Emploi

Quatre raisons de ne plus craindre l’IA pour votre carrière

Dans votre vie professionnelle, que ce soit pour monter en compétences, trouver un nouvel emploi ou consolider votre profil, les outils boostés à l’IA peuvent vous être utile. Découvrez quatre raisons pour lesquelles vous ne devez pas craindre l’IA, évoquées à l’occasion d’une table ronde du salon Générations reconversion.

1) L’IA et le numérique sont porteurs d’emplois

Si la révolution de l’intelligence artificielle générative et son impact déjà tangible sur le marché du travail et les besoins de compétences ont de quoi interpeller les candidats, il apparaît déjà que de nouvelles opportunités d’emploi font surface. Jonathan Pinet, directeur général de l’École européenne du numérique (EEDN), en donne un premier aperçu : « Nous nous sommes spécialisés dans trois domaines : les métiers du code, les métiers des réseaux et les métiers de l’IA. Le code et la programmation, ce sont des besoins omniprésents aujourd’hui et on recrute des développeurs dans tous les secteurs. Concernant les réseaux, face à l’explosion du numérique mais aussi de l’émergence de menaces de cybersécurité, on a besoin d’infrastructures réseaux solides et sécurisées. Et donc de maintenance et de support informatique réalisés par des talents qualifiés. Pour l’IA, les entreprises recrutent aussi beaucoup pour intégrer des outils d’IA à leurs applications web et à leurs logiciels internes. » Au-delà de ces trois corps de métiers, le numérique au sens large recrute massivement (près de 78 000 projets de recrutements en 2024 selon France Travail). Comme le confirme Amédie Sessi, directrice générale de Draw my futures, structure qui accompagne les reconversions dans le numérique : « On compte plus de 800 appellations dans les métiers de la tech et du digital, il y en a pour toutes les appétences. »

2) L’IA peut être synonyme de montée en compétences

Au-delà des seuls métiers du numérique et de la tech, l’influence et l’impact de l’IA sur les compétences et les métiers sont déjà considérables. « C’est important de dire que l’IA est partout, confirme Joffrey Mouton, directeur général d’Oravendis, centre de formation en ligne et en présentiel. Les comptables, les gestionnaires de paie, les professionnels des RH, les employés de bureau, tous utilisent l’IA. Nous avons donc dû l’intégrer dans nos formations, pour transmettre les nouveaux usages dans les métiers. L’IA redéfinit les besoins en compétences, il y a notamment de plus en plus de besoins de vérification et de contrôle de l’IA. » Pour les candidats et les travailleurs, l’IA est ainsi également un allié potentiel de leur évolution professionnelle tout au long de la carrière. « La capacité à bien prompter (ensemble d’instructions fournies à l’IA, ndlr) devient une compétence clé sur le marché du travail, ajoute Jonathan Pinet. Et l’IA est aussi un outil supplémentaire pour l’apprentissage, elle permet d’apprendre plus vite, d’enrichir les formations. Et cela participe à démocratiser l’accès à certains métiers, pour lesquels la barrière technique est moins haute aujourd’hui, avec par exemple l’essor du métier de développeur no code. »

3) Il est possible (et recommandé !) de se former à l’IA

S’accommoder et se former aux outils d’IA devient de fait un enjeu concurrentiel de premier plan. « Dans le numérique, se former au quotidien est indispensable. Avec la révolution de l’IA, les entreprises recherchent des profils qui peuvent apporter leurs compétences mais aussi se saisir des nouveaux outils et des usages qui apparaissent », affirme Amédie Sessi.  Selon la spécialiste, il ne faut en revanche surtout pas craindre l’IA : « C’est important que chacun d’entre nous intègre l’IA au quotidien, sans la considérer forcément comme une menace. Je dis souvent que ce n’est pas l’IA qui va nous remplacer, mais les personnes qui n’utilisent pas l’IA vont se faire remplacer par celles qui l’intègrent dans leur métier. Cela ne va pas remplacer des métiers, mais plutôt remplacer des tâches de beaucoup de métiers. » De fait, il s’agit a minima de s’intéresser à l’IA, à son impact sur son secteur, et de s’y former si possible pour cultiver son employabilité et ne pas être « largué ».

4) L’IA ne remplacera pas votre esprit critique

Pour finir de rassurer les candidats et les actifs qui craignent que l’IA ne fragilise leur carrière, les experts insistent de concert sur les limites de l’IA vis-à-vis de l’esprit critique humain. Et incitent à cultiver son esprit critique en conséquence. Pour Joffrey Mouton, « Le plus gros danger de l’IA, c’est qu’elle veut toujours vous faire plaisir. Le principe de Chat GPT, c’est d’analyser les tendances de recherche pour vous répondre, et les IA génératives sont alimentées par les questions qu’on leur pose. Par exemple, Chat GPT a tendance à un peu jaunir les images qu’il génère, à cause de la tendance des images en style du studio Ghibli d’il y a quelques mois. C’est ce qu’on appelle la consanguinité de l’IA. D’où l’importance de bien prompter et de cultiver son esprit critique, aussi pour ne pas subir la désinformation qui peut être nourrie par l’IA. »

Même son de cloche du côté d’Amédie Sessi : « L’esprit critique est une soft skill toujours primordiale. C’est notamment ce qui permet de prendre les bonnes décisions à la suite des réponses de Chat GPT. L’IA reste un outil qui doit nous permettre d’aller plus loin à partir de notre impulsion. Il faut donc cultiver sa créativité, son esprit critique. C’est comme ça qu’on pourra utiliser les outils d’IA et aller plus loin, c’est notre plus-value. »

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