transformation… La grande distribution pourrait bien devenir votre meilleur tremplin vers un nouveau départ.

Selon France Travail, les métiers du commerce, de la vente et de la grande distribution comptent parmi les plus recherchés en France, avec plus de 318 000 offres d’emploi recensées, et un grand nombre de postes vacants. En effet, si la grande distribution est aujourd’hui l’un des premiers employeurs privés de France (650 000 salariés en magasin et près de 4 millions de personnes en comptant les centrales et tout l’écosystème), ses entreprises peinent à attirer suffisamment de candidats. « Toutes les grandes enseignes rencontrent des difficultés, affirme Pierre Guivarc’h, qui a créé son cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers de la grande distribution Skiill après un long parcours dans le commerce. Ces tensions concernent en premier lieu les métiers de bouche : on manque de bouchers, de boulangers, de poissonniers… Et on ne forme pas suffisamment de professionnels. »

D’autres postes clés de la grande distribution connaissent la même tension. Avec, d’une part, les métiers en magasin (hôte de caisse, conseiller de vente, manager de rayon, étalagiste, employé commercial, directeur de magasin…), et d’autre part, les métiers en entrepôt (manutentionnaire, responsable qualité…). Sans oublier les fonctions supports (marketing, communication, finance…).  

De vraies perspectives de carrière

Parmi les explications de cette panne d’attractivité, il apparaît que les candidats se détournent de ces métiers, notamment du fait des horaires décalés et des contraintes physiques. « Pourquoi ces métiers ne font-ils plus rêver ? Parce qu’il y a des amplitudes horaires qui sont très importantes, répond Pierre Guivarc’h. Et également de plus en plus de personnes qui ne veulent pas avoir affaire à ce client final qui n’est pas toujours très agréable. » C’est notamment cette réalité qui contraint les enseignes à repenser aujourd’hui leurs stratégies de recrutement et de fidélisation.

Car si ses métiers marquent aujourd’hui le pas, la grande distribution a aussi de quoi séduire, notamment vis-à-vis de la construction de carrière, comme le souligne le fondateur de Skiill : « L’un des avantages du secteur, c’est qu’il y a beaucoup d’évolutions et de perspectives de carrière au sein des enseignes. Même sans diplôme, on peut se créer une belle progression : 70 % des cadres de la grande distribution ont commencé en bas de l’échelle. Ce sont donc des métiers vecteurs d’ascension sociale, je connais plusieurs directeurs d’hypermarchés qui ont commencé stagiaires au niveau bac. » Autre élément d’attractivité : la grande distribution ouvre grand la porte aux reconversion. « Il y a de plus en plus de transitions professionnelles, on voit des personnes de 40 ou 50 ans qui passe un CV ou un brevet professionnel pour se reconvertir et les enseignes sont très ouvertes à ces profils, ajoute Pierre Guivarc’h. Et un autre avantage, c’est la perméabilité du secteur : quelqu’un qui a été chef de rayon dans un supermarché peut demain évoluer en tant que chez de secteur dans une enseigne de bricolage ou comme directeur de magasin dans une enseigne de prêt-à-porter. »

Un secteur qui évolue pour mieux attirer

Pour ne pas se limiter aux arguments historiques de la grande distribution, de plus en plus de groupes font aussi le choix de repenser leur marque employeur et leurs politiques d’avantages intéressants pour les candidats. Comme le rapporte notre spécialiste : « Certaines enseignes testent la semaine de 4 jours, à l’instar de Lidl, tandis que d’autres comme Leroy Merlin font faire les plannings directement par leurs salariés pour les responsabiliser et leur permettre de favoriser l’équilibre avec leur vie de famille. De la même façon, on voit arriver une nouvelle génération de directrices et directeurs de magasin plus jeunes, qui ont conscience qu’il faut donner du sens, reconnaître les salariés. Certains magasins installent même des salles de sieste pour pouvoir se reposer lorsque les amplitudes horaires sont longues. » C’est également dans cet élan que beaucoup de postes sont aujourd’hui proposés avec 5 jours travaillés sur 7 et deux jours de repos consécutifs, tandis que le ‘6 jours sur 7’ était très habituel dans les enseignes de l’alimentaire.

En parallèle de ces évolutions côté employeurs, les métiers de la grande distribution sont directement impactés par la transition numérique, et des professions nouvelles émergent. « On peut notamment citer les postes de e-merchandisers, comment Pierre Guivarc’h. Ils travaillent l’arborescence d’un site Internet et sont chargés de développer les ventes d’un site de e-commerce. » De fait, pour répondre aux nouvelles habitudes d’achats, toutes les grandes enseignes intensifient leur offre dématérialisée, et recrutent en conséquence (marketing, programmation, développement informatique…). Pour autant, selon le fondateur de Skiill, « le besoin de recrutement en magasin restera important et prégnant, et Internet ne dépassera pas le magasin physique. »

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