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Marché du travail : quand l’essor de l’IA ravive les craintes sur l’emploi

Malgré un marché de l’emploi en recul, une tendance se démarque : les offres intégrant l’intelligence artificielle progressent rapidement. Une dynamique portée par les usages, mais qui alimente aussi les inquiétudes quant à ses impacts sur le marché du travail.

Alors que le marché du travail est toujours en berne, les offres d’emploi mentionnant l’intelligence artificielle progressent, constate une étude d’Indeed Hiring Lab France, publiée le 1er avril 2026.

Une tendance qui se confirme dans le monde, y compris en France, même si le taux est le plus faible. Ainsi, alors qu’au Royaume-Uni, 7,5% des offres faisaient référence à l’IA en février 2026, ce taux n’est que de 3,4% en France.

La tech en première ligne de la révolution IA

Derrière cette tendance globale, les disparités sectorielles soulignent que l’intégration de l’IA ne touche pas toutes les professions de la même manière : « Dans le développement informatique, environ une offre sur cinq mentionne désormais l’IA (21%), contre 15,4% dans l’administration des systèmes et réseaux et 12,4 % dans la banque et la finance », analyse Indeed Hiring Lab.   

Si cette progression de la mention de l’IA est plus marquée dans les métiers de la tech (+6 à 8 points en un an), elle est aussi visible dans des fonctions transversales, comme le marketing, la gestion de projet, la création ou les ressources humaines.

« L’intelligence artificielle s’invite désormais dans les offres d’emploi des métiers dits ‘cols blancs’, qu’il s’agisse du processus de recrutement, des compétences requises ou de la description des tâches quotidiennes », précise l’étude.

L’IA gagne du terrain dans les offres d’emploi des cols blancs

Indeed Hiring Lab

La génération Z, moteur de l’usage de l’IA en entreprise ?

Or, si l’IA progresse dans les métiers de la tech, sa véritable accélération vient aussi des usages portés par une nouvelle génération de salariés. « Si les employeurs jouent un rôle décisif dans la création d’un environnement favorable à l’utilisation de l’IA, ce sont finalement les usages et les perceptions des salariés qui façonnent la vitesse et la nature de son expansion dans l’économie réelle », décrypte l’étude.

L’utilisation de l’intelligence artificielle dans les entreprises est aujourd’hui portée par les jeunes actifs, avec près de la moitié de la génération Z (54%) et un tiers des millennials (35%) qui utilisent l’IA au moins une fois par semaine, contre un quart des générations X et ‘baby-boomers’.

Par ailleurs, ces jeunes générations s’approprient les outils d’intelligence artificielle pour réaliser des activités cognitives et créatives comme la création de contenu, la gestion de projet, la formation ou l’analyse de données. A l’inverse, des générations baby-boom et X qui s’en servent en majorité pour des tâches administratives.

Derrière l’usage, la crainte du remplacement

Mais cette familiarité croissante avec les outils d’IA révèle aussi l’autre face du progrès : une crainte qui s’installe au cœur du monde du travail. « À mesure que l’IA est intégrée dans la vie professionnelle quotidienne, la frontière entre complémentarité et substitution devient floue, renforçant les craintes de remplacement », prévient Indeed Hiring Lab France.

Résultat : la Gen Z est la génération la plus inquiète – près de 40% – quant au fait que l’IA pourrait prendre un emploi ou remplacer un collègue. « Plus on utilise des outils d’IA, plus on mesure ce qu’ils peuvent accomplir, et potentiellement ce qu’ils pourraient remplacer », résume l’étude.

La génération Z est la plus inquiète face à l’IA

Indeed Workforce insights survey

Des millions d’emplois dans la ligne de mire de l’IA

Un ressenti loin d’être infondé : selon une étude de l’assureur Coface et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents, révélée par Le Monde, d’ici deux à cinq ans, près de cinq millions de salariés français seraient exposés à une menace directe liée à l’IA.

D’après l’analyse, qui porte sur plus de 900 professions, ce sont les métiers du tertiaire qui sont majoritairement touchés par cette vague technologique : « Plus d’un quart du contenu du travail pourrait être automatisable dans les familles du management et de l’administration, des métiers créatifs, du droit et de la finance, ainsi que de l’ingénierie et de l’informatique ». 

Une autre étude menée aux Etats-Unis par BCG Henderson Institute, le think tank de Boston consulting group, confirme cette tendance : un emploi sur deux aux Etats-Unis pourrait être profondément transformé d’ici trois ans et 10 à 15% des emplois pourraient disparaître dans les cinq ans.

Aussi, l’enjeu n’est plus de débattre des effets de l’IA sur le monde du travail, mais de préparer activement les transformations qu’elle entraîne.

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