Guillaume Chatriot a passé plus de quinze ans en cuisine avant de changer de métier. Comme de nombreux professionnels du secteur de la restauration, il a été confronté à un rythme intense et à des contraintes physiques qui l’ont progressivement amené à s’interroger sur son avenir.
« J’ai toujours aimé la cuisine. C’est même une passion. Travailler pour de grands restaurants traditionnels comme le Train Bleu ou le Meurice m’a beaucoup apporté, mais le rythme était trop intense. J’avais besoin de retrouver un cadre plus classique avec des horaires plus fixes et surtout d’avoir mes week-ends pour voir mes amis », raconte-t-il.
Trouver un équilibre dans la restauration collective
C’est à ce moment qu’il se tourne vers la restauration de collectivité qui lui permet de travailler de 7h30 à 15h30, cinq jours par semaine. Un rythme qui lui permet de concilier vie professionnelle et vie personnelle.
Il y reste d’ailleurs 13 ans, à grimper les échelons de commis à chef de cuisine : « J’ai travaillé dans de grands restaurants d’entreprises comme celui du campus du Crédit Agricole à Montrouge ou celui de l’Opéra Bastille où je gérais des équipes. »
Jusqu’à ce que le Covid ne vienne tout arrêter brutalement. Une pause forcée qui l’oblige à regarder la réalité en face : « Cela faisait déjà trois ans que je me posais des questions sur mon avenir professionnel et notamment sur mon envie de continuer dans la cuisine. Je commençais à avoir des problèmes chroniques au dos, je dormais moins bien à cause des responsabilités et du stress », se remémore Guillaume Chatriot.
De la cuisine à l’informatique
Il profite de cette rupture pour s’éloigner de la cuisine et commence à s’intéresser à l’informatique : « J’ai toujours été attiré par cet univers, notamment celui des jeux vidéo, mais je n’y connaissais rien. J’ai cherché des formations avant de trouver celle d’Ironhack, qui propose des formations dans la tech et s’adresse surtout à ceux qui souhaitent se reconvertir. » Cette formation de trois mois sous forme de bootcamp intensif lui permet d’apprendre les différents langages informatiques, le développement web et la création de sites Internet.
Un rythme difficile à tenir au début pour l’ancien chef : « Les trois premières semaines ont été un enfer. J’étais beaucoup plus fatigué après une journée de formation qu’après une journée en cuisine. Cela a été dur de repasser par les bancs de l’école, d’effectuer des exercices à la maison, de rester derrière un bureau à écouter les professeurs. Mais, finalement, je me suis adapté et j’ai réussi cette formation avec brio. »
Une rencontre décisive pour rebondir
Il réalise en équipe un projet qui finit dans le top 3 et lui permet de rencontrer de potentiels recruteurs – comme la Fnac Darty, Capgemini… – lors d’une journée de networking. C’est lors de cette journée qu’il découvre Fifty five, une entreprise dédiée à la data.
Un coup de cœur pour le trentenaire : « Contrairement aux autres qui étaient plutôt présentes pour vendre leur marque employeur, cette entreprise était prête à me recruter et me former à la data. A ce moment-là, j’arrivais à la fin de mes droits au chômage et j’avais besoin de trouver un emploi. Et ce que cette entreprise me proposait correspondait à ce dont j’avais besoin ».
Car Guillaume Chatriot souhaite changer de voie, mais sans saut dans le vide. Il passe le processus de recrutement avec succès et devient tracking specialist. « Je mets en place des outils pour analyser la donnée des utilisateurs de nos clients qui passent sur nos sites, précise-t-il. Ce que je fais actuellement me plaît beaucoup. J’ai repris goût le lundi matin à aller au boulot, sentiment que j’avais perdu en cuisine. »
Une nouvelle vie professionnelle dans la data
A son arrivée à Fifty five, le jeune homme a dû s’adapter à un nouvel environnement : « Je n’avais pas les codes. Lors de mes premiers jours, j’ai demandé si on avait une tenue vestimentaire spécifique, et quels étaient les horaires de travail. Par ailleurs, les débuts ont été difficiles. Je ne comprenais pas tout. Mais j’ai été formé et je travaillais beaucoup après mes journées de travail pour intégrer ce nouveau métier et y réussir. »
Pour autant, cet emploi est ‘game changer’ estime-t-il : « Aujourd’hui, je dors mieux la nuit, je ne suis plus stressé. Et en plus je gagne beaucoup mieux ma vie qu’avant ! Quand je suis arrivé, mon salaire de junior était déjà équivalent à celui que je gagnais au bout de 15 ans de cuisine, cela m’a choqué. »
Et même s’il a dû patienter quelques années avant de renouer avec le management d’équipe, Guillaume Chatriot est aujourd’hui ravi : « Depuis quelque temps, je m’occupe de mentorer les nouveaux arrivants. C’est très important pour moi d’accueillir les nouveaux, surtout quand ils viennent d’un environnement différent. Je peux mettre cette compétence de la cuisine au service de ma nouvelle entreprise et j’aimerais aller plus loin dans les années à venir. »