C’est une bannière que l’on voit de plus en plus sur LinkedIn ces dernières semaines : « Je m’engage pour l’emploi des 50 ans et + ». Mi-juin, la ministre du Travail et de l’Emploi Astrid Panosyan-Bouvet a lancé la nouvelle étape de la grande mobilisation nationale pour l’emploi des seniors qui vise à « changer les regarde, changer la loi et changer les pratiques » : une campagne de mobilisation sur LinkedIn. Avec pour mots d’ordre « l’entreprise est une force et l’âgisme n’a pas sa place en entreprise ». Autre symbole de cet engagement, un guide pratique à destination des entreprises a été publié avec le collectif « Les entreprises s’engagent », pour encourager les employeurs à adopter des méthodes et une politique de recrutement inclusifs.
Et pour cause, selon les données partagées ces dernières semaines par le ministère du Travail et par France Travail : 49 % des travailleurs de 40 ans et plus craignent d’être discriminés pour leur âge dans de futures recherches d’emploi et un demandeur d’emploi de 50 ans et plus a deux fois moins de chances d’être convoqué à un entretien qu’un autre. Et, si le chômage des travailleurs de plus de 55 ans est de moins de 5,5 %, Astrid Panosyan-Bouvet assure qu’il y a « une vraie surreprésentation des travailleurs expérimentés sur les chômeurs de longue durée ». La moyenne de temps d’inscription à France Travail pour les plus de 50 ans est en effet de 582 jours, contre 311 jours pour les 25-49 ans.
Boost 50+, un accompagnement pour le retour à l’emploi
Outre les campagnes de sensibilisation et de déconstruction des stéréotypes pour contrer l’âgisme en entreprise, un nouveau dispositif spécialisé et à destination des demandeurs d’emploi a été inauguré en juin : « Boost 50+ ». Grâce à cette initiative, tous les chômeurs de 50 ans et plus pourront participer dès leur inscription auprès de France Travail à 8 à 12 semaines d’ateliers pensés pour contourner les obstacles psychologiques et professionnels d’un retour à l’emploi. L’expérimentation initiale de Boost 50+ commencera à l’automne 2025, avec une mise en place dans 900 agences France Travail d’ici 2027.
Atout Senior en Auvergne-Rhône-Alpes
Après ce cap des premières semaines de chômage et ces premiers accompagnements par France Travail, peuvent se poser pour les seniors les questions de la formation et, peut-être, de la reconversion professionnelle. Pour favoriser ces trajectoires, le dispositif Atout Senior, un programme de formation intensive pour favoriser la reconversion des 50 et plus, a été expérimenté en Île-de-France depuis septembre 2024. Porté par France Travail en partenariat avec l’organisme de formation Ifocop, il propose aux seniors franciliens un parcours de 4 mois de formation théorique (autour de 22 formations métiers certifiantes ) suivis de 4 mois de mise en application et de stage en entreprise.
Après cette première expérimentation concluante, la généralisation d’Atout Senior aux autres régions a été ajoutée aux grands piliers de la mobilisation nationale pour l’emploi des seniors. Et, à l’occasion du Salon du Travail et de la Mobilité professionnelle de Lyon le 25 juin (un salon organisé par CDI Médias & Services et le magazine Rebondir), le lancement d’Atout Senior en Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) a été officialisé par Michel Swieton, directeur régional de France Travail en Aura, et Serge Boscher, directeur général de la CCI régionale. C’est en effet la Chambre de commerce et d’industrie d’Auvergne-Rhône-Alpes qui a été retenue comme organisme de formation pour porter et animer Atout Senior localement. Après la région lyonnaise, le dispositif pour la reconversion des seniors devrait être élargi aux autres régions métropolitaines d’ici à la fin d’année 2025.