Du changement pour les salariés et les médecins. Les règles applicables aux arrêts maladie seront modifiées à compter du 1ᵉʳ septembre prochain, comme l’a acté un décret publié ce 13 juin. Leur durée sera plafonnée, sauf exception en raison de l’état de santé du patient.
Des arrêts maladie plafonnés
À partir du 1ᵉʳ septembre, les médecins, chirurgiens-dentistes ou sages-femmes ne pourront plus prescrire un arrêt de travail initial de plus de 31 jours. « Les plafonds (…) sont fixés à 31 jours pour une première prescription et à 62 jours pour une prolongation », indique le texte. Ce plafonnement s’appliquera aux prescriptions établies à compter de cette date.
Dans son projet initial, le gouvernement espérait un plafonnement encore plus bas, avec 15 jours pour un premier arrêt prescrit par un médecin de ville et 30 jours par un médecin d’hôpital. Mais les députés ont voté pour une durée d’un mois dans les deux cas.
La loi prévoit des dérogations lorsque l’état de santé du patient le justifie. Dans ce cas, le professionnel de santé auteur de la prescription devra justifier sa décision sur l’avis d’arrêt de travail.
La santé mentale au cœur des arrêts maladie de longue durée
Alors que le gouvernement cible les arrêts de travail qu’il juge « abusifs », la proportion de salariés qui s’arrêtent pour dépression, burn-out et autres pathologies liées à la santé mentale a augmenté en 2025, comme l’explique l’étude annuelle de Malakoff Humanis sur l’absentéisme au travail. Les motifs psychologiques représentent 37,8% des arrêts de plus de 30 jours, contre 30,3% en 2020.
Ces pathologies touchent particulièrement les femmes, mais aussi les cadres. Longtemps considérés comme préservés, leur taux d’absentéisme a progressé de 35,2 % depuis 2019 et la durée moyenne de leurs arrêts est passée de 16,4 à 20,2 jours. Pour Éric Vaudaine, directeur général délégué de Malakoff Humanis, « l’enjeu n’est plus seulement de comprendre pourquoi les salariés s’arrêtent, il est de savoir comment bâtir les conditions de leur retour ».